Le probleme syncrétique des interpolations et des versions dans la Bible
par Jacques Halbronn
Nous trouvons dans la Bible plusieurs versions parallèles qui ressortent notamment de la confrontation entre les deux « Testaments ».
I Le cas de Seth
Dans l’Evangile selon Luc, la généalogie de Joseph remonte à Seth, fils d’Adam. Or, la naissance de Seth n’est signalée qu’au chapitre V de la Genése, à la suite des chapitres concernant la naissance de Cain Et d’Abe de l’union d’Adam et d’Eve. Mais la naissance de Seth ne semble rien devoir à une femme. On est dans la situation inverse de ces naissances dont le père est inconnu, comme dans le cas de Marie. Seth serait en quelque sorte né du seul Adam, « à sa ressemblance » tout comme Adam était à la ressemblance de Dieu. On est là dans un processus androgynal.
Cela nous conduit à penser que l’épisode du Jardin d’Eden aura été interpolé et d’ailleurs les Evangiles ne le mentionnent nulle part alors que l’on sait par ailleurs ce que sera l’exégése chrétienne du « péché originel » (largement relayée de nos jours par la secte Moon, entre autres).
Pierre Jovanovic signale (Le mensonge universel Ed Le Jardin des Livres, 2007) les emprunts à Sumer du récit de la création de la femme (la future Eve)
II Le cas de Jésus
On trouve aussi deux récits de la naissance. L’un qui est lié à l’Annonce à Marie et l’autre à la naissance à Bethléem. Le premier récit nous semble interpolé et placé avant le second, plus en accord avec la version d’un Joseph père à part entière de Jésus, dans la lignée de David, ce Jésus annoncé sous le nom d’Emmanuel.
III Le cas de Judah
Dans le Livre de l’Exode, point n’est question de judah, à la suite d’Abraham, Isaac et Jacob alors que dans les généalogies de Mathieu et Luc, Juda est le chainon qui fait suite à Jacob. Au vrai, ce que dit Jacob à propos de Juda recoupe le songe de Joseph selon lequel ses frères se prosterneraient devant lui. On retrouve là une sorte de rivalité évoquant celle des deux jumeaux Jacob et Esaü.
On signalera la rivalité entre les royaumes de Judah et d’Israel à la mort de Salomon, les populations du Nord rejetant la tutelle de la tribu de Judah et de Roboam fils de Salomon. Or, Est-ce par hasard que Jacob prendra le nom d’Israel à la suite de son comnbat avec l’ange? On sent là une influence des tenants du Royaume du Nord sur la rédaction de la version du Livre de la Genése. Comment Est-ce possible? Ce serait oublier que lors du schisme, il y eut des ressortissants du Nord qui vivaient et restèrent au Sud comme cela est indiqué au Livre des Chronique. Il peut donc avoir existé un courant fidéle à Israel qui aura pu intervenir. D’où la suppression du nom de Judah lors de la rencontre entre Dieu eu Moïse. Mais la généalogie des Evangiles semble avoir été au contraire le fait des tenants de Judah. On notera toutefois que parmi les 12 apôtres (paralléle évident avec les 12 fils de Jacob), le traitre portera ce nom de Judah!
En conclusion, nous soulignerons au niveau méthodologique l’importance qu’il y a à confronter les corpus et notamment dans le cas qui nous concerne les deux « testaments », et ce en dépit des différences d’époque car il arrive que certains éléments ne nous parviennent que par des versions tardives. En l’occurrence, quand nous nous trouvons face à un commentaire, il importe de se demander de quel « intertexte » l’on s »est servi.
JHB
21. 12 16
par Jacques Halbronn
Nous trouvons dans la Bible plusieurs versions parallèles qui ressortent notamment de la confrontation entre les deux « Testaments ».
I Le cas de Seth
Dans l’Evangile selon Luc, la généalogie de Joseph remonte à Seth, fils d’Adam. Or, la naissance de Seth n’est signalée qu’au chapitre V de la Genése, à la suite des chapitres concernant la naissance de Cain Et d’Abe de l’union d’Adam et d’Eve. Mais la naissance de Seth ne semble rien devoir à une femme. On est dans la situation inverse de ces naissances dont le père est inconnu, comme dans le cas de Marie. Seth serait en quelque sorte né du seul Adam, « à sa ressemblance » tout comme Adam était à la ressemblance de Dieu. On est là dans un processus androgynal.
Cela nous conduit à penser que l’épisode du Jardin d’Eden aura été interpolé et d’ailleurs les Evangiles ne le mentionnent nulle part alors que l’on sait par ailleurs ce que sera l’exégése chrétienne du « péché originel » (largement relayée de nos jours par la secte Moon, entre autres).
Pierre Jovanovic signale (Le mensonge universel Ed Le Jardin des Livres, 2007) les emprunts à Sumer du récit de la création de la femme (la future Eve)
II Le cas de Jésus
On trouve aussi deux récits de la naissance. L’un qui est lié à l’Annonce à Marie et l’autre à la naissance à Bethléem. Le premier récit nous semble interpolé et placé avant le second, plus en accord avec la version d’un Joseph père à part entière de Jésus, dans la lignée de David, ce Jésus annoncé sous le nom d’Emmanuel.
III Le cas de Judah
Dans le Livre de l’Exode, point n’est question de judah, à la suite d’Abraham, Isaac et Jacob alors que dans les généalogies de Mathieu et Luc, Juda est le chainon qui fait suite à Jacob. Au vrai, ce que dit Jacob à propos de Juda recoupe le songe de Joseph selon lequel ses frères se prosterneraient devant lui. On retrouve là une sorte de rivalité évoquant celle des deux jumeaux Jacob et Esaü.
On signalera la rivalité entre les royaumes de Judah et d’Israel à la mort de Salomon, les populations du Nord rejetant la tutelle de la tribu de Judah et de Roboam fils de Salomon. Or, Est-ce par hasard que Jacob prendra le nom d’Israel à la suite de son comnbat avec l’ange? On sent là une influence des tenants du Royaume du Nord sur la rédaction de la version du Livre de la Genése. Comment Est-ce possible? Ce serait oublier que lors du schisme, il y eut des ressortissants du Nord qui vivaient et restèrent au Sud comme cela est indiqué au Livre des Chronique. Il peut donc avoir existé un courant fidéle à Israel qui aura pu intervenir. D’où la suppression du nom de Judah lors de la rencontre entre Dieu eu Moïse. Mais la généalogie des Evangiles semble avoir été au contraire le fait des tenants de Judah. On notera toutefois que parmi les 12 apôtres (paralléle évident avec les 12 fils de Jacob), le traitre portera ce nom de Judah!
En conclusion, nous soulignerons au niveau méthodologique l’importance qu’il y a à confronter les corpus et notamment dans le cas qui nous concerne les deux « testaments », et ce en dépit des différences d’époque car il arrive que certains éléments ne nous parviennent que par des versions tardives. En l’occurrence, quand nous nous trouvons face à un commentaire, il importe de se demander de quel « intertexte » l’on s »est servi.
JHB
21. 12 16