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dimanche 25 mai 2025
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La Venue de l’avenir, un Klapisch qui a bien du mal à passer
Luc Hernandez - 22 mai 2025mis à jour le 23 mai 2025
En total sur-casting, La Venue de l'avenir de Cédric Klapisch multiplie les caméos en seconds rôles et les allers-retours passé-présent, jusqu'à se noyer dans les clichés. Critique aussi déboussolée que Suzanne Lindon...
La Venue de l'avenir Cédric Klapisch Suzanne Lindon profil ardoise prix
Suzanne Lindon dans La Venue de l'avenir de Cédric Klapisch.
Tout le monde il est beau, et tout le monde il est artiste (et écolo) dans La Venue de l’avenir. Un drôle de Cédric Klapisch entre passé et présent, mêlant plusieurs générations de comédiens, mais avec des dialogues aussi intemporels que : « on a tous nos petits problèmes »… Et l’amour dans tout ça ?
Voici donc Adèle, une « pauvre fille » de la campagne, ancêtre d’une famille bien d’aujourd’hui qui doit vendre sa maison : une wonder woman (Julia Piaton, qui fait ce qu’elle peut), un instituteur bientôt à la retraite (Zinedine Soualem, vieux complice du cinéma de Klapisch), un jeune créateur de contenus web (Abraham Wapler, le nouveau venu choupinou en François Civil junior) et un écolo, donc : Vincent Macaigne qui, comme d’hab, ne fait rien dans la vie, mais du Vincent Macaigne à l’écran, en souriant benoîtement.
La Venue de l’avenir : Suzanne Lindon peut repartir…
La Venue de l'avenir Cédric Klapisch TestotLa famille moderne de La Venue de l’avenir.
Adèle va donc quitter son amoureux pour monter à Paris rencontrer sa maman (prostituée), qu’elle n’a jamais connue, et se trouver… un nouvel amoureux ! (Paul Kircher, toujours parfait pour jouer les niaiseux). Peintre ou photographe ? On est bien dans un film français et la confusion des sentiments prépubères vient perturber chaque dialogue, pendant que Pomme chante une chanson en bord de Seine… Suzanne Lindon roule des yeux et parle avec la voix qui pleure pour montrer à quel point elle est émue. Pour compenser, Klapisch accumule le surcasting en seconds rôles (Olivier Gourmet en Monet avec ses grosses bottes et son chapeau, Berléand en Victor Hugo 30 secondes, WTF ?) La moitié des comédiens vont en faire les frais, ne sachant jamais comment jouer, ni à quelle époque…
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Klapisch : c’est bête, mais c’est beau !
La Venue de l'avenir Cédric Klapisch Abraham Wapler tableau télépéhoneAbraham Wapler, le nouveau venu chez Cédric Klapisch.
Tout se passe comme si, attaché à faire moderne – sa marque de fabrique – Klapisch n’avait pas osé réaliser un vrai film d’époque. Or c’est justement la partie moderne de La Venue de l’avenir qui reste la plus faible (la famille n’avait pas besoin d’être quatre pour retrouver son ancêtre). Il reproduit donc à peu près tous les clichés sentimentaux et les tics visuels de chacun de ses films en un seul, dans une alternance artificielle entre modernité rap-réseaux sociaux et passé bien passé du titi parisien à l’accordéon.
Lire aussi : Klapisch va monter La Flûte enchantée à l’Opéra de Saint-Etienne.
Mais à force d’enfermer ses personnages dans leurs clichés Instagram, Klapisch finit par rendre sa vulgarisation assez vulgaire, et ses personnages assez imbéciles. Résultat de ce melting-pot temporel où tout finira par fusionner après une séance de chamanisme (sic) : si ce n’était pas mieux avant, c’est pas beaucoup mieux après, et à force de vouloir être au-dessus de tout d’une époque à l’autre, La Venue de l’avenir n’existe jamais au présent.
La Venue de l'avenir Paul Kircher moustache mur décrépiPaul Kircher, titi parisien hébété de La Venue de l’avenir.
C’est d’autant plus dommage que, dès le générique, le talent technique de Klapisch ne manque pas d’inspiration visuelle pour capter la peinture comme la photographie. Mais en bon réalisateur filmant un mauvais scénario, il reste ici inhabité, croulant sous la niaiserie sentimentale et la naïveté historique. L’histoire des images était sans doute la véritable raison d’être du film.
La Venue de l’avenir de Cédric Klapisch (Fr, 2h04) avec Suzanne Lindon, Abraham Wapler, Paul Kircher, Vassili Schneider, Vincent Macaigne, Julia Piaton, Zinedine Soualem, Sara Giraudeau, Pomme… Sortie le 22 mai.
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