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mardi 19 mai 2026

Stratégies des dominants, Stratégies des dominés par Gilles Sarter

Gilles Sarter Stratégies des dominants, Stratégies des dominés Le mot « stratégie » sert généralement à désigner un plan consciemment réfléchi, élaboré pour atteindre des objectifs définis, en utilisant des moyens précis. L’utilisation sociologique du terme, par Pierre Bourdieu, est plus nuancée. Théorie de l’action Toutes les stratégies déployées par les agents sociaux pour chercher à augmenter leur capital (économique, symbolique, culturel…) ne sont pas guidées par des calculs délibérés ou des plans explicites. En fait, grâce à leur habitus, les agents disposent de répertoires de manières d’agir ou d’évaluer les situations qui orientent nombre de leurs pratiques, sans qu’ils aient besoin d’y réfléchir. Il y a ainsi une foule de comportements, de postures corporelles, de préférences, d’habitudes langagières que nous avons incorporés par notre socialisation et au sujet desquels nous n’avons jamais eu à nous interroger. Dès lors que les prédispositions d’un agent sont adaptées au jeu social qu’il a à jouer, elles génèrent des actions capables d’assurer la conservation ou l’augmentation de son capital personnel, de celui de sa famille, de son groupe, de sa classe… En revanche, quand ces stratégies inconscientes générées par l’habitus sont mises en échec, les agents sont poussés à leur substituer des stratégies conscientes et délibérées. Les confrontations avec des situations inédites, les fréquentations de milieux sociaux nouveaux, les rencontres avec des mœurs étrangères ou encore les modifications des règles du jeu social sont susceptibles de provoquer des désajustements des habitus et d’appeler la mise en place de stratégies calculées. Dans Algérie 60, Pierre Bourdieu donne une analyse détaillée de ce phénomène à travers l’observation de la conversion forcée d’une société précapitaliste à l’économie capitaliste. En résumé, la théorie de l’action proposée par Pierre Bourdieu postule que les habitus commandent souvent les stratégies des agents sociaux (individus, familles, groupes…) et notamment les stratégies de conservation et d’accumulation de capitaux économiques et culturels. Or, les habitus sont déterminés par la position des agents dans l’espace social, c’est-à-dire justement par les quantités et les proportions des capitaux qu’ils détiennent initialement. A partir de ces éléments, Alain Accordo distingue schématiquement trois grands modèles de stratégies. Ces modèles correspondent aux positions sociales ordonnées autour du pôle dominant, du pôle dominé et des zones intermédiaires de l’espace social qui représente l’ordonnancement des sociétés capitalistes contemporaines. Les stratégies dominantes Il faut commencer par une évidence. Les agents en position dominante sont en accord avec le monde social tel qu’il est ordonné puisqu’ils y exercent leur domination. De façon général, les stratégies dominantes sont donc tendanciellement défensives, conservatrices, de nature à reproduire les rapports de force existants. Investis par une « certitude de soi-même », les dominants sont convaincus d’être porteurs de qualités, de dons, de charismes, de talents qui justifient leur ascendant sur le grand nombre. Par un préjugé naturaliste, ils transforment leurs caractéristiques sociales en essence naturelle. La « certitude de soi-même » constitue, au sein de la fraction dominante de la classe dominante (grande bourgeoisie) la racine d’une prédisposition à la réserve, à la pondération et à la retenue des comportements. Cette assurance tranquille s’oppose à la recherche de l’effet et à la recherche du « m’as-tu-vu », qui disqualifient les prétendants et les parvenus en trahissant leurs prétentions. D’un côté, l’assurance tranquille est à l’origine du discours d’orthodoxie, discours de rappel à l’ordre des prétendants, qui par leurs comportement dérangeants veulent remettre en cause l’ordre établi. Mais d’un autre côté, l’assurance tranquille se traduit par un sens du compromis qui permet des accommodements avec les grands principes. En effet, la virtuosité dans le respect de l’ordre des convenances met le virtuose à l’abri de toutes les tensions intérieures et des critiques extérieures. Il peut donc se permettre de prendre des libertés avec les règles, notamment lorsque ces libertés s’imposent pour préserver sa domination. Par opposition, les prétendants dominés sont condamnés à adopter des comportements irréprochables. Mais ils peuvent aussi essayer de retourner le discours d’orthodoxie contre les dominants, en les accusant de « trahir » les règles et tenter ainsi de s’ériger en défenseurs intransigeants de l’ordre établi. Selon les circonstances la fraction dominée de la classe dominante peut adopter des stratégies opposées. En tant que dominante, elle fait cause commune avec les autres fractions dominantes et fait sa part de travail de domination, souvent au nom de valeurs qu’elle promeut comme universelles. En tant que dominée, elle peut rechercher une alliance avec des fractions de la classe dominée. Il est notable que dans les luttes politiques, les intellectuels, fraction dominée de la classe dominante, ont toutes les chances de se transformer en représentants de la petite-bourgeoisie ou des classes populaires. Les stratégies dominées Pour les agents les plus proches du pôle dominé de l’espace social, la misère et l’insécurité ne sont jamais éloignées dans l’espace ou dans le temps. Ces conditions objectives d’existence entraînent la prédominance du principe du choix nécessaire dans l’orientation des pratiques. Les stratégies sont à la mesure des moyens. On peut donc se demander si elles sont le fruit d’un habitus plutôt que des contraintes matérielles effectives. "Alain Accordo, Introduction à une sociologie critique, Le Mascaret, 1997"La prédisposition à la modestie est davantage identifiable chez des agents qui connaissent une amélioration de leurs conditions matérielles d’existence sans pour autant modifier leurs pratiques. Mais il faut aussi souligner que la disposition à faire de nécessité vertu participe de la domination sociale à travers la construction de l’assentiment des dominés. L’exclusion objective et active des classes populaires de nombreux domaines de la vie sociale, culturelle, politique, intellectuelle par les classe dominantes s’accompagne de la tentative d’inculquer, chez les premières, une forme d’auto-censure spontanée de ce qui leur est refusé socialement : « ce n’est pas pour moi ». La véritable hégémonie des dominants se reconnaît chez les dominés à cette prédisposition à reconnaître une « incompétence », une « infériorité » culturelle ou une « indignité » à prétendre à des pratiques ou à des positions sociales : indignité de la parole, indignité à participer à la décision collective, indignité à la représentation… D’une part, c’est un enjeu majeur pour les classes dominantes de contrecarrer la formation de fractions organisées capables de contester rationnellement et durablement les mécanismes objectifs et subjectifs de la domination. D’autre part, Alain Accordo pense que la disposition à faire de nécessité vertu favorise l’enrôlement de la grande masse des classes populaires dans les stratégies modernistes d’euphémisation et de célébration de l’ordre établi plutôt que vers les stratégies de dénonciation et de subversion. Les stratégies moyennes La situation objective des classes moyennes est d’occuper des positions intermédiaires entre le pôle dominant et le pôle dominé de la structure des classes sociales. Elle a pour conséquence d’obliger les agents à se définir en permanence par un double rapport aux classes qui leur sont inférieures ou supérieures. On peut dire que les classes moyennes sont, en permanence, engagées dans une lutte des classements. La logique de la distinction leur impose d’accroître la distance qui les sépare des classes populaires et de diminuer celle qui les sépares des classes bourgeoises. L’agent de la classe moyenne est tendu par sa crainte de sa dévalorisation et de son engloutissement par les « masses populaires » et par son aspiration d’accéder à une position supérieure. Il dénigre les propriétés matérielles ou symboliques trop « communes » et ambitionne qu’acquérir des propriétés plus rares. Les stratégies générées par un tel habitus peuvent présenter un aspect subversif ou contestataire. Mais en général cette contestation n’est pas radicale, dans le sens où elle vise davantage l’accès à une position ou à un titre, que la remise en question de l’ordre établi. Il s’agit d’une opposition dans le système, plutôt qu’une opposition au système. Cependant, la distance qui sépare les classes moyennes de la classe supérieure (la grande bourgeoisie) est considérable. Les petits-bourgeois ne sont pas immensément riches, ils ne possèdent pas un capital culturel impressionnant, ils n’occupent pas les postes ou les mandats électoraux les plus élevés. Ils sont donc obligés constamment de rabattre leurs prétentions et d’adopter ce que A. Accordo appelle des stratégies de bluff, destinées à se mettre en scène pour donner la représentation la plus valorisante possible de leurs propriétés (biens matériels, diplômes, activités culturelles, sportives ou de loisir…). Comme la reconnaissance sociale passe aussi par les signes, l’effort des classes moyennes pour se mettre en valeur est visible dans l’importance qu’elles portent aux titres (scolaires, officiels…) et aux appellations qui désignent leurs positions et leurs fonctions. En effet, les pratiques professionnelles gagnent ou perdent en prestige selon leur intitulé. Les classes moyennes, mi-dominantes mi-dominées, jouent un rôle ambivalent dans la reproduction sociale. Elles contribuent au processus de soumission des classes populaires par leur travail d’encadrement, de formation et de manipulation symbolique. Mais elles sont aussi encouragées à la contestation par la reconnaissance d’une forme de « supériorité » sur ces dernières et par la reconnaissance de leur utilité par les classes dominantes. Finalement, leurs stratégies résultent de dispositions contradictoires d’acceptation et de contestation de l’ordre existant. Gilles Sarter

Dominique Chékaoui, les états maniaques : l'exaltation

Dominique Chékaoui les états maniaques : l'exaltation La symptomatologie des états maniaques est à l'opposé de celle rencontrée chez les sujets déprimés : les sujets en proie aux accès maniaques présentent une exaltation de l'humeur, une excitation psychomotrice, une accélération de la pensée avec fuite des idées, ainsi que des troubles de l'attention. L'agitation hyperactive : l'agitation est un trouble du comportement qui se manifeste par un excès d'activité et de mouvement : mouvements vifs et brusques, turbulence souvent teintée d'agressivité, avec bris d'objets et coups... l'excitation psychomotrice traduit à la fois un trouble psychique aigu, évoluant par crises, et une inadaptation présente à l'environnement. L'exaltation et la labilité émotionnelle : l'exaltation correspond à un état d'hyper-excitation des fonctions psychiques et motrices, responsable d'une expressivité émotionnelle hors du commun et d'une euphorie plus ou moins débordante. Les troubles cognitifs : à cet égard, on observe avant tout une grande dispersion attentionnelle: l'attention est dispersée, superficielle et empêche toute activité. Les associations d'idées semblent pertinentes mais sont vite abandonnées au profit des suivantes. Les troubles instinctuels : ceux-ci sont très fréquents comme en témoignent les alcoolisations massives et la désinhibition, donnant parfois une allure psychopathique à ces patients. De même, des troubles insomniaques se constatent fréquemment, sans fatigue perceptible, un peu comme si le maniaque subissait une véritable accélération du temps et que tout devrait se dérouler à une vitesse démesurée. Problématique corporelle : - l'excitation maniaque : le sujet tend à se prendre pour un surhomme niant la fatigabilité du corps, faisant montre d'une hyperactivité prétendument efficace. Le maniaque cherche à conférer au corps, le statut d'un corps surhumain, ne fatiguant pas, ne vieillissant pas, etc... d'où la tendance mégalomaniaque qui émerge parfois… La multiplication des idées, l'apparente créativité du maniaque apportent souvent l'admiration de son entourage mais très vite l'incapacité à les mettre en forme entraîne son rejet. De même, les propos sarcastiques, les accès de rage intempestifs entraînent régulièrement l'entourage dans un tourbillon sans fin, et partant, dans la nécessité de se tenir à l'écart… Par son comportement, le sujet maniaque cherche, en fait, à empêcher toute tentative d'analyse et de compréhension de l'entourage, laquelle serait alors vécue comme une atteinte intolérable à sa toute puissance... Thérapie : La relation d'aide peut s'avérer bénéfique pour ces patients, en leur permettant de mieux relier leur corps à leur esprit, et tout particulièrement de ré-harmoniser leur fonctionnement mental. Il sera donc là question de les accompagner psychologiquement pour leur bien être global, physique, psychologique, émotionnel mais aussi relationnel... JHB 18 02 26

samedi 16 mai 2026

Jacques halbronn Psychosociologie. Le clivage privé.public. Pour une nouvelle éthique.

Jacques halbronn Psychosociologie. Le clivage privé.public. Pour une nouvelle éthique. Nous avons récemment mis en avant la dialectique cloisonnement/ décloisonnement qui recoupe celle d'espace privé/public Selon nous, le fait de parler reléve du champ public et donc les personnes qui appartiennent à la sphère privée devraient s'abstenir de parler ou en tout cas de le faire le plus discrétement possible. On pense notamment aux femmes en général et notamment à celles dont la voix porte d'ailleurs trop haut, ce qui risque de les exposer plus que de raison. Inversement, les personnes qui relévent de la sphère public devraient mettre un voile sur leur vie et leur espace privé lesquels ne sont pas toujours présentables, impeccables Il s'agit cette fois aux hommes de prendre garde de ne pas trop s'exposer. L'espace privé, la vie "privée" est en analogie avec le cloisonnement, ce qui implique une certaine proximité/intimité et les femmes n'apprécient guère que l'on ne respecte pas une telle limitation, notamment sur le plan sexuel, sur celui des confidences et des confessions. L'espace public va avec le décloisonnement, avec le dépassement des limites de temps et d'espace. Une attitude, une approche trop étroite, restreinte conduira à des informations insuffisantes, anecdotiques qui rendent un discours peu pertinent et peu approprié, à une large divulgation/ exposition. Les femmes attendent des hommes qu'ils les protégent contre certaines de leurs dérives et erreurs et les hommes attendent des femmes qu'elles veillent à ce que leur vie personnelle ne soit pas affectée par trop de désordres et de négligences toxiques pour leur santé. sur le web " Le principe de laïcité inscrit dans l’organisation sociale une ligne de séparation entre : – Le champ de la sphère privée qui englobe : . tout ce qui concerne la vie privée (famille, relations) et les intérêts économiques privés. . l’espace social : partis politiques, syndicats, associations “loi de 1901”, associations cultuelles … Espace privé et espace social constituent la “société civile” qui est régie par le principe de tolérance. Elle permet l’expression publique d’opinions personnelles, l’organisation de cérémonies religieuses, de spectacles. Cette sphère privée est donc bien le lieu d’exercice de la citoyenneté et des libertés. – Le champ de la sphère publique qui englobe tout ce qui relève de l’Etat : ministères, préfecture, régions, municipalités et les services publics correspondants : justice, armée, polices, éducation, finance, diplomatie, patrimoine culturel ainsi que les manifestations officielles, les rencontres entre chefs d’états. La sphère publique est soumise à l’obligation de neutralité : ses acteurs doivent exercer leur citoyenneté en faisant abstraction de ce qui les particularise en tant qu’ individus. La laïcité républicaine a pour obligation de protéger cette sphère publique et donc le bien commun de la domination et de l’emprise des lobbies religieux, politiques et économiques." JHB 16 05 26

mardi 12 mai 2026

jacques halbronn Les notions de beauté et d' intéret au prisme de la jouissance d'évacuation

jacques halbronn Les notions de beauté et d' intéret au prisme de la jouissance d'évacuation Nous nous sommes fortement intéressés au sentiment de certitude dont parle Descartes. Selon nous, toute certitude reléve de la physiologie, de la sensation corporelle. Nous dirons que la jugement sur la beauté ou l'intérêt des propos d'autrui passe par une compulsion de consommation Si un homme trouve que telle femme est "belle", cela signifié en réalité qu'elle l'attire sexuellement, ce qui sous tend une telle certitude. Et cela s'articule sur une jouissance d'évacuation en perspective du sperme ou du plaisir à gouter de son corps, par le biais de la bouche. Si une femme trouve tel homme "intéressant" , cela signifie en réalité qu'elle entend se servir de ses propos, c'est à dire qu'elle aura envie de les répéter, et cette répétition reléve également de la jouissance évacuatoire au même titre que ce que l'on a exposé pour l'homme, symétriquement. On est bien dans le domaine des sensations à retrouver, à revivre, ce qui renvoie à la fois au passé et au futur. Ceci vient recouper un précédent texte sur le rapport Nature/Culture. Selon nous, il importe de relativiser le role de l'éducation en tant que productrice de culture. L'éducation bien pensée devrait avant tout corriger la nature de la personne et non la programmer, ce qui reléve d'une autre instance en amont ( déterminismes de la Nature,de la SurNature, du Plan divin). Ainsi, le Moi naturel devra être retravaillé par le Surmoi, culture, passage du Ich au Uber Ich. Au regard des Quatre Eléments, l'homme serait lié au liquide Eau (séminal, vaginal) et la femme à la production de sons (Air) Mais l'on peut dire que l'homme secrète les 4 Eléments comme il secrète les 4 humeurs (les 4 tempéramentsà sang, bile noire, bile jaune, muqosité. Sur lz web La morve ou mucus nasal est en fait sécrétée par la muqueuse qui tapisse les fosses nasales. Ce mucus nous est très utile puisqu'il humidifie et réchauffe en permanence l'aer inspiré. À la manière d'un filtre, il piège aussi les microparticules présentes dans l'air pour protéger nos poumon Jacques Alain Miller La précision, vertu cardinale "Ce serait la vertu des idées claires et distinctes , qui avaient pour Descartes une fonction essentielle, une fonction de guide dans sa recherche de la certitude. Son modèle des idées claires et distinctes était issu des mathématiques. De là a surgi un désir nouveau, celui de considérer le monde, le monde physique, à partir des mathématiques. On peut à l’occasion trouver quelques éléments baroques chez Descartes ; mais il s’agissait là d’une notion profondément inédite, et cette nouveauté majeure a ouvert à la mathématisation du monde JHB 12 05 26

lundi 11 mai 2026

jacques halbronn nouvelle théorie du genre.pour une approche physiologique et sensorielle . Nature.Culture

jacques halbronn nouvelle théorie du genre.pour une approche physiologique et sensorielle . Nature.Culture ;Pour une approche symétrique on ne peut avoir le beurre et l'argent du beurre. Il y a toujours un revers à la médaille: Celui qui vit dans les généralités ne peut se focaliser sur une personne donnée et celui qui aime connaitre une personne à fond risque fort de ne pas parvenir à maitriser pleinement tout un corpus; On opposera ainsi la femme et l'homme, chacun avec ses points faibles, aveugles; Il nous faut nous référer à la dialectique du UN et du MULTIPLE. Les femmes ont besoin de lire, de s'informer pour avoir quelque chose à dire mais à la limite, peu importe de quoi il peut s'agir. Qu'importe le flacon,pourvu qu'on ait l'ivresse. Quant aux hommes; on dira " une de perdue dix de retrouvées." Il ne faut donc pas mélanger les genres. Les femmes savent mieux choisir leurs partenaires que les hommes car ces derniers tendent à se focaliser que sur le sexe, faisant abstraction du reste; la fidélité à un(e) partenaire est une invention féminine, l'homme ayant plus d'affinités avec la polygamie et une certaine interchangeabilité de ses partenaires alors que la femme est plus stable sur le plan relationnel avec le sexe opposé. Il n'est donc pas conseillé aux hommes de se polariser sur une seule partenaire car il ne capte pas assez attentivement la personnalité d'autrui dans sa globalité. Inversement, la femme recherche éperdument des savoirs à transmettre car elle a une jouissance évacuatoire par le biais de la parole et peu importe, au vrai, de quel savoir il peut s'agir. Chaque sexe a besoin de fonctionner, de "travailler", les femmes sont d'excellentes répétitirices et traductrices d'à peu près n'importe quoi et les hommes seront inspirés par les femmes les plus diverses. On ne peut donc faire confiance à leurs jugements dans les domaines où leur lucidité est minée par leur pulsion de jouissance évacuatoire. On peut tout à fait qualifier de "besoins", ce que nous venons d'exposer, ce qui renvoie à une célébre formule: « De chacun selon ses moyens, à chacun selon ses besoins » a été utilisé comme telle pour la première fois par Louis Blanc dans son Organisation du travail de 1839 comme une révision de la citation d'Henri de Saint-Simon « À chacun selon ses capacités, à chaque capacité selon ses œuvres ». Notre recherche met en évidence le caractère congénital des différences de genre Ce n'est pas la culture qi fixe le genre mais c'est l'inverse, le genre qui impacte la culture. C'est ainsi que dès le plus jeune âge, les petites filles réagissent à ce qui "sent mauvais". Pour les petits garçons, cela prendra plus de temps car il s'agit de signaler ce qui est injuste, faux. On dira que le domaine opposé à celui de vigilance est celui de la plus grande liberté. La vigilance dans la sphère privée va avec le lacher prise dans la sphère publique, l'absence de retenue dans la sphère publique et vice versa le controle dans la sphère public avec le relachement dans la sphère privée (d'où des accusations de viol à l'encontre de personnages publics, ne reposant que sur des témoignages peu vérifiables. Article d' Édouard Chaplault-Maestracci 31/05/2025 CONTRIBUTION / ANALYSE. Figure incontournable de l'intellectualisme woke, la philosophe américaine Judith Butler incarne l'articulation de la pensée de la déconstruction avec le militantisme progressiste le plus acharné. judith-butler © Wikimedia Commons Foucault, Deleuze, Derrida… S’il est difficile d’attribuer la paternité du wokisme à une personnalité en particulier, la question de sa maternité ne fait quant à elle aucun doute. Depuis la publication d’un ouvrage intitulé Gender Trouble (en français : Trouble dans le genre) en 1990 jusqu’à la parution en France de Qui a peur du genre ? fin 2024, l’américaine Judith Butler n’a eu de cesse de militer pour un progressisme radical et destructeur en partant de la question du genre. Selon elle, la notion de sexe serait une pure construction culturelle qui aurait pour seul dessein de permettre aux autorités d’asseoir leur domination sur la population. La philosophe a ensuite étendu le bénéfice de sa théorie aux minorités ethniques et ainsi fait jouer l’intersectionnalité pour devenir l’un des piliers du wokisme. Pour comprendre l’origine de la théorie du genre, il convient de revenir aux sources du cheminement intellectuel de Judith Butler et donc à la publication de Gender Trouble. Ce premier livre défend la thèse selon laquelle le sexe ne serait qu’une norme assurant la domination systémique des hommes et de l’hétérosexualité. Considérant l’hétérosexualité comme une pure construction étatique n’allant pas de soi, l’auteur nous invite à nous défaire de la distinction ancestrale fondée sur le sexe. Judith Butler ne revendique pas l’égalité des sexes mais plutôt le fait qu’il n’y ait aucune distinction d’ordre biologique entre hommes et femmes, ces derniers se fondant dans une catégorie unique. D’après la philosophe, un bébé viendrait en effet au monde dénué de sexe et de genre. Tant pis pour l’anatomie conduisant à assigner un sexe à un enfant venant de naître ; une démarche scientifique qui constituerait d’ailleurs une intrusion intolérable de l’État dans la définition de l’identité du nouveau-né. Il ne faudrait donc attacher aucune signification au sexe biologique" Sur le web "Dans "Trouble dans le genre", ouvrage majeur de "Gender Studies", paru en 1990, Judith Butler développait le concept de "performativité", critiquait les normes sociales, ouvrait la voie à une pensée plus construite de l’identité. Pierre Niedergang, philosophe, évoque ce livre culte pour lui. Dans un essai publié en 1990, aux Etats-Unis, Trouble dans le genre, la philosophe américaine Judith Butler déconstruisait la notion de "genre", remettant en question une partie des théories féministes, et revendiquait l'indéfinition sexuelle. définir ce qu'est une femme pour définir une politique féministe ? Telle est la question posée par Judith Butler." JHB 11 05 27

dimanche 10 mai 2026

jacques halbronn La laïcité à la française confrontée à un besoin de renouvellement. Espace public, espace privé

jacques halbronn La laïcité à la française confrontée à un besoin de renouvellement. Espace public, espace privé Selon nous, le principe de laïcité fait l'objet de malentendus. Il concerne non pas seulement la question de la religion mais concerne la distinction, la séparation entre espace privé et espace public, ce qui peut conduire à une forme de séparatisme voire d'aparthéid. Dans l'espace public, la priorité doit être donnée aux propos d'intérêt général, ce qui exige une certaine compétence, une certaine culture "générale". En revanche, dans la multitude d'espaces privés, il y a place pour les spécificités les plus diverses (cf la Tour de Babel) mais pour intégrer l'un de ces espaces, il importe d'en partager les valeurs propres, du fait de la langue, de la religion, de l'âge, voire de la race, ce qui conditionne une certaine homogénéité voire uniformité au sein d'un groupe, d'une communauté donnée. Dans nos travaux sur les "topiques sensorielles", nous avons distingué, comme leur nom l'indique, tel ou tel sens dominant (ouie, vue, goût, odorat). Il apparait que le gout et l'odorat s'inscrivent dans la sphère privée alors que la vue et l'ouie correspondent plutôt à la sphère publique. Nous avons développé récemment la notion de jouissance évacuatoire, de plaisir , de besoin ?de se vider d'un certain contenu Il est clair que ce qui reléve du gout et de l'odorat concerne des fonctions physiologiques qui sont réservées à la sphère privée (les toilettes par exemple) alors que la vue et l'ouie impacteront plutôt l'espace public. Ainsi, dans l'espace public, comme a été dit plus haut, les questions d'ordre privé ne sont pas acceptables tout comme dans l'espace privé, il n'est pas acceptable que l'on se donne en spectacle dans un rapport sexuel, par exemple. Dans nos travaux sur les comportements masculins et féminins, il ressort que les femmes ont du mal à respecter les exigences de l'espace public. Instinctivement, elles tendent à aborder le registre intime, personnel alors que les lieux ne s'y prétent guère, comme dans les transports publics. Pour certains, l'espace public serait celui ouvert au public en général alors qu'il implique au contraire une certaine (auto) censure, comme de parler à voix basse si l'on est dans un registre privé. Inversement, autour d'une table, du fait d'une convivialité, il est normal d'échanger des informations d'un intérêt particulier. La devise républicaine, exposée à la fin du XVIIIe siècle, sous la Révolution, privilégiait la Liberté, l'Egalité, la Fraternité, ce qui, selon nous, n'est pas compatible avec l'idée de laîcité à la française laquelle n'admet pas les débordements au nom de la Liberté, du "je fais, je dis ce que je veux. En 1905, la mise en place d'une laïcité, au lendemain de l'Affaire Dreyfuss, plaçait toutes sortes de pratiques dans le champ privé et logiquement, cela ne visait pas uniquement le registre des cultes, comme on voudrait nous le faire croire. D'ailleurs, force est de constater que ce qui se ressemble s'assemblé et qu'en pratique des groupes homogénes se constituent spontanément, sur la base de la couleur de peau, de l'âge, du genre. En ce sens, les lois sont souvent superfétatoires en ce qu'elles sont en redondance avec la réalité sur le terrain mais sans que cela soit avouable, d'où une certaine hypocrisie. Selon nous, le principe français de laïcité ne se limite nullement au seul critère religieux,cultuel,il devrait englober la question de l'usage des langues étrangères dans l'espace public, celles-ci relevant de la sphère privée dans les cas d'immigration. On soulignera que ce qui a pu être à un certain moment être nouveau peut tout à fait ne plus l'être par la suite, d'où une certaine confusion dans les esprits. Un nouvelle religion a une date de péremption. En effet, la laïcité exige de la nouveauté pour toutes les parties en présence et en tout cas une réforme en profondeur du statu quo, ce qu'avait compris un Jésus; En ce sens, la laïcité passe par un défi pour tout le monde. Sous la Révolution Française, de nouvelles pratiques furent instaurées exigeant pour tous un effort d'adaptation. Aussi, la laïcité exige un renouvellement périodique du consensus. La crise de la laïcité en France pourrait tenir à sa cristallisation. La fondation de la Ve République reléve de ce besoin de révolution,c'est à dire de remettre régulièrement les compteurs à zéro en adoptant des pratiques indédites. JHB 10 05 26

jacques halbronn Psychosociologie La jouissance évacuatrice La fin justifie les moyens

jacques halbronn Psychosociologie La jouissance évacuatrice La fin justifie les moyens Selon nous, le principe de plaisir (Freud) est la clef pour comprendre le ça sensoriel des deux sexes et nous parlerons de « jouissance évacuatrice » . Chez les petites filles, la pulsion de la parole se manifeste dès le plus jeune âge, ce qui facilité l’acquisition rapide d’une langue; Cette pulsion correspond à un besoin d’évacuer ce qu’on aura retenu et est liée à une jouissance du fait même de cette évacuation; Chez les petits garçons, la pulsion adviendra bien plus tard avec la puberté quand il s’agira de produire du sperme et de le faire jaillir. sur le web .L’éjaculation (libération de spermatozoïdes par le pénis) devient généralement possible entre 12 ans et demi et 14 ans. Ainsi, la pulsion d’éjection surviendra chez le garçon à un âge bien plus mature que chez la fille, ce qui lui permettra de prendre des habitudes de contrôle et de rétention alors que la femme restera marquée par un certain infantilisme toute sa vie, elle aimera faire la « petite folle »; sur le web Les femmes dans l’histoire de la psychanalyse Sous la direction de Sophie de Mijolla-Mellor Perspectives Psychanalytiques 1999 « Aux débuts de la psychanalyse, en un temps où s’amorçait seulement la mutation de la condition féminine, si quelques patientes célèbres, Emma Eckstein, Dora ou Elgriede Hirschfeld, ont permis à Freud d’inventer la psychanalyse, n’ont-elles pas aussi imprimé une marque féminine à l’écoute, à la technique et à la théorie qui en est issue ? « Les psychanalystes sont des « prostituées de l’esprit » Je lis le livre d’un collègue sur la psychanalyse ; c’est parfois génial et parfois absolument exaspérant. Je ne suis pas d’accord avec tout ce qu’il dit, mais la citation d’aujourd’hui m’a semblé suffisamment intéressante pour être partagée et sur laquelle vous avez votre opinion. Il dit (il y a quelques paraphrases/sauts ici) : == « Le travail du sexe ressemble beaucoup à la psychothérapie. Slabok Zizek décrit le psychothérapeute des profondeurs comme « une sorte de prostituée de l’esprit, ayant recours à l’argent pour la même raison que les prostituées aiment être payées pour pouvoir avoir des relations sexuelles sans implication personnelle, en gardant leurs distances ». Nous percevons une certaine symétrie dans les processus de jouissance évacuatrice : la femme jouit par le verbe, l’homme jouit par le corps (éjaculation, éternuement, productions intestinales) et cela donne lieu à diverses formes de viol, la femme viole son prochain en lui parlant de son « moi » et cela la soulage- et donc elle en jouit alors que l’homme viole en imposant son sperme à une femme mais aussi toutes sortes d’odeurs nauséabondes qu’il prend un certain plaisir à imposer à son prochain, quitte à le payer (sous une forme ou sous une autre) On dira que la fin justifie les moyens et que l'homme mange pour avoir le plaisir physiologique d'évacuer et que la femme écoute pour avoir le plaisir physqiologique de parler. Ajoutons que cette finalité peut tout à fait être assimilée à un défoulement voire à une forme de sociopathie. JHB 10 05 26

vendredi 8 mai 2026

Le Masculin et le Féminin chez Freud, Winnicott et les autres par :Litza Guttieres-Green

Le Masculin et le Féminin chez Freud, Winnicott et les autres par Litza Guttieres-Green :2003 « …l’observation de la différence des sexes […] est au fondement de toute pensée, aussi bien traditionnelle que scientifique. […] Il s’agit du butoir ultime de la pensée sur lequel se fonde une opposition conceptuelle essentielle : celle qui oppose l’identique au différent, un de ces themata archaïques que l’on retrouve dans toute pensée scientifique, ancienne comme moderne, et dans tous les systèmes de représentation. » Françoise Héritier, Masculin/féminin. Éd. Odile Jacob, 1996, pp.19-20. Sigmund Freud a posé en termes clairs le problème de la différence des sexes et de l’identité sexuée, mais sa théorisation, pourtant revue et remaniée à plusieurs reprises, en dépit de sa remarquable cohérence, a soulevé dès le début de nombreuses contestations et continue de diviser les psychanalystes. La sexualité humaine est une psychosexualité où le féminin et le masculin se succèdent, s’opposent, s’intriquent, constituant la bisexualité psychique, qui atteint son apogée avec l’organisation œdipienne. La conflictualité générale et, plus encore, celle inhérente au thème de la différence des sexes se répète, dans le débat entre psychanalystes sur les similitudes, les oppositions et la complémentarité des hommes et des femmes. Débat qui n’a pas fini de nous occuper et auquel participent biologistes, sociologues, ethnologues, historiens, politiques et médias. Ce champ est tellement infiltré de préjugés, de passion et d’intérêts divers qu’il devient difficile d’en parler avec sérénité. Nous allons cependant tenter d’en faire l’expérience. Au cours de l’histoire de la psychanalyse, deux tendances se sont rapidement dessinées au sein des théories sur la sexualité féminine : d’un côté ceux qui soutiennent la méconnaissance du vagin jusqu’à une époque tardive (aux côtés de Freud, Ruth Mack Brunswick, Jeanne Lampl de Groot, Hélène Deutsch, Marie Bonaparte), de l’autre ceux qui en croient en sa connaissance précoce et pour lesquels l’enfant de sexe féminin est fille dès le début (Josine Muller, Karen Horney, Karl Abraham, Mélanie Klein, Ernest Jones). Par la suite le sexuel, peut-être sous l’influence des kleiniens mais aussi sous le prétexte de l’évolution des mœurs, en est venu à perdre de son intérêt, comme s’il fallait lui réserver un refuge qui en préserve l’interdit et le mystère, au profit de l’accent mis sur les relations d’objet avec les rivalités et l’envie que suscite la différence des sexes et qui amènent hommes et femmes à imaginer « sur le corps de l’autre » (M. et J. Cournut1) des avantages dont ils sont privés. L’importance de plus en plus grande donnée à la relation d’objet me paraît marquer la prédominance accordée au féminin et surtout au maternel, en raison de la précocité de ce lien primaire, au détriment du masculin – phallique, secondaire. Nous verrons par ailleurs que les théories sur le féminin souffrent du double destin de ce dernier, féminin érotique et féminin maternel, qui en augmente la complexité. Les difficultés sont aggravées par la confusion entre les conceptualisations qui s’appuient sur des facteurs occasionnels, sociologiques ou historiques par exemple, et celles dont les références sont somatiques, pulsionnelles, dérivées de l’organisation psychique d’origine infantile, elle-même soumise à des références culturelles. Comme on le sait, Freud est parti d’une vision uniquement masculine/phallique de la sexualité, ce qu’on n’a cessé de lui reprocher. Il a décrit l’avènement du féminin à la suite des stades prégénitaux, oral, anal et phallique : « Au stade de l’organisation prégénitale sadique‑anale – écrit-il – il n’est pas encore question de masculin et de féminin, l’opposition entre actif et passif est celle qui domine. Au stade suivant, celui de l’organisation génitale infantile, il y a bien un masculin, mais pas de féminin ; l’opposition s’énonce ici : organe génital masculin ou châtré. C’est seulement quand le développement, à l’époque de la puberté, s’achève, que la polarité sexuelle coïncide avec masculin et féminin. Le masculin rassemble le sujet, l’activité et la possession du pénis ; le féminin perpétue l’objet et la passivité. Le vagin prend maintenant valeur comme logis du pénis, il recueille l’héritage du sein maternel (1923)2. Il fait allusion à une psychosexualité toujours d’essence mâle, qu’elle soit « active » ou « à buts passifs », à distinguer des différences sexuelles d’ordre anatomique ou hormonal, liées au corps et aux organes génitaux masculins ou féminins. Il va asseoir sa théorie sexuelle sur trois hypothèses majeures : 1) L’existence, dans les deux sexes, d’un stade phallique caractérisé par la présence ou l’absence de pénis : masculin-phallique par opposition à féminin-châtré. Le clitoris, assimilé à un pénis « rabougri » 3 et dévalorisé, serait le seul organe sexuel connu des fillettes. Le vagin en revanche et, à plus forte raison l’utérus, « restent longtemps ignorés » 4. Le vagin ne prendra sa réalité que comme « logis du pénis » au cours du coït ; quant à l’utérus il sera révélé par les menstrues et l’accouchement. Au stade sadique-anal, « ….les impulsions agressives des petites filles ne laissent rien à désirer en richesse et en violence. Avec l’entrée dans la phase phallique, les différences des sexes s’effacent complètement derrière leurs concordances. […] Nous pouvons poser que dans la phase phallique de la petite fille, c’est le clitoris qui est la zone érogène directrice. » (1933)5 Dès 1924 pourtant, Karl Abraham a mis en doute l’hypothèse freudienne : « …je me suis pris à me demander récemment s’il n’y aurait pas déjà, au moment de la prime enfance, une première éclosion vaginale de la libido féminine, qui serait destinée au refoulement, et à laquelle succèderait ensuite la prédominance du clitoris comme expression de la phase phallique. »6 De cette vision découle tout naturellement l’existence, chez la fillette, d’une réaction vaginale précoce au pénis du père qui devient ainsi le premier objet, en contradiction avec la primauté de l’objet-mère. Freud, tout en avouant que le problème du féminin lui paraît « obscur » et la féminité un « continent noir », maintient fermement son point de vue et théorise, malgré les difficultés, la nécessité du changement d’objet et du changement de zone érogène. À la suite de Lou Andreas-Salomé, il assimile les sensations vaginales à des sensations anales. Celle-ci en effet, dès 1916, dans Anal und sexual, faisait dériver le vagin du cloaque et rapprochait les sensations génitales des femmes (adultes) des sensations anales, évoquant à ce propos la passivité devant la pulsion à laquelle les femmes, faute d’une agressivité suffisamment tournée vers l’extérieur, seraient livrées plus violemment que les hommes. Prétendre que « seuls les organes génitaux mâles (le phallus) jouent alors [à la phase phallique] un rôle, [et que] les organes génitaux féminins […] restent longtemps ignorés »7 paraît en contradiction avec l’ancrage de la sexualité dans le somatique et l’infantile, et l’on n’a pas manqué de se poser des questions sur le silence de ces organes : est-il de l’ordre du refoulement ce qui supposerait obligatoirement une connaissance antérieure qui serait levé par la suite ? Est-il possible que la connaissance, sans intuition de ce qui existe même s’il est caché, soit sous l’unique dépendance de la perception ? Depuis, presque tous les auteurs ont contesté la radicalité des affirmations de Freud qui, jusqu’à la fin de sa vie, n’a pourtant cessé de soutenir ce qui lui paraissait faire la cohérence de sa théorie. Il confirmait ainsi une vision phallique de la sexualité et de la libido : « Il n’y a qu’une seule libido, écrivait-il, qui est mise aussi bien au service de la fonction sexuelle masculine que féminine. Nous ne pouvons pas lui donner, à elle‑même, de sexe ; si, suivant l’assimilation conventionnelle de l’activité à la masculinité, nous voulons l’appeler masculine, nous ne devons pas oublier qu’elle représente aussi des aspirations aux buts passifs. » (1933)8. Remarquons que l’introduction d’une aspiration à la passivité nuance la notion d’ « activité » masculine. 2) La confrontation avec la différence des sexes et l’absence de pénis chez la mère déclenchent chez le garçon, avec la surestimation du pénis qui pourrait venir à manquer, l’angoisse de castration que Freud compare à « la chute du trône et de l’autel », avec son cortège de mépris du féminin et de peur de la dévirilisation. La fille, en revanche, comprend qu’elle n’aura jamais ce sexe qu’elle admire et désire, « elle se sent gravement lésée, déclare qu’elle voudrait « aussi avoir quelque chose comme ça » et succombe à l’envie du pénis qui laisse des traces indélébiles dans son développement et la formation de son caractère et qui, même dans le cas le plus favorable, n’est pas surmontée sans une lourde dépense psychique »9. Le complexe de castration va la détourner donc de sa mère, elle se réfugiera auprès de son père, beatus possidens [heureux propriétaire], dont elle espère un enfant. Pour Freud, dans les deux sexes, le premier objet est donc la mère. C’est l’angoisse de castration qui oblige le garçon à se détacher d’elle, le faisant ainsi sortir du complexe d’Œdipe, tandis que sous l’emprise de l’envie du pénis, la fille se détache également de celle à laquelle elle reproche son « incomplétude », pour se rapprocher de son père, entrant ainsi dans le complexe d’Œdipe. Ici s’inscrivent les sentiments ambivalents réciproques entre la mère et sa fille, chaîne d’hostilité se perpétuant de mère en fille, le père représentant à la fois le séparateur et le refuge. Il faut attendre 1933 pour que Freud, reprenant les travaux de ses élèves féminines, relie les aspects positifs de la relation mère-fille précisément à l’importance des couches préœdipiennes de la sexualité féminine : « L’identification à la mère, chez la femme, permet de reconnaître deux couches : la couche préœdipienne qui repose sur le tendre attachement à la mère et la prend comme modèle, et celle, plus tardive, issue du complexe d’Œdipe, qui veut éliminer la mère et la remplacer auprès du père ». Mais c’est la phase du tendre attachement préœdipien qui est décisive pour l’avenir de la femme ; c’est en elle que se prépare l’acquisition des qualités avec lesquelles elle satisfera plus tard à son rôle dans la fonction sexuelle et accomplira ses inestimables réalisations sociales. »10 N’oublions pas cependant que ce lien préœdipien à la mère recèle aussi, à côté d’aspects positifs, le germe de la paranoïa11. 3) La vision phallocentrique de la sexualité dans le cadre de la bisexualité psychique « d’origine corporelle » mais aussi consécutive à une identification aux deux parents : « [la science] attire votre attention sur le fait que des parties de l’appareil génital masculin se trouvent dans le corps de la femme, bien qu’à l’état atrophié, et vice versa. Elle voit dans cette occurrence l’indice d’une double sexualité, d’une bisexualité […] Vous êtes enfin invités à vous familiariser avec l’idée que les proportions dans lesquelles masculin et féminin se mêlent dans un individu sont soumises à des variations considérables. […] Vous ne pouvez donner aucun nouveau contenu aux notions de masculin et de féminin. Cette distinction n’est pas psychologique ; quand vous dites masculin, vous pensez en général “actif”, et quand vous dites féminin, vous pensez “passif” » 12. Bien que l’envie des hommes à l’égard des femmes et de leurs capacités créatrices idéalisées, soit généralement admise, le roc inanalysable de la théorie freudienne repose sur la répudiation du féminin dans les deux sexes (1937)13. Dans les deux cas, les rôles de l’imaginaire et de la représentation sont au premier plan. À ce propos, soulignons les différences entre le féminin de l’homme et le masculin de la femme. Le premier est une réaction d’opposition au masculin par envie du féminin, tandis que le masculin chez la femme coïncide avec l’envie du pénis et le refus de renoncer au phallicisme du passé. Notons également que Freud a mis en relation d’un côté une intrication des pulsions de vie et de mort, de l’autre une intrication du féminin et du masculin dans la bisexualité. Toute idée de pureté est donc exclue. Quelles sont les conséquences du complexe de castration pour le caractère de la femme ? – Faute d’organe phallique visible à investir, le narcissisme de la fillette se reporte sur son corps tout entier : « Nous attribuons à la féminité un degré plus élevé de narcissisme, qui influence encore son choix d’objet, si bien qu’être aimée est pour la femme un besoin plus fort que d’aimer […] [le choix d’objet de la femme] se produit souvent conformément à l’idéal narcissique de l’homme que la petite fille aurait souhaité devenir. »14 – L’équivalence masculin-actif, féminin-passif expliquerait que la sexualité féminine, exigeant la passivité, soit un terrain favorable au masochisme par retournement de l’agressivité vers l’intérieur. Le masochisme féminin érogène reposerait sur le masochisme primaire, le plaisir de la douleur, pur pour ainsi dire. Freud veut-il dire, sans composante sadique ou sans culpabilité ? Il s’agirait d’un masochisme « originaire », précédant la formation du surmoi, lié au narcissisme primaire absolu et formant le noyau de la pulsion de mort originaire. Le masochisme originaire offrirait une solution susceptible d’expliquer le détournement du principe de plaisir. Il serait à l’origine de la formation du moi. Freud a incriminé d’une part la répression de l’agressivité « socialement imposée à la femme », ce qui nous choque à une époque où ce n’est plus le cas. D’autre part le rôle joué par les motions masochistes qui lient les tendances destructrices davantage tournées vers le dedans, faute de pénis visible qui pourrait la rassurer sur son intégrité. Si l’homme est également concerné ici, son agressivité tournée vers l’extérieur, lui permettrait de mieux lutter pour élaborer la poussée de passivité qui le met en danger. Freud conclut que : « toute l’énergie disponible de l’Éros, que nous appelons désormais libido, se trouve dans le moi-ça encore indifférencié et sert à neutraliser les tendances destructrices qui y sont également présentes […] Une fraction d’autodestruction demeure en tous cas à l’intérieur de l’individu jusqu’au moment où elle réussit enfin à le tuer… »15. Le masochisme « gardien de vie » est nécessaire à l’homme comme à la femme pour intriquer sa destructivité interne, mais s’il est plus important chez la femme, comment expliquer que sa longévité soit supérieure à celle de l’homme ? Bien sûr nous voyons chez nos patientes, nos collègues et amies, une gestion de l’agressivité différente de celle des hommes et il est clair que la dépendance des femmes par rapport à leurs objets prend souvent des accents masochistes. Pour A. Green l’agressivité tournée vers l’intérieur chez les femmes rend son intégration plus problématique puisqu’elle risque de mettre leur psychisme en danger. Le lien à la mère est un tel mélange inextricable de haine et d’amour, qu’il peut aboutir à un refus d’identification ou à une identification aliénante.16 – L’angoisse de castration étant à l’origine de la formation du surmoi, son absence expliquerait la faiblesse du surmoi chez les femmes : « On hésite à le dire, mais on ne peut se défendre de l’idée que le niveau de ce qui est moralement normal chez la femme est autre. Son surmoi ne sera jamais si inexorable, si impersonnel, si indépendant de ses origines affectives que ce que nous exigeons de l’homme. Ces traits de caractère que l’on a de tout temps critiqués et reprochés à la femme : le fait qu’elle fait preuve d’un moindre sentiment de la justice que l’homme, d’un penchant moindre à se soumettre aux grandes nécessités de l’existence, qu’elle se laisse plus souvent que lui guider dans ses décisions par ses sentiments de tendresse et d’hostilité, la modification de la formation du surmoi, dont nous venons de montrer d’où elle dérive, en est une raison suffisante. Nous ne nous laisserons pas détourner de telles conclusions par les arguments des féministes qui veulent nous imposer une parfaite égalité de position et d’appréciation des deux sexes ; mais nous accorderons volontiers que la plupart des hommes demeurent bien en deçà de l’idéal masculin et que tous les individus humains, par suite de leur hérédité croisée, possèdent à la fois des traits masculins et des traits féminins, si bien que le contenu des constructions théoriques de la masculinité pure et de la féminité pure reste incertain »17. Nous verrons que Melanie Klein adopte la position diamétralement opposée. Mais les femmes sont-elles vraiment à l’abri de l’angoisse de castration ? Bien sûr leurs organes génitaux cachés peuvent leurs donner l’impression d’échapper à ce risque. L’association vagin-anus leur procure plus souvent un dégoût qu’une fierté : ils sentent mauvais, ils suintent, etc. En revanche elles ont peur de perdre leur beauté, leurs cheveux, de grossir, de vieillir. L’atteinte des seins, lors d’un cancer par exemple ou par suite de l’allaitement, est vécue comme une castration ; ainsi que la ménopause et l’hystérectomie qui peuvent provoquer dépression et frigidité. Tandis que les garçons « roulent des mécaniques », les fillettes jouent à la poupée. L’identification à la mère, qui ne va pas sans un certain masochisme, les sauve en leur procurant un plaisir qu’elles investissent comme le but principal de leur vie. On a critiqué l’association du masochisme érogène avec le féminin. Bien sûr Freud parlait du masochisme féminin chez l’homme. Mais qu’en est-il du masochisme érogène de la femme pour laquelle le coït et l’accouchement, loin d’être « subis », sont source de jouissance et de gratifications narcissiques ? André Green répond que, chez la femme existe « …un masochisme de base qui ne serait pas le produit d’un retournement, mais la conséquence d’un traumatisme imaginaire. » Soit, mais ce masochisme, en particulier celui qui en fait une mère, nécessite un puissant investissement d’objet. L’enfant, il est vrai, est à la fois son œuvre vivante et une partie d’elle-même. La différence avec l’œuvre sublimée est justement l’investissement objectal plus que narcissique qu’elle implique. Il est vrai que le glissement vers un masochisme moral qui ferait préférer la souffrance à l’objet est fréquent sinon obligatoire comme nous le montrent toutes les « mater dolorosa ». Ce qu’André Green décrit comme une « déqualification objectale qui accompagne le masochisme féminin-masochisme moral [et] donne une prévalence au but, la souffrance, plutôt qu’à la recherche de l’objet nécessaire à l’accomplissement de ce but [ce qui] semble aller dans le sens d’une narcissisation de la souffrance »18. Désobjectalisation donc et repli narcissique qui accompagnent le masochisme « mortifère ». Les différences psychiques entre les hommes et les femmes dépendraient, selon Freud et là-dessus je ne peux que le suivre, des différences anatomiques qui orientent différemment leur évolution, « L’anatomie, c’est le destin » disait-il parodiant Napoléon. Ce que certains auteurs, Laplanche en particulier, donnant priorité au fantasme, ont contesté comme un « fourvoiement » biologique. Tel est le bilan forcément schématique de la sexualité féminine, selon Freud. Depuis, de nombreux psychanalystes, dont des femmes, se sont attelés à la question, la faisant évoluer sans la clore. H. Deutsch19, par exemple, associe : féminin – oralité, vagin – bouche, sein – pénis. Le vagin n’a aucun rôle érogène. Le clitoris ne joue un rôle qu’à la phase phallique. C’est l’enfant qui est l’instigateur de la sublimation chez la mère. La triade masochiste, par « soumission masochique au pénis », comprend : castration – viol – accouchement. Le vagin devient le réceptacle de l’enfant, le souhait de retour au sein maternel étant réalisé par identification à ce dernier. L’acmé du plaisir sexuel est atteinte lors de l’accouchement. On peut lui reprocher de ne pas faire la part des désirs érotiques féminins. Tout est sous la dépendance au pénis. Reste à préciser ce qu’est la « femme féminine ». Pour H. Deutsch, c’est celle qui « a réussi à établir la fonction maternelle du vagin et à abandonner les revendications du clitoris ». Pour d’autres c’est la femme érotique et séductrice, mais notons que la féminité prend souvent dans ce cas une connotation phallique. Freud corrige ce point de vue lorsqu’il affirme que le féminin pur et le masculin pur sont des mythes du fait de la bisexualité. Lacan va plus loin que Freud et élabore une thèse structurale partant du primat du phallus, pour aboutir à des considérations inattendues. Le père de la structure soutient l’existence du système signifiant dont la fonction est symbolique. Le vagin serait un morceau de réel, non marqué par le signifiant. « C’est ce que le discours analytique démontre, en ceci que, pour un de ces êtres comme sexués, pour l’homme en tant qu’il est pourvu de l’organe dit phallique – j’ai dit –, le sexe corporel, le sexe de la femme – j’ai dit de la femme, alors que, justement, il n’y a pas la femme, la femme n’est pas-toute, le sexe de la femme ne lui dit rien, si ce n’est par l’intermédiaire de la jouissance du corps »20. Dans la mouvance lacanienne, pour V.Granoff, une partie du sexuel féminin, tout le courant de l’instinct maternel, tomberait hors de la médiation phallique et de l’analyse : « Enceinte, elle [la femme] a ses évidences. Elle a « dedans » un corps étranger. C’est du « dehors », et qui sera dehors. Un dehors qui est dedans ».21 De nouveau ces points de vue choquent par leur théorisation abstraite qui élimine le féminin de l’organisation psychique pour en faire un domaine à part. Les femmes cependant ont souvent le sentiment d’être trop accrochées au réel, « au ras de pâquerettes » disait l’une de mes patientes, leur ventre dominant leur esprit. Pour mieux situer l’apport spécifique de Winnicott il est important de le cadrer en revenant sur les conceptions d’un certain nombre d’auteurs qui ont exprimé leurs opinions soit du vivant de Freud soit après sa mort. Le changement, amorcé par K. Abraham, a été repris par Karen Horney (1922-1955)22. L’enfant de sexe féminin est d’emblée femme ; c’est la crainte de l’effraction et des atteintes dont serait l’objet à l’intérieur du corps qui pousseraient la fillette à refouler la connaissance du vagin et à transférer ses pulsions vaginales sur le clitoris, organe externe et accessible. Quant à M. Klein (1928-32), elle va avancer des conceptions bien à elle centrées sur la prééminence du sein maternel. Elle ouvre ainsi une controverse entre Vienne et Londres sur la précocité de ce qui fait la spécificité de la femme. Pour elle, la fillette désire le pénis, sous l’action de désirs instinctuels féminins, sous l’empire de l’oralité, et non de l’analité. C’est la frustration orale engendrée par le mauvais sein qui lui fait désirer le pénis contenu par la mère. L’envie du pénis est à la fois secondaire à une frustration orale, et liée au désir d’un organe visible dont elle pourra constater l’intégrité lors des angoisses de castration qui n’épargnent pas les femmes. Le désir oral du pénis paternel devient le prototype du désir génital, vaginal. L’introjection du pénis paternel, objet œdipien, constituera le noyau du surmoi féminin. La fille sera plus soumise au père que le garçon et son surmoi, contrairement à l’opinion de Freud, sera plus sévère. Le masochisme féminin dérive du retournement du sadisme contre les mauvais objets intérieurs. M. Klein oppose le bon au mauvais, en lieu et place de l’opposition phallique – châtré ou « avoir » – « manque ». Son mérite est d’avoir renversé l’ordre phallique pour ériger un ordre maternel féminin23. À Melanie Klein se joindra Ernest Jones (1932)24, pour lequel la fillette est d’emblée féminine, « par nature », le clitoris est un organe féminin et non un pénis atrophié, le désir d’enfant est un désir féminin et non une compensation pour le manque de pénis. Bref, la femme n’est pas un homme manqué mais être différent. Plus près de nous, Janine Chasseguet-Smirgel 25continue dans la ligne de Freud. Pour elle, la mère et son sein sont investis entièrement négativement tandis que le père et son pénis sont idéalisés. Pour maintenir cette désintrication la fillette doit refouler ses pulsions agressives dans la relation au père. D’où « une culpabilité spécifiquement féminine dans la composante sadique-anale de la sexualité ». La sublimation dont parlait H. Deutsch serait plutôt une formation réactionnelle expliquant l’inhibition : « en ce qui concerne toute une série d’activités intellectuelles, professionnelles, créatrices, la culpabilité œdipienne de la femme, liée au dépassement de la mère, se double […] d’une culpabilité à l’égard du père […], le bon fonctionnement intellectuel est équivalent, dans l’inconscient, à la possession du pénis. Or cette possession signifie pour la femme qu’elle détient le pénis du père dont elle a ainsi dépossédé la mère – ce qui est conforme au schéma œdipien – mais dont elle a, de surcroît, châtré le père. De plus, l’utilisation adéquate de ce pénis signifie, pour l’inconscient, sa fécalisation et finalement la détention d’un pénis anal ». Joyce Mac Dougall26 exprime des vues personnelles qui font le lien entre Freud et Klein. Elle remarque que les garçons souffrent autant que les filles de l’envie du pénis du père. La pensée que son pénis est trop petit provoque chez l’homme les mêmes angoisses que celle de la fille « lorsqu’elle s’accroche inconsciemment au fantasme redoutable qu’elle est un garçon castré […] l’envie et l’admiration qu’éprouve le garçon pour le corps et la sexualité de la mère sont semblables à celle de la fille pour le pénis et les prouesses sexuelles de son père. » S’opposant à Lacan, elle distingue le symbole (phallus) de l’objet partiel (pénis) : « Le phallus n’est pas le symbole de l’organe sexuel masculin, mais celui de la fertilité, de la complémentarité et du désir érotique ». C’est que « …la monosexualité masculine ou féminine reste une blessure narcissique majeure. Atteindre la représentation symbolique de la complémentarité entre les deux sexes demande … de renoncer au plaisir enfantin d’être et d’avoir les deux sexes. » Peu à peu sous l’influence des vues contrastées de différents auteurs, une approche développementale a remplacé les oppositions d’ordre sexuel mises en place par Freud. Une tendance vers le féminin maternel se dessine : envie de la puissance de procréation des femmes, tandis que l’ « orgueil phallique » dissimule mal, dans son mépris des femmes, l’envie que suscite la jouissance féminine. Si l’on s’appuie sur une théorie mettant en avant le relation mère – enfant, la tentation de l’observation directe impose sa séduction. Mais on néglige alors le rôle des fantasmes inconscients et la présence, dans la pensée de la mère, du père amant et géniteur. Signalons qu’un concept de complémentarité entre pénis et vagin, hommes et femmes, se retrouve chez Mac Dougall et chez Bion. Nous avons tenu à faire le point de la question pour préciser d’où Winnicott est parti. Il est temps d’arriver à sa contribution. La contribution de Winnicott prend un chemin tout à fait original. Winnicott a imaginé une transmission, de la mère à l’enfant, de la « vitalité » dont il aura besoin pour vivre. Cette transmission, de nature quasi existentielle, a lieu avant la séparation, avant la constitution du moi, et donc d’un objet étranger. Ce qui est transmis est la faculté d’ « être ». Le « féminin pur »27, sans trace de masculin, ignore l’autre et, à plus forte raison la différence des sexes, il est féminin parce que la mère est femme. C’est de la transmission de l’essence de mère et de son omnipotence, non d’une mère réelle qu’il s’agit. On peut le rapprocher du narcissisme primaire, décrit par Freud en ces termes : « …le moi où s’accumule, dès le début, toute la part disponible de libido. C’est à cet état que nous donnons le nom de narcissisme primaire absolu. Il persiste jusqu’au moment où le moi commence à investir libidinalement ses représentations objectales » (28 Le féminin pur précède la libido dont Freud dit qu’elle est d’essence masculine. Pour Winnicott, il n’y a pas de pulsion avant la constitution du moi et, par féminin pur, il n’entend pas une entité d’ordre sexuel enracinée dans le pulsionnel. C’est la fusion avec le sein de la mère qui fonde le « féminin pur ». L’enfant, garçon ou fille, « est » le sein, avant de pouvoir le prendre. Il faudra qu’il le reconnaisse comme « autre », pour pouvoir le désirer et accéder au masculin dans les deux sexes. Le virage vers le masculin dépendrait, chez le bébé garçon, d’une rêverie de la mère qui reconnaîtrait le sexe de son fils alors que lui-même n’en a pas encore conscience. Ce lien primaire, primordial, à la mère permettrait l’acquisition d’une matrice psychique grâce à laquelle l’enfant serait ensuite en mesure de se séparer d’elle et de supporter la perte d’objet consécutive. On peut dire, pour suivre Winnicott, que le féminin pur survient à un moment où le narcissisme primaire est roi (un concept qu’il ignore) et où les pulsions ne sont pas encore dirigées vers un objet différencié extérieur. A ce stade d’omnipotence, sujet et objet ne font qu’un, d’où la notion d’objet subjectif. Pourvu que l’environnement soit « suffisamment bon », l’enfant peut créer une zone d’illusion qui le rendra capable de supporter la désillusion lorsqu’il sortira de l’omnipotence et comprendra que l’objet ne lui appartient pas (objet objectivement perçu). C’est alors qu’il devra acquérir le « masculin pur » afin de s’approprier ce qu’il n’a pas, par une action. Il sera contraint de « faire ». Ce masculin de Winnicott, est donc actif (« faire ») et susceptible de se renverser en passivité (« être fait »), pour les filles comme pour les garçons. Tandis que le féminin pur n’a rien à faire, il n’a qu’à être, pourvu que la mère réussisse à entretenir l’illusion de la fusion. Cet état d’omnipotence illusoire est ce que l’enfant masculin, qu’il soit fille ou garçon, enviera à sa mère censée le posséder. Si le féminin pur, par défaillance de la mère ou de son substitut, ne réussit pas à s’installer, l’enfant ne pourra pas acquérir cette base de sécurité qui lui permettra d’affronter la séparation. C’est seulement après la coupure de ce qu’André Green appelle « un cordon ombilical psychique », que l’élément masculin pourra se constituer. Le « masculin pur » serait donc secondaire. On peut imaginer que le garçon aura plus de difficultés à se constituer une identité sexuée séparée et qu’il gardera la cicatrice prête à se rouvrir de cet arrachement, tandis que la fille dont l’identité sexuelle, la même que celle de la mère, serait plus anciennement constituée, pourra toujours conserver la trace du premier lien. En revanche, elle devra changer d’objet de désir lors de l’Œdipe, alors que le garçon pourra revenir à un objet du même sexe que son premier amour. Pour Freud, la masculinité étant première, c’est la fille qui aurait du mal à y renoncer et aura plus de facilités pour la bisexualité. La discussion n’est pas close de savoir si le détachement est plus facile pour la fille ou pour le garçon. Qu’est-ce qui pousse l’enfant vers le sein, la bouche vers le mamelon ? Cette quête vient du dedans, elle est ancrée dans le corps. Pour Freud, les pulsions sont des forces qui « agissent à l’arrière-plan des besoins impérieux du ça et qui représentent dans le psychisme les exigences d’ordre somatique »29, pour Winnicott les pulsions sont secondaires à cette pression. Dans la Nature humaine, ouvrage posthume, écrit de 1954 à sa mort en 1971, et dont, malheureusement les articles n’ont pas été datés, Winnicott a fait une place importante aux pulsions : Freud « mit en relation […] l’importance de la pulsion et la signification de la sexualité infantile. Une théorie qui court-circuite ces questions est une théorie qui ne sert à rien. » Il assimile la pulsion à l’instinct animal : « l’exigence pulsionnelle est […] la même que chez l’animal »30, alors que Freud la définit comme un concept limite entre le psychisme et le somatique, liée à la notion de représentant. Décrivant l’évolution du prégénital au phallique puis au génital, il montre que l’enfant dispose de toutes les voies de l’excitation, y compris peut-être la génitale, « mais encore dépourvue de fantasmes génitaux ». Il n’y a pas encore de différence entre les sexes. Puis vient la phase phallique, dans les deux sexes avec la référence à l’organe génital masculin, son érection, sa sensibilisation périodique. L’état féminin est alors une affaire négative. Les chemins vont alors diverger. Ce fantasme est enrichi jusqu’à réapparaître à l’adolescence sous forme masculine ou féminine : pénétrer, être pénétré etc.31 Reprenant la théorisation de Lou Andreas Salomé, Winnicott conclut que « le côté féminin de la nature humaine sonne à la porte du prégénital ». Dans la phase phallique, la performance de l’enfant est fantasmatique c’est pourquoi elle concerne également le garçon dans la fille, alors que dans la phase génitale, l’enfant doit attendre « la possibilité de mettre le rêve en acte ». Pour cela il faut que son moi puisse se débrouiller avec une « impressionnante quantité de frustration »32. La peur de la castration par le père rival vient à point pour montrer au garçon un autre chemin que celui de l’agonie impuissante. Leur vulnérabilité phallique les protège donc d’angoisses de non existence plus graves. La divergence entre l’évolution de la fille et celle du garçon a donc deux racines : – Avant l’individuation, la fusion-identification avec la mère permet la constitution d’un féminin pur, sorte de paradis primitif où il suffit d’être mais qui fondera les bases d’une capacité ultérieure de mieux supporter la frustration et la perte. Si la mère a su laisser à l’enfant la possibilité de s’illusionner il pourra ensuite supporter la désillusion pour acquérir le masculin pur, sous tendu par la volonté de s’approprier l’objet du désir (le sein). L’accès à un masculin secondaire sur une base mal consolidée de « féminin pur » va donner un faux-semblant d’équilibre. – Les filles ne peuvent s’organiser que par rapport à ce qui leur manque (par rapport au négatif). Elles doivent donc se procurer à tout prix l’équivalent du pénis, investissement du corps entier, d’un amant ou d’un enfant. Leur intégrité en dépend. Ceci rend leur position plus précaire et leur narcissisme plus fragile. Elles sont plus dépendantes de leurs objets, alors que les garçons, rassurés par la présence de leur pénis, se sentent plus entiers. On voit qu’ici, les vues de Winnicott sont proches de celles de Freud. Winnicott fait remarquer qu’il n’y a pas de mot pour vagin dans la nurserie. Si les mères modernes en ont inventé plusieurs, ils n’ont pas encore de sens universel. Il reste un fait indépassable, le vagin et l’utérus ne se voient pas ; la place est à la représentation. Tant et si bien que certaines femmes, mères de famille, n’ont aucune représentation de leur « matrice », tandis que des femmes, après une hystérectomie, peuvent imaginer la posséder encore. Les garçons, soutient Winnicott, auraient une représentation du vagin, basée sur des désirs et des sensations orales et anales, mais aussi vaginales alors que l’organe leur fait défaut ! Cela me semble pour le moins énigmatique. Les filles seraient-elles gênées par l’existence du clitoris et des sensations qu’il leur procure, pour se représenter les sensations phalliques ? Rappelons que c’est ce que soutenait H. Deutsch, lorsqu’elle décrivait le clitoris « faisant barrage » à l’avènement du vagin à la phase phallique. Le clitoris, sans fonction reproductrice, donc inutile, serait un pénis pour rire (à la manière des seins des hommes pourrait-on dire). Il ne ferait que blesser leur narcissisme et ajouter à leur déception. Il est évident que Winnicott comme Freud et les autres psychanalystes ont du mal à trouver leur chemin entre d’une part la réalité de la bisexualité psychique, les identifications aux parents des deux sexes et, d’autre part, la nécessité d’assumer une identité sexuelle conforme à l’anatomie. Jusqu’où peut-on aller pour que le fantasme ne devienne pas inadapté et conduise à un déni de la réalité ? Il faut cependant remarquer que chez les êtres humains, les rôles sexuels ne sont pas toujours liés au sexe anatomique. Dans son livre Masculin/féminin, l’ethnologue Françoise Héritier montre comment chez les Inuit (une société d’Esquimaux au Canada), l’identité et le genre sont fonction du genre de l’âme-nom réincarnée33. Le débat reste ouvert s’il est plus facile pour les filles de réussir le féminin que pour les garçons, le masculin. On l’a dit, les hommes le croient. Les exemples cliniques ne semblent pas toujours le confirmer. Les femmes, comme les hommes, ont parfois tendance à « faire » plutôt qu’à « être ». Elles ont eu, comme eux, mais plus difficilement comme le montre la clinique, à se dégager de l’identification primaire à la mère. Est-il plus laborieux ensuite de se constituer une identité féminine secondaire ? Ce qui est certain c’est qu’il y a conflit entre le féminin – érotique et le maternel comme D. Braunschweig et M. Fain l’ont joliment résumé en appelant la « censure de l’amante » le désir qui pousse la mère à s’éloigner de l’enfant pour rejoindre l’amant34. Les femmes ont des échanges érotiques avec leur partenaire et leur enfant. Il n’est pas étonnant qu’elles soient tiraillées entre les deux. Le féminin doit intégrer cette conflictualité, tandis que pour les hommes, il n’y a pas de conflit entre le masculin et la paternité. Winnicott cependant a soutenu que l’expérience féminine n’exige qu’une structure mentale « minime », puisqu’elle s’appuie sur l’identification première à la mère. L’identité féminine serait plus économique et demanderait moins d’effort psychique que l’acquisition du masculin qui exige d’abord un dégagement. Pourtant, dans La nature humaine, Winnicott est obligé de constater que nombreux sont les écueils que les filles rencontrent pour l’acquisition de leur identité de femme adulte. Au stade du féminin pur, il n’y aurait pas de différence entre les sexes, sauf dans le regard de la mère, trahissant les fantasmes qui voient la fille comme semblable à elle (et loin d’être toute puissante), et le garçon comme possédant le sexe qu’elle envie et idéalise mais dont elle doit accepter l’altérité. Stoller (1975)35 discute l’affirmation de Freud que le garçon commence sa vie comme hétérosexuel. D’accord avec Winnicott, il insiste sur la fusion première avec la mère, « femme avec une identité sexuelle féminine », qu’il lui faudra surmonter. Il souligne l’importance du désir maternel pour le passage de son fils à une identité sexuée masculine : « Je ne pense pas, écrit-il, que le sentiment de ne faire qu’un avec la mère encourage un sentiment même primordial de masculinité au cours des premiers mois de la vie ; au contraire il doit être neutralisé. Il ne sera pour l’essentiel surmonté, à mesure que le moi se développe, que si la mère encourage le développement de la masculinité. Elle le fera en premier lieu parce qu’elle désire un fils masculin. Stoller, comme Winnicott, accorde toute son importance à l’influence de l’environnement. Un bébé seul n’existe pas, en tous cas il ne se développe pas, à la limite il ne survit pas. Pour aller plus loin, les cas des enfants de sexe ambigu et des transsexuels confirment que l’enfant, s’il naît avec un sexe anatomique défini, ne va acquérir son identité de genre qu’à la suite d’une longue élaboration. Le biologiste Jean-Didier Vincent confirme l’influence de la mère, dès les premiers instants, sur l’orientation sexuelle de l’enfant. Après Winnicott. Nous allons maintenant examiner les conceptions des auteurs modernes qui ont abordé le thème de la différence des sexes en tenant compte des apports de Winnicott. Pour A. Green36, le féminin pur occulterait une destructivité primordiale, née de la relation négative mère – enfant, que la mère essaye de faire taire et qui est liée par le masochisme érogène. Chez l’enfant-fille cette destructivité serait moins violente, peut-être par identification plus profonde à la mère. Green se démarque de l’hypothèse qu’il n’y a pas de différence avant le stade phallique entre les filles et les garçons. La répudiation du féminin serait, selon lui, plutôt un rejet du maternel découlant de la nécessité de se désengager de la mère vécue comme dangereuse pour la virilité du garçon et pour la féminité de la fille37. Pour Jean Laplanche, l’angoisse naîtrait lorsque le moi de l’enfant est débordé par l’attaque interne de son objet source (la mère) qui ne trouve plus à symboliser.38 Le traumatisme vient de la réactualisation après-coup de l’irruption de sexualité adulte dans une scène à laquelle l’enfant n’est pas préparé du fait de son immaturité (théorie de la séduction généralisée). J. André, à la suite de Laplanche, reprend l’idée d’Abraham d’une féminité primitive, qui serait refoulée par la suite. Le rapprochement de la féminité avec la situation de l’enfant « effracté » et passif, expliquerait le refus du féminin dans les deux sexes. L’angoisse féminine serait en rapport avec la destructivité plus qu’avec la perte d’objet. Pour Benno Rosenberg, l’angoisse signale la menace de déliaison qui risque de déchaîner la pulsion de destruction39. C’est à tort parfois, remarque Winnicott, que certains hommes envient les femmes croyant que chez elles l’élément féminin va de soi. Dans La nature humaine, il souligne le caractère secret de la sexualité féminine : « Le fonctionnement génital féminin véritable est caché, quand il n’est pas secret […] d’habitude le fantasme joue avec le recueillement en soi, le caché et le secret […] les représentations génitales trouvent leur expression la plus complète dans l’identification avec la mère [les rendant capables d’agir et de concevoir un enfant ».40 Nombre d’hommes se plaignent qu’elles sont énigmatiques, imprévisibles et qu’elles ont un « esprit tortueux ». Je suppose que l’envie des femmes, se portant sur le pénis « visible », est plus facile à concrétiser que celle des hommes, plus floue, plus anxiogène, reposant sur quelque chose d’irreprésentable et d’inquiétant qui sous-tend les fantasmes de sorcières : « …la nature de l’orgasme vaginal garde sa ténèbre inviolée », écrit Lacan41. Il associe la jouissance féminine à un rapport avec Dieu : « Cette jouissance qu’on éprouve et dont on ne sait rien, n’est-ce pas ce qui nous met sur la voie de l’ex-sistence ? Et pourquoi pas interpréter une face de l’Autre, la face de Dieu, comme supportée par la jouissance féminine ? »42. Freud, en revanche, liait le mystère féminin à l’importance de la bisexualité des femmes. L’acquisition du féminin étant postérieure à une phase phallique, celui-ci en garderait la trace et la nostalgie : « Partant de la préhistoire, je veux seulement souligner ici que l’épanouissement de la féminité reste exposé à la perturbation résultant des séquelles de la période masculine antérieure. Des régressions aux fixations de ces phases préœdipiennes ont lieu très fréquemment ; dans bon nombre d’existences il se produit une alternance répétée de périodes dans lesquelles la masculinité ou la féminité a pris le dessus. Une part de ce que nous, hommes, appelons « l’énigme de la femme » dérive peut‑être de cette expression de la bisexualité dans la vie féminine ».43. Lacan a radicalisé la théorie du primat du phallus énoncée par Freud. Il s’agit de phallus et non de pénis, c’est à dire d’une représentation symbolique de la puissance phallique. Cependant pour lui, au contraire de ce que souligne Mac Dougall, le phallus est lié au masculin, à la présence du pénis. La femme est incomplète, « pas toute », mais dotée d’un mystère qu’elle protège. Dans Encore, il harangue avec hargne les analystes femmes : « Nos collègues les dames analystes, sur la sexualité féminine elles ne nous disent […] pas tout ! Elles n’ont pas fait avancer d’un bout la question de la sexualité féminine. Il doit y avoir à ça une raison interne liée à la structure de l’appareil de la jouissance […] Il y a une jouissance à elles à cette elle qui n’existe pas et ne signifie rien. Il y a une jouissance à elle dont peut-être elle-même ne sait rien, sinon qu’elle l’éprouve – ça, elle le sait. Elle le sait, bien sûr, quand ça arrive […] depuis le temps qu’on les supplie, qu’on les supplie à genoux – je parlais la dernière fois des psychanalystes femmes – d’essayer de nous le dire, eh bien, motus ! On n’a jamais rien pu en tirer. Alors on l’appelle comme on peut, cette jouissance, vaginale… »44. Le moins qu’on puisse répondre est que devant un désir d’emprise si agressif, une telle rage d’avoir le dernier mot, les femmes ne peuvent rien faire d’autre que de se tenir à l’abri à l’écart de la compétition phallique. « Che mi fa ! » disait l’héroïne de la nouvelle de Maupassant, Les sours Rondoli. Les plaintes des hommes et des femmes sont donc à la fois semblables et différentes. Ils se plaignent tous deux d’un manque, la plus grande blessure narcissique étant le renoncement à l’un ou l’autre sexe. Mais l’angoisse de castration (la peur de la castration par le père rival), en indiquant un autre chemin que celui de l’agonie impuissante, structure les névroses masculines et concentre les inquiétudes masculines sur un organe visible et très investi, elle leur donne ainsi aux hommes un aspect de moindre vulnérabilité narcissique, alors que chez les femmes elle devient angoisse de perdre l’objet. On pourrait ajouter que l’angoisse de castration féminine anticipe un dommage touchant à la fois sa féminité, son amant et son enfant. Si bien qu’elle paraît plus dépendante des objets extérieurs, l’inquiétude naissant à chaque séparation. Est-elle moins narcissique que l’homme puisque l’amour est vital pour elle alors qu’il valorise surtout ses performances phalliques ? Ou, comme le pense Freud, plus narcissique puisque ses objets d’amour ne visent qu’à combler un déficit, que l’amant est « l’homme qu’elle aurait voulu être » et l’enfant mâle, celui qu’elle a créé ? Le masochisme féminin découle de cette situation où, les objets qui complètent la femme étant indépendants d’elle, elle doit prendre le risque de les perdre ou accepter une incomplétude sans espoir. Ce sont ses capacités d’identification au partenaire sexuel ou à l’enfant qui vont lui permettre de récupérer ce qui, sinon, est perdu pour elle définitivement, l’amour maternel. Il y a bien sûr des femmes « masculines » qui tentent la solution masculine, plus narcissique, censée les protéger des chagrins et malheurs féminins. Inutile de dire qu’elles risquent de rencontrer d’autres difficultés et de venir alors sur nos divans pleurer sur la vanité des succès obtenus, si elles les ont obtenus. Pour Catherine Parat, « le phallique n’est pas mâle, le phallique est narcissique »45. La satisfaction d’ordre phallique se trouverait dans le domaine des sublimations. Les sublimations, originaires d’identifications féminines mais aussi d’identifications viriles de la période anale et de la période de latence, constituent ce qu’elle désigne comme phallique féminin. Celles que les hommes désignent négativement comme « femmes phalliques » sont les femmes qui, « en imposant leur analité possessive, s’opposent à leur besoin de maintenir une valeur phallique (narcissique) à leur pénis » Florence Guignard46, dont la réflexion s’appuie à la fois sur Freud et sur Mélanie Klein, postule deux temps du féminin : le « maternel primaire », premier espace qui se dessine chez l’infans, à partir de la représentation de sa relation première au monde. Elle y introduit « la capacité de rêverie maternelle » dont Bion fait la condition de l’apparition de la vie psychique. le « féminin primaire » au cours duquel s’organisent les premières identifications féminines chez les enfants des deux sexes et qui se développe en relation avec la première triangulation. Le deuxième temps serait la combinatoire de la position dépressive et de l’Œdipe précoce (théorisés par M. Klein). Winnicott a également fait l’hypothèse que le fantasme de la mère qui reconnaît l’enfant dans son sexe, joue un rôle primordial pour la capacité future de l’enfant, en s’identifiant à cette rêverie maternelle, à prendre conscience de son identité sexuée. Nous avons vu que Stoller a une opinion approchante. M. Cournut-Janin47 fait aboutir le lien entre la mère et la mort d’une part, la fille/femme d’autre part, à la formation d’un noyau mélancolique que l’on voit apparaître au cours de certaines analyses. Le défi féminin pourrait, je crois, montrer là son revers de culpabilité. J. Schaeffer48 souligné la proximité de l’expérience de la jouissance féminine avec l’angoisse et donc avec le masochisme : « La défaite, dans tous les sens du mot, est la condition de la jouissance féminine. » Encore la référence au masochisme érogène qu’il faut bien intégrer pour blessant qu’il soit. J. Kristeva 49 insiste sur l’universalité de la référence phallique pour l’avènement du sujet, dans les deux sexes. Le pénis à la phase phallique est le bienvenu, le « point de rencontre entre le désir et le sens ». Le phallicisme succombera à la découverte de l’autre sexe pour donner naissance à la sexualité adulte. Le monisme phallique ne serait donc qu’une illusion infantile de la phase phallique. L’envie du pénis une fixation « phallacieuse ». Elle se réfère à Winnicott pour théoriser l’oedipe biface de la fille, biface parce que négatif ( désir pour la mère), puis positif, lorsqu’elle se tourne vers le père. Mais dès la phase phallique, des différences la séparent du garçon . Invisible ou presque, le clitoris dissocie le sujet femme du phallus. La déception de ne le percevoir qu’à peine et de sa dévaluation, installe, avec la dissociation sensible/signifiant, la croyance que l’ordre phallique est illusoire, indice de bisexualité, non d’un faux self. Au phallique illusoire, succède la passivation puis l’investissement maternel de l’enfant qui apparaît comme la seule « chose sérieuse » à côté d’un ordre phallique dérisoire. Bisexualité et maternité donc, au centre du devenir de la femme. Raquel Zak Goldstein50 aborde le passage de l’enfance à la maturité sexuelle et à la maternité qui fonde chez la femme son identité comme être humain sexué. La présence du père ne suffit pas à inhiber complètement les aspects persécutoires dérivés des images œdipiennes de la mère sorcière. Il s ‘ensuit une « tempête psychique » avec des fantasmes de viol qui découlent des fantasmes infantiles d’attaques contre le sein/corps maternel. Ces processus constituent le « carnal body », corps somatique, érogène, habité par le désir. La réalité psychique féminine, habitant son corps charnel, est proche de l’expérience de la temporalité et de la finitude. De nos jours, parité oblige, les femmes veulent un homme, des enfants, des gratifications phalliques faisant jouer à plein leur bisexualité. Elles en paient le prix avec la culpabilité, fières et épuisées, elle en arrivent quand même à des renoncements plus ou moins douloureux, mais au moins ce sont elles qui choisissent. Conclusion Winnicott a apporté des vues nouvelles sur l’avènement du féminin et du masculin. On lui a reproché d’avoir négligé le rôle des pulsions de vie et des pulsions de mort et leur ancrage dans le corps. Mais dans La nature humaine, il insiste sur le rôle prédominant des pulsions. À la fin de sa vie, Freud s’est trouvé devant une énigme non résolue : « un problème posé par un fait biologique, celui de l’existence des deux sexes »51 et de la bisexualité biologique. Pour Winnicott, le fantasme d’activité orale n’est pas forcément « érotique » au début. L’ambivalence serait due aux changements du moi plutôt qu’au développement du ça, lorsque l’enfant passe de « l’amour impitoyable » (ruthless love) au « souci » ( concern) de l’autre. Après le stade anal et uréthral qui dépendent des caractères bon ou mauvais des matières excrétées, vient le stade phallique qui intéresse le garçon et « le garçon » dans la fille. Le stade génital se développe ensuite sur le pré génital dont il gardera les traces. D’abord lié à l’érection chez le garçon et suscitant l’angoisse de castration en relation avec la mère aimée et le père rival, il tend vers des désirs de pénétration et de fécondation avec la représentation d’un « objet d’amour réel ». Nous avons vu que pour le garçon, l’angoisse de castration est un havre par rapport à des angoisses plus impensables, « disséquantes ». Les filles, en l’absence d’organe « castrable » et d’angoisse de castration, auraient un chemin précaire à parcourir qui « offre des chances d’un développement homosexuel ». Winnicott reconnaît là que, contrairement à ce qu’il soutient dans Jeux et réalité, « la place ne manque pas pour du malheur et de la détresse chez la fillette ». Il insiste sur l’aspect positif de l’envie du pénis et sur l’importance de sa complète reconnaissance dans les analyses de femmes pour le renforcement de leur relation avec l’homme de leur choix. Beaucoup de femmes de nos jours peinent à y arriver. Cependant écrit Winnicott et nous conclurons avec cette citation : « Il serait faux de penser qu’il ne s’agit de rien d’autre que d’une névrose culturelle. Une culture dans laquelle la petite fille est autorisée à connaître très tôt la fonction féminine n’est pas de ce fait nécessairement la meilleure amie de cette petite fille ». Nous ne sommes donc pas arrivés au port et les problèmes soulevés par la différence des sexes et « l’énigme » de la bisexualité continuent de nous faire penser, heureusement ! Mais la voie tracée par Freud continue d’éclairer notre chemin : c’est l’intégration de la bisexualité psychique qui, si difficile qu’elle soit, offre aux hommes comme aux femmes une issue pour des relations possibles. Conférences d’introduction à la psychanalyse de l’adulte février 2003 Notes [1] Cournut-Janin M. et Cournut J., « La castration et le féminin dans les deux sexes » in : Rev. Franç. Psychanal., tome 57, numéro spécial congrès, 1993, pp. 1335-1557. [2] « L’organisation sexuelle infantile », in La vie sexuelle, Puf, 1970, p. 116. [3] Freud S. (1938), Abrégé de psychanalyse, Puf, 1949, p. 65. [4] « Développement de la fonction sexuelle », in Abrégé de psychanalyse (1938), Puf, 1970. [5] Freud S. (1933), La Féminité, in : Nouvelles conférences d’introduction à la psychanalyse (1933), pp. 150-181. Gallimard, 1984. [6] Lettre à Freud du 3/12/1924, in : Œuvres complètes, tome II, Payot, 1966. [7] Abrégé de psychanalyse, p. 15. [8] La Féminité, op. cit., p. 176. [9] La Féminité, op. cit., p. 166. [10] La Féminité, op. cit., p.179. [11] Sur la sexualité féminine, op. cit., p. 141. [12] La Féminité, op. cit., p. 152-153. [13] « Analyse avec fin et analyse sans fin », in Résultats, idées, problèmes, tome II, Puf, 1985. [14] op.cit., pp. 177-178. [15] Abrégé de psychanalyse (1938). Puf, 1970, p. 9. [16] Green, A. (1972). Aggression, Femininity, Paranoia and Reality. Int. J. Psycho-Anal., 53 : 205-211. [17] Freud S. (1925), Différence anatomique entre les sexes, in : La vie sexuelle, pp. 131-132. [18] Op.cit., p. 147. [19] Deutsch H. (1945), La psychologie des femmes, Puf, 1959. [20] Lacan J., Séminaire 1972‑73, Encore, Paris, Seuil, 1975, p. 13. [21] Granoff V., La pensée au féminin, Minuit, 1976. [22] Horney K. (1967), La psychologie de la femme, Paris, Payot, 1969. [23] Klein M., Le retentissement des premières situations anxiogènes sur le développement sexuel de la fille, in : La Psychanalyse des enfants, 1932, Puf. [24] Jones E., Le stade phallique, in : Théorie et pratique de la psychanalyse, Payot, 1969. [25] Chasseguet-Smirgel J., « La culpabilité féminine » in : Recherches psychanalytiques nouvelles sur la sexualité féminine, Payot, 1964, p. 132. [26] Mac Dougall J., Éros aux mille visages, Paris, Gallimard, 1996, p. 28. [27] Winiccott, D. W., La Créativité et ses origines. Clivage des éléments masculins et féminins chez l’homme et chez la femme, in : Jeu et Réalité, Gallimard 1975, pp. 91-119. [28] Abrégé (1938), op. cit., p. 10. [29] Abrégé (1938), op.cit., p. 7. [30] Winnicott D. W. (1988), La Nature humaine, Gallimard, 1990, pp. 54, 58. [31] Op.cit., p. 59. [32] Op. cit., p. 62, 63. [33] Héritier Fr. (1996), Masculin/féminin, Odile Jacob. [34] Braunschweig D., Fain M. (1971), Éros et Antéros. Réflexions psychanalytiques sur la sexualité, Paris, Payot. [35] Stoller R. (1975), Angoisse de symbiose et développement érotique de la masculinité, in : La perversion, forme érotique de la haine, pp.140-165. Paris, Payot, 1978. [36] Green A. (1986), Féminité et masculinité, in Bulletin de la SPP, 9. [37] Green A. (1997), Les chaînes d’Éros, Paris, Odile Jacob, p. 54. [38] Laplanche J. (1987), Nouveaux fondements de la psychanalyse, Paris, Puf. [39] Rosenberg B. (1997), Le moi et son angoisse, Monographie de la Revue Française de Psychanalyse, Puf. [40] Op. cit. p. 65. [41] Lacan J. (1960), Propos directifs pour un congrès sur la sexualité féminine, in Psychanalyse 7, Paris, Puf, 1964, p. 5. [42] Encore, op. cit, p. 71. [43] La féminité, op. cit, p. 175. [44] Encore, op. cit., p.66-69. [45] Parat C. (1995), Le phallique féminin, Rev. franç. Psychanal. (59 (4) : 1239-1257. [46] Guignard Fl. (1997), Épître à l’objet, Puf. [47] Cournut-Janin M. (1998), Féminin et féminité, Puf (Épîtres). [48] Schaeffer J. (1997), Le refus du féminin, Puf (Épîtres). [49] Kristeva J. (1995), De l’étrangeté du phallus ou le féminin entre illusion et désillusion. In : Sens et non-sens de la révolte, Pouvoirs et limites de la psychanalyse, pp. 198-223, Paris, Fayard, 1996. [50] Goldstein R. Z. « Women’s Destinies », 39th IPAC, San Francisco, 1995. [51] « Un exemple de travail psychanalytique », Abrégé, op. cit.

…jacques halbronn Anthropologie. Dilemme: être une machine ou s'en servir d'une?

…jacques halbronn Anthropologie. Dilemme: être une machine ou s'en servir d'une? Selon nous, il vaut mieux faire appel à quelqu'un de programmé, dès la naissance, pour accomplir certaines tâches, certaines fonctionnalités plutot que de construire et.ou de recourir à quelque instrument. On se protégera d'autant mieux des machines que l'on prendra conscience de notre être machine et de celui de notre prochain. Wikipedia "L 'animal-machine est une thèse de la biologie selon laquelle le comportement des animaux est semblable aux mécanismes des machines. Comme les machines, les animaux seraient des assemblages de pièces et rouages, dénués de conscience ou de pensée. Cette conception mécaniste pour comprendre le corps vivant naît chez René Descartes au XVIIe siècle, et s'intègre dans une vision mécaniste du réel. Descartes reconnait néanmoins des différences entre machine et animal : l'animal est vivant et il a des sentiments. Ses implications éthiques et religieuses en font une théorie controversée. Dès sa publication, elle est combattue par des penseurs comme Pierre Gassendi et plus tard par des empiristes comme Étienne Bonnot de Condillac dans son Traité des animaux. Elle est toutefois largement influente dans d'autres courants. Au XVIIIe siècle, La Mettrie en propose une version radicalisée, où l'homme lui-même est assimilé à la machine (L'Homme Machine)." Nos travaux sur les "topiques sensorielles", sur le Moi et le Surmoi, peuvent tout à fait servir à la thèse de l'homme -machine autour de sensibilités spécifiques et de certitudes limitées à certains champs. Cela vaut également au niveau cyclique, ce qui correspond à la condition "adamique", sensible à la cyclicité, à la périodicité. Se dessinent ainsi trois catégories humaines qui, ensemble, font société : les femmes et les animaux (odorat, goût, Ich, vie privée, famille),les hommes ( vue, ouie, über Ich, sens du général, de la chose publique) et les adamiques, Sur humanité (cycle Zéro/45 de Saturne) Paradoxalement, plus on assume une certaine condition mécanique et moins on est à la merci des machines, lesquelles nous aliénent en nous coupant de nos fonctionnalités viscérales, congénitales, innées. Autrement dit, il convient de respecter optimalement, les "dons", les aptitudes de chacun car la non exploitation de celles-ci hypothéque le bon fonctionnement de la Cité (''cf l'épisode de Sodome, in Genése sur la proportion requise de " Justes"(Tsadiqim) Dans le Livre d'Osée, Dieu réprouve ce qui a été fabriqué de main d'homme alors qu'il faudrait se limiter à ce qui est en l'homme lui même! C'est bien là tout le probléme des idoles; Se servir de machines, d'objets, c'est nier ce que Dieu a mis en l'Homme! Actes des Apotres ch VII 48 Pourtant, le Très-Haut n’habite pas dans ce qui est fait de main d’homme, comme le dit le prophète : Osée 8 …5L'Eternel a rejeté ton veau, Samarie! Ma colère s'est enflammée contre eux. Jusques à quand refuseront-ils de se purifier? Il vient d'Israël, un ouvrier l'a fabriqué, Et ce n'est pas un Dieu; C'est pourquoi le veau de Samarie sera mis en pièces. Puisqu'ils ont semé du vent, ils moissonneront la tempête; Ils n'auront pas un épi de blé; Ce qui poussera ne donnera point de farine, Et s'il y en avait, des étrangers la dévoreraient. " Ce qui vient du Royaume d'Israël (ou de ce qui en subsiste) n'est pas "kasher", fabriquer un objet, c'est tenter de se substituer au Créateur. Mais notre vision mécaniste ne renvoie pas à la Nature première mais à une SurNature, ce qui correspond à une autre théologie, celle de l'Election. Force est de constater qu'hommes et femmes ne trouvent pas leur plaisir et leur bonheur de la meme façon, ce qui vient mettre en échec le principe d'égalité des sexes. Encore faudrait-il faire la part des invertis, ce qui risque fort de venir fausser le protocole d'observation. Il y a 50 ans, nous avions élaboré une typologie "(cf notre Astrologie Sensorielle, in Revue Cosmopolitan, décembre 197, p. 76) que nous n'avions pas encore, à l'époque, associée à la question du genre. Nous pensons que cela reléve de la Subconscience, de la physiologie congénitale et non de quelque modéle social imposé par l'éducation et la Société comme on voudrait nous le faire accroire. Selon nous, nos comportements relévent d'une finalité sensorielle d'ordre physiologique. Cela passe notamment par la bouche, chez la femme organe de la parole et plus largement de l'émission de bruits (cf l'enfant) et chez l'homme organe sexuel (baiser, cunilingus), soit les deux modes de contact, de communication. On s'intéressera ici aux préliminaires. Pour parler, il faut s'emplir d'informations -en lisant, en écoutant, que l'on pourra transmettre oralement et pour avoir envie de l'autre physiquement, il faudra d'abord observer les visages que l'on trouvera plus ou moins attirants, inspirants et notamment les narines.(nasophilie) Dans un cas comme dans l'autre, le médium importe plus que le message. Un homme regardera parler une femme qui lui plait et la fera parler, en lui posant toutes sortes de questions. Ce qui rend la cohabitation problématique entre les genres tient au fait que l'homme a besoin de silence pour sa vie intérieure car il ne saurait ^etre un simple réceptacle d'information comme la femme et la femme, quant à elle, ne supportera la présence d'un homme qu'à condition de ne pas ^etre indisposée par la saleté ou l'odeur. En fait, l'homme et la femme sont programmés pour détecter des dysfonctionnements; l'homme concernant le corps social, la femme concernant le corps physique, ce qui détermine des orientations socio-professionnelles bien distinctes., d'où des sources de conflits lors de cohabitations prolongées. JHB 08 05 26

vendredi 24 avril 2026

jacques halbronn Astrologie septénale. Le cycle de la (mal) chance(Aspects Zéro- Quarante -cinq degrés)

jacques halbronn Astrologie septénale. Le cycle de la (mal) chance(Aspects Zéro- Quarante -cinq degrés) L’aspect de 45° (semi-carré, octile) est négligé ou incompris par la tradition astrologique sur le web « Le semi-carré est l’aspect mineur de 45° (soit la moitié d’un carré qui en compte 90) de nature similaire au carré, mais plus faible. » On dira que le carré connecte équinoxe et solstice qui sont de nature contraire . Quant au semi-carré ou octile – puisqu’il résulte de la division du cercle en 8- quand cela concerne l’intervalle entre Saturne et les axes saisonniers, il génére une dissonnance majeure qui se produit en plein milieu d’un quadrant, au milieu d’un signe fixe ( taureau, lion, scorpion, verseau) Nos travaux ont mis en évidence que le semi-carré donne la « poisse » à ceux qui exercent un certain ascendant. La Roche Tarpéienne est proche du Capitole. Le semi- carré, c’est la Roche Tarpéienne selon l’adage: wikipedia: « La roche Tarpéienne (en latin : saxum Tarpeium ou rupes Tarpeia ou encore le neutre substantivé Tarpeium) est une crête rocheuse située à l’extrémité sud-ouest du Capitole, à Rome. Lieu d’exécution capitale pendant l’Antiquité, c’est de là qu’étaient précipités, jusqu’à la fin de la République romaine, les criminels et en particulier ceux qui se rendaient coupables de faux témoignage et de haute trahison. » Il faut comprendre que l’exaltation causée par le passage de Saturne sur les axes connait un temps d’arrêt au bout de 1260 jours et tout leader ou tout observateur de la vie politique devrait le savoir, ce qui éviterait les fâcheuses surprises. On peut parler d’une crise d’impuissance charismatique. Le leader qui se croyait infaillible, à qui personne ne saurait résister, risque fort de connaitre un temps mort qui le fera déchanter. Même si au bout de 1260 jours, son magnétisme reprendra le dessus quand Saturne se conjoindra avec le prochain axe, équinoxial ou solsticial. Cela dit, cela signifie que la moitié du temps du leader sera placée sous une épée de Damoclés. Sur le web » Denys, tyran de Syracuse, vivait dans un château cerné d’une fosse et sans cesse sous la surveillance de nombreux gardes. Denys, qui était toujours inquiet, se trouva des courtisans qui devaient le flatter et le rassurer. Parmi eux, Damoclès, roi des orfèvres, ne cessait de flatter son maître sur la chance qu’il avait d’être le tyran de Syracuse. Agacé, celui-ci lui proposa de prendre sa place le temps d’une journée. Au milieu du festin, Damoclès leva la tête et s’aperçut qu’une épée était suspendue au-dessus de lui, et n’était retenue que par un crin de cheval. C’est pourquoi depuis le XIXème siècle, on parle d’une « épée de Damoclès » pour décrire une situation particulièrement dangereuse ou pénible » L’octile, c’est le revers de la médaille, au bout de 3 ans et demi d’euphorie, de confiance extréme en soi chez le chef.. sur le web » L’expression « Le revers de la médaille » qui désigne le fait qu’une personne ou une chose cache généralement de gros défauts malgré un aspect fort agréable est ici illustré frontalement. » On dira qu’à partir du moment où Saturne s’éloignera de 45°; d’un demi quadrant, les choses risquent de mal tourner et que le leader risque de jouer de malchance, avec des situations qui tombent mal, malencontreusement. L’astrologie hindoue (avec ses Dasas) fournit des périodes d’une même durée mais elle se sert d’une temporalité fort différente de la nôtre: « Périodes de l’Astrologie Védique Je me demandais si quelqu’un ici avait des références à des endroits où je peux apprendre sur les périodes spécifiques de l’astrologie Vimshottari Dasha. Mon fils et moi sommes tous les deux dans notre Rahu-Rahu. Ce que j’ai trouvé, c’est que Rahu est la pire période (à part Kehu). D’autres endroits disent que cela pourrait être une bonne période, bien que difficile. Jusqu’à présent, cela a été difficile et j’aimerais savoir à quoi je dois m’attendre au cours des 18 prochaines années. J’aimerais savoir comment déterminer si cette période de Rahu sera bonne ou mauvaise pour mon fils et moi, ainsi que plus d’informations sur chaque période (Rahu-Jupiter, Rahu-Saturne, etc.). Aussi, comment cela se rapporterait-il à notre relation puisque nous traversons essentiellement les mêmes périodes en même temps. » Le thème natal n’a rien à voir avec notre Astrologie Septénale et nos travaux s’inscrivent dans l’Astrologie Mondiale incarnée par les chcfs qui impactent des cités, des communautés entières. La question de la chance et de la malchance est selon nous l’axe central pour l’astrologie de demain et ce thème ne peut laisser indifférent et réfléchir sur cette question conduit à interroger les ressources de l’astrologie. « A travers les interrogations d’Isaure, l’ouvrage aborde les thématiques de la chance et de la malchance. Elle découvre qu’il y a une différence importante entre la malchance sur laquelle elle n’a aucun contrôle et celle qu’elle aurait pu éviter » JHB 24 04 26