Mission des Juifs, du Messie: interrogations et enjeux
par Jacques Halbronn
Quelle est donc la mission des Juifs, à quoi servent ils? Le savent-ils eux mêmes? Qu’est ce qui prouve que Jésus était le Messie, en quoi son avénement a-t–l changé le cours de l’Humanité à part le fait que s’est instaurée une nouvelle religion prétendant se substituer à un judaisme qui aurait failli tout comme d’ailleurs Adam et Eve auraient failli (péché originel)? L’Humanité serait ainsi l’héritière de toutes sortes d’échecs. Or, pour nous, on ne parle d’échecs que par ignorance des véritables enjeux et des vraies échéances.
La question du « timing » nous préoccupe: quelle est l’opportunité de telles échéances et à quel moment, selon quels critères, est-on en mesure d’apprécier la réussite ou l’échec de telle ou telle mission?
En ce qui concerne les Juifs, qu’est ce qui autorise certaines religions à décider qu’ils ont failli à leur missionµ? On nous dit qu’ils n’ont pas su reconnaitre le Messie mais quelle était la mission du dit Messie. et en quoi sa non reconnaissance par les Juifs a-t-elle eu des conséquences dramatiques pour l’Humanité? Selon nous, cette mission concerne l’avenir de l’Humanité et notamment ce qui va se jouer assez prochainement. Le fait que les Juifs soient toujours présents au monde est signifiant de leur disponibilité si ce n’est qu’il ne nous semble pas que les Juifs eux -mêmes aient une claire conscience des enjeux et que l’on s’en tient à la question de la perpétuation des pratiques.
Nous sommes assez récalcitrants face à un discours qui se limite à dire que la mission du Messie (Jésus ou qui que ce soit d’autre) dépendait de sa reconnaissance ou que celle des Juifs de leur fidélité à leur dieu. Un tel discours nous semble révélateur d’une certaine vacuité de la pensée On nous parle des moyens et non de la fin. Et dès lors, de quel échec est-il question?
De même, quand on nous parle d’un péché originel, de quelle faute passé s’agit-il? Il nous semble que la réponse est bien plutôt dans le futur que dans le passé!
si, comme nous le pensons, les Juifs ont un rôle à jouer dans l’avenir quel sens y a–t-il à parler d’échec prématurément? Si le Messie a un rôle à jouer, en quoi cela consiste-t-il? Quand on nous parle d’apocalypse, en revanche, l’on s’accorde en général- chez les commentateurs( pour nous dire que cela concerne le futur!! Deux poids, deux mesures. Force en effet est de constater que les événements annoncés dans cet ouvrage n’ont pas encore eu lieu: Mais alors, ne faudrait-il pas se demander si le Messie est lui aussi à venir et que ce Jésus ne fait que réitèrer et non accomplir une prophétie et d’ailleurs, c’est bien ce qui se passe, puisque l’on ne cesse de nous répéter que le Messie avait été annoncé?
La vraie question qui se pose est celle-ci: que doit-on attendre du Messie en dehors du fait qu’il correspond à telle ou telle description qui n’épuise nullement ce qu’il est censé accomplir? On ne saurait se contenter d’une réponse du genre: Jésus correspond, ressemble à la description du Messie. On juge l’arbre à ses fruits. Il est plus facile d’imiter une apparence que d’être à la hauteur d’un événements surtout quand cet événement n’a pas lieu! Si l’on admet que l’Apocalypse n’a pas eu lieu comme annoncé, c’est bien que ce Messie n’en était pas un ou qu’au mieux il n’était qu’un prophéte pour un futur plus ou moins lointain, d’où d’ailleurs l’idée d’un Second Avénement qui est un aveu d’un échec synchronique. C’est bien là que se situe l’échec.
Maintenant, que les Juifs aient refusé une échéance qui n’en était pas une nous fait penser, toutes proportions gardées, au refus de la France de s’allier aux USA dans la seconde guerre du Golfe.
Cela dit, il conviendrait que l’on nous précise ce qui va se passer, de quel enjeu il s’agit qui donnerait sens au Messieà venir – et non à un Messie prématuré comme le fut Jésus- et à la présence juive.
Il nous semble que les temps actuels nous aident à nous faire une idée des périls qui attendent l’Humanité et donnent sens notamment au chapitre II de la Genése concerne la « faute d’Adam ».
C’est le Shabbat qui nous en donne la clef quand il nous met en garde contre les femmes et les machines en nous demandant de les exclure du moins durant le temps imparti. Le Shabbat engage les hommes à se passer de tout cet environnement que nous appelons pour notre part la « maisonnée » – la « maison » dont parle les Dix Commandements (conditions d’observance du Shabbat et convoitise des biens du prochain) Lors de’ l’Office du Shabbat, il est rappelé que cette pratique hebdmadaire est le « signe » (Oth en hébreu) de l’alliance (Brit) entre les Hébreux et leur Dieu, plus probablement que la circoncision laquelle renvoie également à l’alliance (Brit Mila)
Malheureusement, le Shabbat n’est pas vraiment respecté de nos jours et cela n’augura pas bien de l’avenir si on ne le rétablit pas dans sa pureté. La preuve en est que l’on y manie, le samedi matin, les rouleaux de la Torah, qui sont un objet extérieur à l’homme alors que le Shabbat nous met précisément en garde contre l’intrusion de tout objet. Le véritable esprit du Shabbat c’est la libération de tout ce qui prétend seconder, aider l’homme, Or, cette aide n’est-elle pas personnifiée par cette femme (Isha) que Dieu offre à l’homme (Ish) au chapitre II de la Genése? Mais qui est ce dieu tentateur sinon Satan ou un dieu sous l’influence de Satan? En ce sens, ce chapitre nous apparait comme prophétique à l’aune de notre temps, tant les femmes, de nos jours, sont intrusives dans leur revendication égalitaire. Autrement dit, ce que nous lisons dans la Bible (Ancien et Nouveau Testaments confondus) fait particulièrement sens pour notre temps.
En conclusion, on aura compris qu’il est bien prématuré de parler de l’échec d’une mission qui n’a pas encore rencontré son échéance pas plus que de la réussite d’une mission qui annonce un danger qui ne s’est pas encore présenté.
jhb
30 12 16