d’ignorer les étoiles fixes aura carrément mutilé l’astrologie. On ne peut en effet faire abstraction du lieu de l’écliptique où se forment certains aspects, comme l’avait bien compris Albumasar, au IXe siècle de notre ère, avec les conjonctions de Jupiter et de Saturne, dans les triplicités successives, liées aux 4 Eléments, lesquels constituent une classification des signes.
Mais l’erreur d’Albumasar aura été de se servir du zodiaque tropique et non des étoiles pour caler son système.Il distingue ainsi 4 périodes d’environ 200 ans, chacune correspondant à l’un des 4 Elémentrs, vu que les conjonctions sont espacées de 120° environ ce qui les fait retomber dans le même éléments d’une fois sur l’autre, jusqu’au glissement vers une autre « triplicité ».
Pour Barbault, bien qu’il ait longtemps privilégié un cycle bi-planétaire (comme Saturne-Neptune), à partir de 1967, il va panacher 5 cycles, (Jupiter, Saturne mais aussi Uranus, Neptune et Pluton, soit 3 planétes inconnues de l’Antiquité, ce qui selon nous n’est pas recevable.
En fait, selon nous la théorie des aspects ne fait sens que dans le cas d’une combinatoire entre un astre fixe et un astre mobile, ce qui évite des décalages sur l’écliptique de la conjonction, d’une fois sur l’autre.L’aspect est fait pour relier deux points, celui où se situe en permanence l’étoile et celui auquel parvient en un instant T la planéte. Ce qui fait que la question de la précession des équinoxes ne se pose pas puisque l’on ne se référe à aucun moment au point vernal et à ce qui en dérive.
.André Barbault oppose, dans son indice cyclique (cf annexe ci -dessous) les périodes où la « courbe » plonge, se creuse et celles où elle remonte. La plongée- la « chute » – de la courbe est fonction du nombre de conjonctions entre les 5 planétes sus nommées et la remontée à la dissolution des dites conjonctions, ce qui est un événement astronomique bien moins spectaculaire. On ne reviendra pas ici sur la légitimité d’un tel regroupement de planétes et l’on s’en tiendra à la validité de l’interprétation de la dialectique conjonction/opposition ou plus vaguement conjonction- dispersion des 5 planétes aux 4 coins du zodiaque, ce qui fait étrangement de l’opposition l’ aspect par excellence qui contribue à faire remonter la courbe. Or, il semble bien à lire et relire Barbault, que la raréfaction des conjonctions dont le corollaire est l’augmentation du nombre d’oppositions (180°) et pas seulement des trigones (120°) aurait plutôt un effet littéralement apaisant,- on est alors selon la courbe en « phase ascendante » c’est à dire garantissant une certaine forme de paix, de prospérite (Barbault parle d’accélération positive vers le haut du graphique face à une accélération négative, vers le bas).
On retiendra dans le texte ci-dessous le terme « effondrement » qu Barbault associe avec l’idée de conjonction quand celle-ci est démultipliée du fait des 5 facteurs planétaires qu’il met en jeu. Or, il nous semble assez évident que l’effondrement et nous préférerons pour notre part le terme « implosion » correspond à l’opposition et non à la conjonction, laquelle est en principe centripéte alors que l’opposition est centrifuge. D’ailleus, le second document atteste d’un certain consensus que ne respecte pas Barbault::
« L’Opposition est un Aspect majeur très puissant qui marque la dualité, la séparation, l’Individuation, le conflit, la lutte, l’antagonisme des énergies (parfois accompagnée de Dépression). » Barbault devait d’ailleurs être conscient d’un tel écart avec la « tradition » mais il a du penser que le jeu en valait la chandelle.
Pour nous, la conjonction permet de « contenir » et de canaliser les forces qui empécheraient l’union jusqu’au moment, où à l’instar d’un barrage, où elle n’y parvient plus, du fait d’une baisse de pression des énergies vouées à maintenir l’ordre des choses..
On nous objectera évidemment que Barbault entendait expliquer – à la suite de Gouchon- les deux grandes conflagrations mondiales survenus au cours d’un peu plus d’un demi-siècle, au moment où ill rédige son livre « Les astres et l’histoire » paru en 1967 mais apparemment déjà prêt depuis quelque temps.(dixit Yves Lenoble lors d’une interview non enregistrée, il y a quelques semaines, au salon Marjolaine 2016). Mais l’on sait aussi que la validation de la dite grille a fait probléme pour les décennies qui suivirent avec rien de comparable au niveau d’un troisiéme conflit mondiale, après la crise de Suez de 1956 et de Cuba de 1962, événements antérieurs à la parution du dit ouvrage…. Etrangement d’ailleurs, le point le plus haut de la courbe semble bien correspondre à la crise des missiles de 1962 soit à un moment de tension assez remarquable.(cf à ce sujet d’ailleurs la Crise mondiale de 1965 (Paris, Denoël) du même Barbault, paru au lendemain de la dite crise de Cuba, en 1963 et nous ne reviendrons pas ici sur l’échec prévisionnel reconnu par Barbault quant aux « prédictions » sur le rattrapage prochain alors de l’URSS par rapport aux USA et qui trouvait d’ailleurs quelque vraisemblance du temps du spoutnik, au début des années soixante…Période relativement euphorique dans le camp communiste que ces « Sixties » et sur laquelle Barbault avait imprudemment cru pouvoir parier pour valider ses travaux. Pour notre part, nous ne pouvons nous empêcher de penser que Barbault avait alors décidé de changer son fusil d’épaule, ce qui allait donner naissance à l’indice cyclique qui propose une toute nouvelle grille, laquelle renonce à toute forme de localisation géographique puisque Barbault semble penser que désormais nous aurions basculé dans une mondialisation des conflits et que le temps des conflits régionaux serait révolu. N’oublions pas que Barbault est très marqué par l’idée que des temps nouveaux sont advenus (découverte d’Uranus, de Neptune, de Pluton (1930 donc récemment découvert quand Barbault (né en 1921) entre en astrologie), voire Ere du Verseau), ce qui exigerait de nouveaux outils pour le XXe siècle et les suivants. Barbault entend alors présider à une mue du savoir astrologique.
On abordera à présent la prévision de Barbault pour 1989. Le fait que cette année majeure dans l’Histoire de l’Europe avait été avancée par lui 36 ans plus tôt l’oblige à en revenir à une astrologie de localisation qu’il avait pensé révolue et appartenir à un autre âge. Il s »agit du cycle Saturne-Neptune dont les conjonctions se refont tous les 36 ans et chaque fois en un lieu différent de l’écliptique, car Neptune n’est pas une étoile fixe.
Selon ce que nous avons exposé l’implosion du bloc communiste de l’Europe de l’Est (Pacte de Varsovie) ne saurait correspondre à une conjonction mais bien plutôt à une opposition, c’est à dire à un desserrement de la dite conjonction. On notera à ce propos que le trigone (120°) considéré comme un « bon » aspect semble a priori bien moins bénéfique que le sextile (60°), lequel reste encore assez proche de la conjonction alors que trigone tend à se rapprocher de l’opposition (180°) ! Mais apparemment, ce « détail » semble avoir échappé à la plupart des astrologues. Il eut donc été plus sage de ne pas affirmer que la dite conjonction Saturne-Neptune rendait compte de la destruction du Mur de Berlin et tutti quanti mais il est vrai que Barbault -fidéle tout de même à son indice cyclique- s’en tenanit à l’idée que la conjonction était un facteur de trouble bien plus que de rééquilibrage, comme nous le pensons, pour notre part.
Bien plus, selon notre propre dispositif, qui associe Saturne et les 4 étoiles fixes royales, en 1989, Saturne est en « disjonction » avec les dites étoiles, très loin de la conjonction, puisqu’il se trouve à la fin de décembre à 14° du signe tropique du capricorne, soir à distance respectable d’Antarès à 9° Sagittaire et de Fomalhaut à 0° Poissons. Cette configuration est assimilable à une opposition, puisqu’elle se situe dans le quart de l’écliptique, ce qui fait qu’il faut tout diviser par 4, soit un chiffre moyen de 45°. En phase de disjonction, il faut s’attendre en effet à ce que nous avons appelé des risques d’implosion et c’est bien ce qui se produisit à l’Est de l’Europe.
Rappelons la chronologie qui ne s’arrête nullement à 1989 et le mois de décembre 1991 est peut être encore plus saisissant que celui de 1989 :
- 8 décembre 91 : dix républiques soviétiques dont la Russie, la Biélorussie et l’Ukraine réunies à Minsk, déclarent que l’URSS n’existe plus.
- 25 décembre : Gorbatchev met fin à ses fonctions de président de l’URSS. À minuit, le drapeau rouge flottant en haut du Kremlin est descendu.
- 26 décembre : L’URSS est dissoute par le Soviet suprême, la RSFSR devient la Fédération de Russie. Elle hérite du siège de l’Union soviétique à l’ONU.
- 31 décembre : Fin des institutions et opérations soviétiques éventuellement encore en cours. (ref Wikipedia)
On a donc là deux grilles: une grille conjonctionnelle à la Barbault pour les années de dislocation du bloc communiste et une grille de séparation, de disjonction selon l’astrologie alpha oméga, assimilable à une opposition. Le drame de Barbault, rétrospectivement, c’est cette coincidence entre une vraie et une fausse explication qui coincident pour la même période et qui ont pu lui faire croire qu’il avait vu juste, qu’il avait tapé dans le mille! Cette pseudo-réussite aura entraîne Barbault dans les 25 années qui suivirent sur de fausses voies et c’est peut être cela le plus terrible. Il est de ces réussites qui sont maudites! Inversement, l’indice cyclique reposait sur une bonne idée, assez pionnière, à savoir la volonté de doter l’astrologie d’un outil d »une très grande économie avec la formation d’une seule et unique courbe ce qui annonce nos propres travaux. Mais le péché originel de Barbault reste bine le déni des étoiles fixes et l’attachement douteux aux planétes lentes transsaturniennes qui ne sauraient en aucune façon remplacer, en dépit de leur lenteur relative- les étoiles proprement dites, sans oublier la conviction profonde chez Barbault qu’il fallait tenir compre de toutes les planétes du systéme solaire, sans exception, ce qui conduira Jean-Pierre Nicola et son RET englobant 9 planétes (dont le soleil dans le groupe R, ce qui est pour le moins incongru plus la lune.qui n’est que notre satellite. Et puis, il y a cette gageure de croire que l’on puisse localiser l’impact d’une configuration..
Certes, on pourrait prolonger la réflexion : d’une part, quant à la mise en évidence de cette dialectique conjonction/implosion. Nous sommes actuellement en phase conjonctionnelle, avec Saturne à 17° sagittaire. On a vu, il y a quelques jours, les primaires de droite en France se prononcer massivement pour un leader, avec un ralliement des perdants au gagnant, notamment de la part de Sarkozy.. A gauche, on apprend ce soir que Hollande ne se représentera pas de façon à ne pas-il le reconnait lui-même- diviser la Gauche, ce qui correspond à une logique unitaire..Le mot d’ordre semble bien être en effet: ne pas diviser. On est là aux antipodes d’une phase disjonctionelle comme celles décrites plus haut et qui aura connu un autre temps fort en 2011, lors du « printemps arabe » lequel n’est pas sans analogie avec les événements de 89-91, dans une toute autre partie du monde..
Reste le point de départ de l’engagement de Barbault sur la voie de son indice cyclique, à savoir les Deux Guerres « mondiales ». Nous nous portons en faux quant à l’idée que nous vivrions astrologiquement et politiquement un autre temps, nous croyons au contraire que
rien n’est nouveau sous le Soleil (Ecclésiaste). Il n’est donc nullement nécessaire de recourir ç des astres inconnus de l’Antiquité ou de croire que nous serions entrés dans une mondialisation des conflits, ce qui placerait l’astrologue dans une posture apocalyptique de fin des temps assez morbide…Quand on analyse les deux « guerres mondiales, on note que pour la seconde, Saturne en mai 45, quand l’Allemagne était à genoux, à 7° cancer, soit en phase de disjonction, à l’opposition de la position que sera la sienne en 89-91, c’est à dire dans le cadre de notre systéme dans des situations absolument équivalentes.,On notera que le continent européen est en quelque sorte unifié pendant la plus grande part de la seconde Guerre, du fait du joug nazi alors que la Grande Guerre éclate dans un contexte exactement inverse en période de disjonction avec Saturne entrant en cancer, ce qui conduit à un écroulement de l’Europe.. Autrement dit deux guerres qui se seront déroulées très différemment l’une avec des combats acharnés et l’autre marquée par une domination allemande évidente.
JHB
01 12 2016
Annexe
André Barbault Pour une réhabilitation de l’astrologieExtrait:
» Si l’indice cyclique lui-même est un potentiel donné qui a son flux et son reflux, il a comme dérivée l’ampleur de son débit, la charge de son transport.
« Astrologue conseil » (Kevin Lagrange) a publié:dans « Les aspects »:
L’Opposition 180° : antagonisme et
objectivité
L’Opposition Astrologique, correspondances et interprétation :
- Nombre symbole : 2
- Degrés exact : 180°
- Orbe en thème natal : 10°
- Planète symbole : Saturne
- Signes symboliques : Capricorne – Verseau
- Maisons symboliques : Maison 10 – Maison 11
L’Opposition : antagonisme, objectivité et structuration
L’Opposition est un Aspect majeur très puissant qui marque la dualité, la séparation, l’Individuation, le conflit, la lutte, l’antagonisme des énergies (parfois accompagnée de Dépression). Elle fait face à la Conjonction en milieu de cycle.L’Opposition est un aspect de tension dynamique, elle scinde, elle produit un « avant/après », un clivage, un écartèlement psychologique qui oblige à l’action, c’est son pole « agressif ».
Mais l’Opposition représente aussi la complémentarité, les paires d’opposés (le Yin et le Yang), les contraires pouvant être combinés, intégrés et surmontés dans une union, dans cette optique les Aspects d’Opposition peuvent être positivement bien vécus, même « sublimés » dans leur déroulé, si on évite leurs pièges.
Il faut bien comprendre que l’Opposition est un passage obligatoire mais surtout nécessaire à tous processus cycliques, et décisif dans l’évolution psychologique et spirituelle. Elle symbolise « l’objectivité » par opposition à la subjectivité de la Conjonction.
Le principal piège de l’Opposition étant la confrontation qu’elle implique, le natif se confronte et bute sur la dualité (phase nerveuse de passivité, de réflexion et d’analyse, en Opposition appliquante), il reculera peut être, manquant d’expérience (retrouvant en amont une phase de Quinconce), mais y reviendra encore et encore tant que le natif n’intégrera pas cette énergie moteur (tension de l’Opposition exacte) pour la surpasser et poursuivre ce que demande le cycle (phase d’activité, puis de « lâcher prise » et même de renoncement, en Opposition séparative).
En astrologie psychologique, le sens de l’Opposition est à rapprocher systématiquement de la notion de projection. On peut s’identifier à un coté et voir le coté opposé comme extérieur à soi présent « chez les Autres ». Mais le conflit est bien actif à l’intérieur de soi sinon il n’y aurait pas de telles réactions dans cet aspect, un des cotés bride l’expression de l’autre.Le type d’Opposition influe grandement sur la plus ou moins grande facilité à surmonter cet obstacle : planètes impliquées, aspects en présence, dominantes du thème natal, seront autant d’éléments d’importance à prendre en compte pour déterminer la manière de vivre une Opposition. Un égo fort et un thème « dynamique » seront des atouts incontestables pour surmonter et sublimer toute Opposition.
La projection intervient ici pour permettre son expression, il vous semblera que les autres vous poussent à agir vers cette énergie ou que la fatalité du destin -en synchronicité- vous force à y faire face, à la subir de vos partenaires.
En fait, une grande part de ce combat se passe en vous, une part de votre personnalité refoulée inconsciente tente un « putsch » pour forcer l’émergence de cette énergie latente à la conscience. Les causes du refoulement peuvent être multiples mais elles impliquent souvent la présence d’un Surmoi très dominant (Saturne, pas nécessairement présent dans l’Opposition mais très valorisé dans le Thème natal).
L’Opposition est un aspect fréquent en thème natal, et omniprésent dans les transits. Bien comprendre son mécanisme est capital dans le processus de développement individuel et d’évolution. Sa bonne compréhension évite les erreurs répétitives, surtout les reproductions répétitives de mêmes schémas psychologiques en boucle à l’infini, cas très fréquents malheureusement…
Je finirai en donnant une citation sur l’Opposition de Dane Rudhyar dans son livre « Les aspects astrologiques – Une Approche Basée Sur Le Processus » (un livre incontournable de réflexion sur les cycles) :
« L’Opposition dans le thème natal définit un ensemble particulier d’activités fonctionnelles (les Planètes), de domaines de vie (les Maisons) et de modes d’opération (les Signes) dans lesquels la personne est mise en demeure de se repolariser. »
Conseil pour vivre l’Opposition :
Il faut prendre conscience de l’Opposition manifestée, la prise de conscience est le premier pas préalable nécessaire avant son intégration. L’intégration signifie acceptation et résilience, puis positiver l’aspect et poursuivre la création de la personnalité.Un travail conscient sur l’énergie éventuellement refoulée est indispensable dans le processus d’Individuation; des Techniques de Visualisation peuvent être utilisées.
Bibliothèque astrologique
- « Les aspects astrologiques – Une approche basée sur le processus« de Dane Rudhyar et Leila Rael
- « Nouvelle approche des aspects astrologiques – Théorie et pratique« de Pierre Delmas
- « Le livre des aspects astrologiques« de Hades