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vendredi 19 novembre 2021
Jacques Halbronn Son commentaire anthropologique sur le Ezer Kenegdo (Genése II)
Jacques Halbronn Son commentaire anthropologique sur le Ezer Kenegdo. Genése II
A deux reprises, la formule Ezer Kenegdo apparait. Au verset et au verset 20: je lui ferai une Ezer Kenegdo et ‘quant à Adam, il ne trouva pas d’Ezer Kenegdo » Notons que « negdo » renvoie au masculin (avec le marqueur « o »).
יח וַיֹּאמֶר יְהוָה אֱלֹהִים, לֹא-טוֹב הֱיוֹת הָאָדָם לְבַדּוֹ; אֶעֱשֶׂה-לּוֹ עֵזֶר, כְּנֶגְדּוֹ. 18 L’Éternel-Dieu dit: « Il n’est pas bon que l’homme soit isolé; je lui ferai une aide digne de lui. »
יט וַיִּצֶר יְהוָה אֱלֹהִים מִן-הָאֲדָמָה, כָּל-חַיַּת הַשָּׂדֶה וְאֵת כָּל-עוֹף הַשָּׁמַיִם, וַיָּבֵא אֶל-הָאָדָם, לִרְאוֹת מַה-יִּקְרָא-לוֹ; וְכֹל אֲשֶׁר יִקְרָא-לוֹ הָאָדָם נֶפֶשׁ חַיָּה, הוּא שְׁמוֹ. 19 L’Éternel-Dieu avait formé de matière terrestre tous les animaux des champs et tous les oiseaux du ciel. Il les amena devant l’homme pour qu’il avisât à les nommer; et telle chaque espèce animée serait nommée par l’homme, tel serait son nom.
כ וַיִּקְרָא הָאָדָם שֵׁמוֹת, לְכָל-הַבְּהֵמָה וּלְעוֹף הַשָּׁמַיִם, וּלְכֹל, חַיַּת הַשָּׂדֶה; וּלְאָדָם, לֹא-מָצָא עֵזֶר כְּנֶגְדּוֹ. 20 L’homme imposa des noms à tous les animaux qui paissent, aux oiseaux du ciel, à toutes les bêtes sauvages; mais pour lui-même, il ne trouva pas de compagne qui lui fût assortie.
Notre lecture sera la suivante. Dans le régne animal, c’est l’homme qui « aide » la femme à faire un enfant; Or, ici, la question est inversée: en quoi la femme peut-elle ‘aider » l’homme à mener à bien une certaine tâche? On notera que ces versets 18-20 englobent une référence aux animaux (Behéma). Ce qui vaut pour les animaux, les oiseaux, les bêtes sauvages ne satisfait pas l’homme qui doit trouver un tell arrangement boiteux.
Jusqu’à présent, il semble que l’on n’avait pas pris la vraie mesure de l’enjeu car l’on n’avait pas compris que c’était l’homme qui avait ce statut d’Ezer, quand il s’agit de procréation puisqu’il en est réduit à amorcer un processus conduit par la femme, dans la femme, jusqu’au bout. Comment, donc, rééquilibrer un tel rapport? Comment la femme pourrait-elle, à son tour, aider l’homme dans sa mission et quelle est donc celle-ci?
Nous dirons qu’il nous faut passer, comme le formule joliment Antoinette Fouque, de la génitalité à la génialité, de la procréation à la création. Ainsi la femme aurait-elle pour mission d’aider l’homme à prendre pleinement conscience de ses facultés créatrices, ce qui n’est pas demandé aux autres mâles, ce qui nous fait basculer dans le champ de la Surnature, c’est à dire d’un ajout à la Nature. La femme se voit donc, dans la cadre de la dite Surnature, enjoindre de féconder le mâle., ce qui, en effet, permet un rééquilibrage.
Il ne s’agirait donc pas d’accomplir stricto sensu les mêmes tâches, quel que soit le sexe, mais d’atteindre à un certain équilibre, à un » fair play » (fair venant du français paire, pareil).
JHB 19. 11. 21