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vendredi 22 août 2025

jacques halbronn Corpus sentimental -1966-2016 Ruptures et réconciliations

Jacques Halbronn 8, rue de la Povidence 75013 Paris 06 6075 52 48 halbronn@yahoo.fr jacques halbronn Corpus sentimental -1966-2016 Ruptures et réconciliations Avant- propos En ce qui concerne le recherche dans ce domaine, il nous semble bien préférable de travailler sur des journaux ou/et des correspondances que de se fier à la seule mémoire de l'intéressé-e. En tout état de cause, rien ne vaudra la confrontation entre deux écrits, celui de l'astrologue et celui, étalé dans le temps, du consultant. Au vrai, les scénarios sont assez comparables d'un cas à un autre. Nous prendrons notre propre exemple pour illustrer notre propos. Mais comme on a dit plus haut, rien ne vaut l'existence d'un corpus matériel objectif, préétabli, de journaux et de correspondances, d'où la nécessité pour les personnes ainsi suivies astrologiquement de rassembler un maximum de documents pouvant faire foi. Cela dit, vue la simplicité de notre formule du fait que chaque période dure 7 ans, il n'est pas nécessaire de disposer d'une chronologie très pointue en raison de la durée impartie. Nous sommes là en face d'un phénomène synchronique remarquable. Il ne s'agit plus ici de relier ce qui se passe en bas avec ce qui se passe en haut mais bien de s'en tenir, pour l'essentiel, à ce qui se présente en bas, d'une époque à l'autre. Cela exige, évidemment, de la part de l'astrologue ordinaire de devoir renoncer à mobiliser toutes les planètes du système solaire, se retrouvant à la foi dans le thème natal et par le biais des transits. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple? On aura compris que cette synchronie génère une même dynamique puissante à tous les niveaux et que la somme des vécus solsticiaux constitue et compose un phénomène marquant de convergence sociale, de consensus. Ce sont les revirements dans un sens ou dans un autre vécus dans un même temps, Le passage d’une phase à une autre peut tout à fait générer des ruptures, des relations qui avortent. L’autre n’est plus celui ou celle que l’on croyait, il a d’autres attentes, d’autres énergies et les retrouvailles entre un homme et une femme risquent d’être fondées sur un malentendu : l’autre n’est plus reconnu, il a changé, il faudra éventuellement- pour s’y retrouver- attendre qu’il revienne à la phase au cours de laquelle on avait fait sa connaissance. Notre corpus est constitué d’archives personnelles s’étalant sur plus d’un demi-siècle, constituées d’une correspondance avec des femmes ainsi que d’éléments d’un journal intime. relatifs à ce même domaine. Il s’agit d’un genre littéraire qui repose sur un vécu – la vie est un roman -et sur une mémoire s’inscrivant elle-même dans le temps. Tout y est marqué par l'immédiateté du ressenti et échappe au réchauffé. Rappelons les Fragments d’un Discours amoureux de Roland Barthes ou l’œuvre de Marcel Proust, notamment Un Amour de Swann, sans oublier la récente parution concernant la vie affective de François Mitterrand (entre 1962 et 1995) ou encore le journal (Tagebücher) de Kafka, obsédé par l’idée de mariage.( Journaux, lettres à sa famille et à ses amis, traduits par Marthe Robert, Claude David et Jean-Pierre Danès, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1984). On pense aussi au Gatsby de Scott Fitzgerald. Enfin, l’idée que nous nous sommes faits de la question juive aura pu sensiblement évoluer et il convient ici de se situer dans une démarche diachronique et d’éviter de prendre l’ensemble comme un tout intemporel synchronique, ce qui va l'encontre d'une dynamique cyclique digne de ce nom. Il s’agit au fond d’une expérience pilote de traitement d’un corpus étalé sur plusieurs décennies et qui pourrait susciter des émules. En tout état de cause, il s’agit d’une tentative de validation d’une approche proprement astrologique à partir d'un document dont la précision chronologique est l'interface nécessaire par excellence. L'astrologie que nous entendons ainsi valider implique l'existence d'un vécu collectif, d'un esprit du temps (Zeitgeist) partagé, où ce que nous éprouvons fait écho , trouve son répondant chez l'autre. Au fond, on assiste à la naissance d’une sorte de Don Juan, de Casanova, confronté avec la « femme (fatale) de sa vie », celle qui le poursuivra, le troublera, pendant plus de 30 ans, au milieu, au travers de ses conquétes successives – si tous les noms ont été changés, les textes sont tous d’époque, sans retouche rétroactive. Comme dit le personnage incarné par Jean-Claude Brialy, dans le Genou de Claire, film d'Eric Roehmer, être amoureux d'une femme donne des droits . En effet, aimer une femme, c'est en trouver la clef et révéler à chaque femme ce qui fait son charme. on verra que ma vie sentimentale conditionné ma vie de leader et que lorsque mon magnétisme auprès des femmes n'a plus été en mesure d' opérer, il en aura été de même quant à mes envies de rassembleur. Ce corpus est à l'évidence scandé par une dynamique cyclique de ruptures, de rencontres, de réconciliations. Il convient de rompre au bon moment et non à contre-temps.. En ce qui concerne le recherche dans ce domaine, il nous semble bien préférable de travailler sur des journaux ou/et des correspondances que de se fier à la seule mémoire de l'intéressé-e. En tout état de cause, rien ne vaudra la confrontation entre deux écrits, celui de l'astrologue et celui, étalé dans le temps, du consultant. Au vrai, les scénarios sont assez comparables d'un cas à un autre. Nous prendrons notre propre exemple pour illustrer notre propos. Mais comme on a dit plus haut, rien ne vaut l'existence d'un corpus matériel objectif, préétabli, de journaux et de correspondances, d'où la nécessité pour les personnes ainsi suivies astrologiquement de rassembler un maximum de documents pouvant faire foi. Cela dit, vue la simplicité de notre formule du fait que chaque période dure 7 ans, il n'est pas nécessaire de disposer d'une chronologie très pointue en raison de la durée impartie. Nous sommes là en face d'un phénomène synchronique remarquable. Il ne s'agit plus ici de relier ce qui se passe en bas avec ce qui se passe en haut mais bien de s'en tenir, pour l'essentiel, à ce qui se présente en bas, d'une époque à l'autre. Cela exige, évidemment, de la part de l'astrologue ordinaire de devoir renoncer à mobiliser toutes les planètes du système solaire, se retrouvant à la foi dans le thème natal et par le biais des transits. Pourquoi faire compliqué quand on peut faire simple? On aura compris que cette synchronie génère une même dynamique puissante à tous les niveaux et que la somme des vécus solsticiaux constitue et compose un phénomène marquant de convergence sociale, de consensus. Ce sont les revirements dans un sens ou dans un autre vécus dans un même temps, Le passage d’une phase à une autre peut tout à fait générer des ruptures, des relations qui avortent. L’autre n’est plus celui ou celle que l’on croyait, il a d’autres attentes, d’autres énergies et les retrouvailles entre un homme et une femme risquent d’être fondées sur un malentendu : l’autre n’est plus reconnu, il a changé, il faudra éventuellement- pour s’y retrouver- attendre qu’il revienne à la phase au cours de laquelle on avait fait sa connaissance. LE DEAPYSEMENT Le tropisme du dépaysement est ce qui nous conduit à explorer des contrées étrangères, à nous y immerger, à nous laisser envahir par ce qui nous est étranger, quitte ensuite à passer par un processus de rejet.. Au fond, le sentiment de viol serait l »état normal et il faudrait s'intéresser plutôt au déni du viol, du refus de reconnaître que l'on a été violé, que l'on s'est laissé violer. L'acceptation du viol serait en fait l'exception. Ces « Chroniques intrusives »– ce qui alimente périodiquement un certain enchantement/désenchantement- qui s'étalent sur un demi-siècle, concernent deux mondes, deux expériences qui auront conduit le narrateur à s'égarer, à sortir du « droit chemin », à pratiquer l'école buissonnière... L'auteur est par ailleurs spécialiste de certaines formes de cyclologie et ce « journal » lui sert également, le cas échéant, de corpus sur lequel il peut être tenté d'appliquer certains modèles. Le dépaysement renvoie et évoque toute forme de recherche ou d'immersion dans un monde étranger,soit une expérience dont nous aurions pu nous dispenser , que l'on peut certes toujours qualifier d'enrichissante mais qui est vouée à rester en marge, en parallèle avec le monde qui nous est réellement propre. Pourquoi, à certains moments, nous « lançons » nous dans une aventure de dépaysement nous conduisant dans un autre monde , quels sont les risques que nous prenons, ce faisant plus ou moins d'ailleurs en connaissance de cause ? En fait, l'étrangeté de ces mondes se présente en deux temps : celle de notre imaginaire et, ensuite, celle de la réalité de la rencontre. Ce dépaysement -c'est à dire le fait de sortir de notre « pays » d'origine – nous construit-il ou nous détruit-il, n’est-il pas de toute façon une forme d'aliénation, de dispersion, c'est à dire d'attirance, de fascination pour l'autre, l'ailleurs perçu, à tort ou à raison, comme une (la) solution à nos « problèmes » ? La vie est-elle un roman qui s’écrit au jour le jour et n’est-il pas temps de dénoncer ces reconstitutions factices faites après coup qui sont devenues le nec plus ultra des « romanciers » ? Autrement dit, la réalité prendrait ici sa revanche sur la fiction laquelle, comme on dit, dépasse parfois la dite réalité. On renoue ainsi avec l’art du journal intime et avec celui des correspondances authentiques. Nous disposerons deux volets : l 'un consacré à la fascination qu’exerça au cours des années soixante le fait israélien, «c’est à dire le retour à la « Terre Promise », fascination qui sera suivie sinon d’un rejet du moins d’un désengagement, d’un désamour, l’autre consacré à un autre mode de fascination, cette fois pour « la » Femme et les promesses qu’elle suscite -la fiancée est une « promise » et là encore la problématique d’un certain désamour fait suite à un enthousiasme archétypal. Le mot « déclaration » est intéressant : on peut parler d’une déclaration d’amour mais aussi d’une Déclaration des Droits de l’Homme ou d’une Déclaration de guerre. Il est possible de composer un Hymne à un peuple, à une idée (à la Joie) -comme à une femme. On peut aussi parler d’une alliance entre un peuple et son dieu tout comme de la formation d’un couple entre un homme et une femme. Le Cantique des Cantiques, qui est un chant d’amour de la part d’un homme est lu par les Juifs comme l’expression de l’amour d’Israël pour son dieu, qui l’a choisi parmi tous les autres peuples. .Nous avons choisi- à de rares exceptions près, de ne publier que nos propres textes pour rester dans l'optique d’une œuvre littéraire dont nous assumons pleinement la paternité. Nos correspondants ne feront donc que se refléter dans nos propres écrits. En ce sens, cet ouvrage pourrait constituer une sorte de manifeste en vue d’une nouvelle idée de la littérature selon laquelle, le vrai romancier est celui qui fait de sa vie un roman et qui se contente de noter ce qu’il vit sur le moment, ce qui implique une approche dans la longue durée. Cette quête s’apparente à celle de la pierre philosophale. Existe—t-il une clef pour appréhender notre rapport au monde et singulièrement l’évolution des relations entre hommes et femmes. Au cours d’une cinquantaine d’années d’expérience en ce domaine- ce que couvre en gros le présent ouvrage- parviendrons-nous à formaliser un « modèle » qui rende compte, peu ou prou, d’une certaine forme de cyclicité, existe-t-il des phases, des récurrences et est-ce que cela tient plus au psychisme des femmes qu’à celui des femmes On soulignera le fait que 1967 marque à la fois le renouveau de notre relation à l’hébreu -amorcée lors de la préparation à la « bar mitswa », en notre treizième année, mais aussi notre initiation au « langage des astres ». Sur le volet « la terre promise » Il s’agit de notre rapport avec Israël, terre promise s’il en est, marqué notamment par la Guerre des Six Jours et un commencement d’Alya, correspondant à la « loi du retour ». Volonté d’immersion dans une nouvelle langue vouée à se substituer à la maternelle. Nous avons ici rassemblé d’une part divers textes « théoriques », à partir de 1966, nous venions alors de fêter nos 18 ans, qui ponctuent notre excitation croissante envers un tel projet et de l’autre une correspondance entretenue avec notre sœur cadette ainsi qu’avec notre mère- accessoirement notre père- au cours de notre séjour en Israël qui s’interrompit à l’Été 1969. Cette première période ignore à peu près totalement la question de la femme et elle campe un jeune homme qui ne connaît rien de son corps. Avec le retour en France, un nouvel horizon apparaît qui reste liée à la notion de promesse mais qui revêt une autre forme, celle du territoire de la femme à investir sinon à conquérir. Les textes du premier volet sont restés à la différence de ceux du second inédits en ce sens qu’ils n’ont pas eu de destinataire, sinon quelque éditeur. Une exception toutefois, avec le Manifeste du Mouvement international pour l’épanouissement du peuple juif que nous avions artisanalement ronéoté et donc assez largement diffusé s à l’époque. Ce premier volet comme d’ailleurs le second, s’achève sur un certain désenchantement et d’une certaine façon, le second volet prend le relais du premier en nous engageant dans un nouvelle quête d’une chimérique Toison d’Or. Passage d’un amour du peuple élu auquel l’auteur est censé appartenir, à celui du monde féminin, qui lui est au départ foncièrement étranger. Sur le volet « La femme promise » Ces textes n'épuisent certes pas notre histoire sentimentale. Il aura fallu des circonstances bien particulières pour qu'il y ait échange de lettres à commencer par l'éloignement géographique. Nous avons complété notre corpus en puisant dans notre collection de journaux intimes manuscrits. Vivre ensemble, au quotidien, ne saurait évidemment susciter une activité épistolaire importante si ce n'est sous la forme de la tenue d'un journal intime. Quand on vit aux côtés de l’être aimé, est-il besoin, en effet, de lui écrire voire d’écrire à son sujet, ce qui exigerait quelque prise de distance ? Paradoxalement, c’est quand il y a une certaine plénitude que le besoin d’écrire se ferait le moins sentir, à moins de considérer que la déclaration d’amour, voire sa déploration ne constituent un temps fort de la relation. Cette fois, le temps n’est plus court mais long/. Cependant, l’on sait à quel point, depuis quelque temps, les personnes qui vivent en couple communiquent par mail, par texto, l’écrit n’est plus le signe d’un éloignement plus ou moins prolongé mais d’une cyclicité très brève qui ne dure que le temps d’une journée. Ainsi, les dernières années de notre parcours seront-elles marquées par cette nouvelle forme épistolaire et nous seront conduits à en restituer les échanges. Ce second volet se termine par un certain désenchantement, au plein sens du terme, au prisme d’une prise de conscience de l’existence d’une cyclicité féminine qui apporte un nouvel éclairage aux enjeux de couple. Mais à l’issue de cette odyssée parmi les sirènes, la notion de « peuple élu » refait son apparition : est- ce que les femmes ne seraient pas le véritable « peuple élu », celui de l’alliance des hommes avec les dieux, ne sont-elles pas finalement à l’image de l’androgyne des premières pages du Livre de la Genèse des êtres radicalement différents des hommes, obéissant à d’autres repaires, à d’autres critères La vie est-elle un roman qui s’écrit au jour le jour et n’est-il pas temps de dénoncer ces reconstitutions factices faites après coup qui sont devenues le nec plus ultra des « romanciers » ? Autrement dit, la réalité prendrait ici sa revanche sur la fiction laquelle, comme on dit, dépasse parfois la dite réalité. On renoue ainsi avec l’art du journal intime et avec celui des correspondances authentiques. Sous le titre « la Promise », nous disposerons deux volets : l »un consacré à la fascination qu’exerça au cours des années soixante le fait israélien, «c’est à dire le retour à la « Terre Promise », fascination qui sera suivie sinon d’un rejet du moins d’un désengagement, d’un désamour, l’autre consacré à un autre mode de fascination, cette fois pour « la » Femme et les promesses qu’elle suscite -la fiancée est une « promise » et là encore la problématique d’un certain désamour fait suite à un enthousiasme archétypal. Le mot « déclaration » est intéressant : on peut parler d’une déclaration d’amour mais aussi d’une Déclaration des Droits de l’Homme ou d’une Déclaration de guerre. Il est possible de composer un Hymne à un peuple, à une idée (à la Joie) -comme à une femme. On peut aussi parler d’une alliance entre un peuple et son dieu tout comme de la formation d’un couple entre un homme et une femme. Le Cantique des Cantiques, qui est un chant d’amour de la part d’un homme est lu par les Juifs comme l’expression de l’amour d’Israël pour son dieu, qui l’a choisi parmi tous les autres peuples. .Nous avons choisi- à de rares exceptions près, de ne publier que nos propres textes pour rester dans l'optique d’une œuvre littéraire dont nous assumons pleinement la paternité. Nos correspondants ne feront donc que se refléter dans nos propres écrits. En ce sens, cet ouvrage pourrait constituer une sorte de manifeste en vue d’une nouvelle idée de la littérature selon laquelle, le vrai romancier est celui qui fait de sa vie un roman et qui se contente de noter ce qu’il vit sur le moment, ce qui implique une approche dans la longue durée. Cette quête s’apparente à celle de la pierre philosophale. Existe—t-il une clef pour appréhender notre rapport au monde et singulièrement l’évolution des relations entre hommes et femmes. Au cours d’une cinquantaine d’années d’expérience en ce domaine- ce que couvre en gros le présent ouvrage- parviendrons-nous à formaliser un « modèle » qui rende compte, peu ou prou, d’une certaine forme de cyclicité, existe-t-il des phases, des récurrences et est-ce que cela tient plus au psychisme des femmes qu’à celui des femmes On soulignera le fait que 1967 marque à la fois le renouveau de notre relation à l’hébreu -amorcée lors de la préparation à la « bar mitswa », en notre treizième année, mais aussi notre initiation au « langage des astres ». PREMIER VOLET LA TERRE PROMISE Avant-propos La vie est-elle un roman qui s’écrit au jour le jour et n’est-il pas temps de dénoncer ces reconstitutions factices faites après coup qui sont devenues le nec plus ultra des « romanciers » ? Autrement dit, la réalité prendrait ici sa revanche sur la fiction laquelle, comme on dit, dépasse parfois la dite réalité. On renoue ainsi avec l’art du journal intime et avec celui des correspondances authentiques. Sous le titre « la Promise », nous disposerons deux volets : l »un consacré à la fascination qu’exerça au cours des années soixante le fait israélien, «c’est à dire le retour à la « Terre Promise », fascination qui sera suivie sinon d’un rejet du moins d’un désengagement, d’un désamour, l’autre consacré à un autre mode de fascination, cette fois pour « la » Femme et les promesses qu’elle suscite -la fiancée est une « promise » et là encore la problématique d’un certain désamour fait suite à un enthousiasme archétypal. Le mot « déclaration » est intéressant : on peut parler d’une déclaration d’amour mais aussi d’une Déclaration des Droits de l’Homme ou d’une Déclaration de guerre. Il est possible de composer un Hymne à un peuple, à une idée (à la Joie) -comme à une femme. On peut aussi parler d’une alliance entre un peuple et son dieu tout comme de la formation d’un couple entre un homme et une femme. Le Cantique des Cantiques, qui est un chant d’amour de la part d’un homme est lu par les Juifs comme l’expression de l’amour d’Israël pour son dieu, qui l’a choisi parmi tous les autres peuples. .Nous avons choisi- à de rares exceptions près, de ne publier que nos propres textes pour rester dans l'optique d’une œuvre littéraire dont nous assumons pleinement la paternité. Nos correspondants ne feront donc que se refléter dans nos propres écrits. En ce sens, cet ouvrage pourrait constituer une sorte de manifeste en vue d’une nouvelle idée de la littérature selon laquelle, le vrai romancier est celui qui fait de sa vie un roman et qui se contente de noter ce qu’il vit sur le moment, ce qui implique une approche dans la longue durée. Sur le volet « la terre promise » Il s’agit de notre rapport avec Israël, terre promise s’il en est, marqué notamment par la Guerre des Six Jours et un commencement d’Alya, correspondant à la « loi du retour ». Volonté d’immersion dans une nouvelle langue vouée à se substituer à la maternelle. Nous avons ici rassemblé d’une part divers textes « théoriques », à partir de 1966, nous venions alors de fêter nos 18 ans, qui ponctuent notre excitation croissante envers un tel projet et de l’autre une correspondance entretenue avec notre sœur cadette ainsi qu’avec notre mère- accessoirement notre père- au cours de notre séjour en Israël qui s’interrompit à l’Eté 1969. Cette première période ignore à peu près totalement la question de la femme et elle campe un jeune homme qui ne connaît rien de son corps. Avec le retour en France, un nouvel horizon apparaît qui reste liée à la notion de promesse mais qui revêt une autre forme, celle du territoire de la femme à investir sinon à conquérir. Les textes du premier volet sont restés à la différence de ceux du second inédits en ce sens qu’ils n’ont pas eu de destinataire, sinon quelque éditeur. Une exception toutefois, avec le Manifeste du Mouvement international pour l’épanouissement du peuple juif que nous avions artisanalement ronéoté et donc assez largement diffusé s à l’époque. Sur le volet « La femme promise » On passe des unités aux dizaines, de trois—quatre ans à 30-40 ans. Il s’agit là de la quête de la femme promise, de la « fiancée », laquelle va prendre toutes sortes de visages tout en éveillant peu ou prou les mêmes sensations tant mentales que physiques. On verra qu’à travers ces femmes, la « juive » est un élément récurrent tout comme d’ailleurs le rapport à Israël, mais sans céder cette fois aux sirènes d’une « terre promise » en dépit des tentations sinon des tentatives. Ces textes n'épuisent certes pas notre histoire sentimentale. Il aura fallu des circonstances bien particulières pour qu'il y ait échange de lettres à commencer par l'éloignement géographique. Nous avons complété notre corpus en puisant dans notre collection de journaux intimes manuscrits. Une seule exception : nous avons placé un certain nombre de courriels –quelques lignes- que nous avons reçue et pas seulement envoyés entre la fin octobre et le début janvier 2013-2014 du fait d’une certaine carence de notre documentation. On assiste ainsi à une rupture expéditive. Vivre ensemble, au quotidien, ne saurait évidemment susciter une activité épistolaire importante si ce n'est sous la forme de la tenue d'un journal intime. Quand on vit aux côtés de l’être aimé, est-il besoin, en effet, de lui écrire voire d’écrire à son sujet, ce qui exigerait quelque prise de distance ? Paradoxalement, c’est quand il y a une certaine plénitude que le besoin d’écrire se ferait le moins sentir, à moins de considérer que la déclaration d’amour, voire sa déploration ne constituent un temps fort de la relation. Cette fois, le temps n’est plus court mais long/. Avec le recul, ces deux volets semblent bien marqués par des enjeux assez comparables : comment vivre la passion sans en être l’esclave. PREMIER VOLET LA TERRE PROMISE PREMIER TEMPS 1958 1973 Il nous faut revenir à la préparation de notre « Bar Mitzwa » (1959-1960) qui nous mit en contact avec l’hébreu et l’Ancien Testament. Il s’agit de notre rencontre avec « Israël », ce qui recouvre la période 1966-1969. . Écrits de 1966 « J’annonce le destin des Juifs (.) Le Juif est une puissance qui existe avant toute existence. Il n’est pas façonné par l’Histoire, c’est l’Histoire qui -construite par lui- est à présent mûre pour lui/ » « La solution finale. Qui sait, qui a dit, qui peut résoudre le problème de la présence des Juifs en ce monde ? Il ne fait aucun doute que le simple rassemblement d’une partie des Juifs en un seul point du globe, même si ce point est la terre qu’ils n’ont jamais abandonnée ne résout pas la question juive. Il ne fait aucun doute que l’antisémitisme n’a pas vécu, n’est pas anéanti même s’il a changé de voix et de héraut. Et comment n’y aurait-il pas une transformation de l’antisémitisme s’il y a une transformation de l’histoire, de la situation des Juifs ? Chacun sait que si les Juifs disparaissaient ou refusaient de travailler, l’humanité s’arrêterait, n’avancerait plus (.) Juifs du monde entier, adhérez au Mouvement International pour l’Épanouissement du peuple juif qui s’est donné pour mission de rendre les Juifs dignes d’Israël et Israël digne des Juifs « Le peuple juif a déjà renoncé à sa conviction millénaire. Il a suffi qu’une partie des Juifs se rassemblent et n’agissent pas miraculeusement/ Il est habituel à présent de considérer la question juive comme historique et tout à fait élucidée. Les Juifs, dans et hors d’Israël, se persuadent qu’avec la fin de leurs croyances surgira la fin de leurs maux. ‘(…) ils devront se regrouper et vivre d’une manière que seuls ils pourront souhaiter. Un Juif qui vit comme un non Juif se rogne les ailes et se perd. Qu’est-ce qu’y Juif ? Un Juif n’est ni l’adepte d’une religion, ni l’homme fortuit d’une nation/ Être Juif n’est pas un choix, c’est une différence avec la charge qu’elle exige d’assumer/ Un Juif est le descendant d’un peuple qui fut- de toute éternité – distinct. En face de lui est le non Juif. Ils se sentent -et cela est normal- étrangers l’un à l’autre. Ils en souffrent parfois et refusent cette évidence. Car on n’accepte pas ce qu’on ne comprend pas. La religion juive et l’antisémitisme sont les symboles de cette scission constante. La religion juive ne fait que représenter des convictions antérieures à elle-même, elle n’a pas créé le Juif. Elle n’est née et n’a été adoptée que parce que le Juif ressentait sa différence par rapport aux hommes qui l’entourent, qui semblaient être ses pareils le Juif sublimait sa certitude en la supériorité de son destin. Le vrai Juif est la religion elle-même, il n’a pas besoin d’elle. L’antisémitisme est le sentiment des non Juifs de leur différence à l’égard des Juifs et il s’est manifesté de manières diverses Le peuple juif. Mes idées lorsqu’on aura besoin d’elles et tant qu’on aura besoin d’elles. Il apparaît que ce qui distingue le peuple juif des autres peuples est que le lien est plus puissant entre le Juif qui naît et son peuple que pour tout autre peuple. Extrait « Israël apparaissait à David comme la seule issue : former un peuple de génies, les Juifs Un chef Les Juifs se trouvent dans une situation exceptionnelle, celle où un chef est nécessaire/ (…) Cela demande de sa ^part une aptitude à percevoir tout ce que ce peuple Juif a de profond, à extraire de chacun tout ce qu’il mérite de donner. Lettre aux Juifs d’Israël Ils ne doivent pas copier ce qui se passe autour d’eux. (..) Israël est-il un peuple ? Pas si on le compare avec les communautés qu’on appelle peuple. (..=) Qu’on le veuille ou non, c’est lui (le Juif) qui provoque l’antisémitisme. Par sa conscience qu’il est différent. Genèse de ma pensée J’avais préparé un exposé (fin 65-début 66 à Assas) sur la question juive (..) et j’avais soutenu que les Juifs étaient persécutés parce qu’il y avait en eux des caractères qui faisaient qu’ils devaient l’être, (…) Cette analyse était confirmée par mes analyses du souffre-douleur. (…) L’antisémite n créait point de Juifs, il en était la conséquence. Les Juifs ont toujours eu conscience de la différence. Différence qui n’était pas simplement celle de l’étranger. Différence mal déterminée, mise sur le compte de la religion, attitude encouragée en cela par une volonté de la part des non juifs d’apporter de même une raison à leur hostilité confuse. 05. 02. 66 Lettre à un éditeur « Les Juifs ont un passé qui progressivement les a rendus des « génies ». Les Juifs ne sont pas des hommes. L’Etat d’Israël peut devenir l’état le plus puissant du monde. L’antisémitisme et le racisme apparaissent fondamentalement différents. Opposés. L’antisémitisme est la conséquence de la mentalité juive. Le racisme est la conséquence de la mentalité blanche. Les peuples persécutés au nom d racisme n’ont pas acquis les facultés des Juifs. Il faut séparer fortement mentalité et capacités cérébrales. Les facultés des Juifs ne sont pas dues à l’antisémitisme mais à la dispersion. Elles ne disparaîtront donc qu’avec la dispersion. Qu’avec l’imitation par Israël des autres États classiques. (..) Même si l’antisémitisme persiste. Le peuple juif doit apprendre à savoir ce qu’il peut attendre de lui-même. On peut comprendre la nature du peuple juif à trois niveaux différent. Soit le peuple juif n’est pas peuple, soit il n’est que Peuple, soit il est le Peuple. Certains considèrent le peuple juif comme une réalité artificielle et produite par une société malade : si cette société guérit, le Juif disparaît. Certains se veulent à croire que le Peuple Juif est un peuple comme les autre et qui va, à présent qu’il en a la possibilité, être accepté au sein des nations. Enfin, certains mettent le Peuple juif à part, peuple élu, qui sera le guide des hommes parce que Dieu lui a fixé cette mission. Ces trois conceptions sont à la fois exactes et incomplètes. Il est exact que le Juif a développé des traits, à certaines époques, en certains endroits, qui sont ceux d’un persécuté, d’un souffre-douleur. L’exemple des camps de concentration nous montre, à l’extrême, ce qu’un homme peut devenir (.) Il est exact que le Juif peut se comporter, à certaines époques, pendant un certain temps, comme tout être, quel qu’il soit sans qu’aucune différence ne soit perceptible. L’exemple de l’état d’Israël aujourd’hui nous le montre de même que (..) sous David ou Salomon. Il est exact que le Juif a exercé sur les hommes une énorme influence, dans tous les domaines et surtout par sa religion qui est le fondement d’un grand nombre de civilisations. Mais ces trois conceptions sont incomplètes, elles ne sont pas suffisamment approfondies. Il existe un autre conflit lorsque l’on tente de définir le peuple juif. Le juif est-il une réalité historique ou une réalité physique ? Les trois conceptions signalées considèrent le peuple juif comme réalité historique, soit causée par l’antisémitisme, soit, comme tout peuple, par les événements qui parcourent son histoire, soit comme tribu s sémitique transcendée et choisie par Dieu. Or, il est possible de considérer que le Juif est une réalité physique. Le Peuple Juif existe avant son Histoire, est cause et non produit de son Histoire. Il n’est pas plus absurde d’affirmer qu’un peuple normal devient différent sous quelque influence que cela soit que de penser que s’il est différent, c’est qu’il a toujours été différent, sinon consciemment, du moins physiquement. Expliquer par la force de l’habitude l’évolution historique n’est pas plus raisonnable que la supposition selon laquelle le Peuple Juif n’a fait que réagir ou fait réagir par sa nature différente et qu’il n’est resté fidèle à sa religion que parce que cette religion était l’expression de lui-même. . 14 mai 66 Cher Papa. J'ai enfin rompu le voile qui nous séparait, c'est à présent à toi que je m'adresse. Il faut que tu prennes l'habitude de décider puisque, de toute façon, lorsque ce n'est pas toi, on te fait en endosser la responsabilité. (..) J'ai fait du Droit parce que je voulais gagner de l'argent et écouter des disques, cela rentre très bien dans les conceptions que l'on nous a apprises. Maintenant je dis que cette conception est superficielle et j'espère que tu le comprends. Combien nous étions ridicules de nous plaindre de ce que tu te moquais du confort, des aménagements, quel ensemble unanime nous ne faisions pas lorsque Maman disait " Cela lui est égal". Et de même combien de sarcasmes contre les fonctionnaires n'avons nous pas eu alors qu'il me parait à la lumière de mes études, que c'est le seul métier qui ne soit pas étroit, et égoïste (..) Je te reprocherai peut être de ne pas lire exactement comme je le voudrais et de t'attacher trop aux détails et aux noms mais cela est le propre de la culture désintéressée (..) Cela n'est pas comme cela que je conçois la culture, je la conçois même en fin de compte comme devant mener à une création non pas artistique mais une création de critique et d'étude. Si l'on n'écrit pas de livre, au moins est il nécessaire de s'exprimer et d'échanger ses impressions. (...) Enfin, tu t'aperçois que je viens de sortir d'un monde fermé et superficiel et tu comprends pourquoi je ne désire pas continuer le droit que je n'ai envisagé que dans cette seule optique. Toi aussi, tu n'as pas trouvé tout de suite ce qui te convenait (..) C'est Maman qui a introduit l'élément bourgeois dans cette famille, élément qui a peut être provoqué chez toi une attirance (...) pour les flatteries à la troisième personne de la part de quelqu'un qui s'y connait fort peu (...) Je suis absolument certain que si j'étais resté à la maison j'aurais travaillé autant mais je ne sais pas si je serais sorti de ce cercle bourgeois. (...) Tu vois donc que revenir à la maison ne m'est d'aucun handicap. (...) Je n'ai pas commencé à lire avant la première classe de philosophie, exactement en novembre de cette année là et j'ai tout de suite été premier en Etudes Littéraires avec deux mois de lecture derrière moi et que mon professeur me dit que j'avais vraiment un style; (...) Je ne peux pas donner d'autres preuves de mes possibilités (...) si ce n'est en parlant d'une science que probablement tu crois fumiste, la chiromancie. M. Valensi te dira en voyant ma main que j'ai tous les signes de triomphe sans exception d'un seul. Bref, ce que je voudrais, c'est t"avoir convaincu sur ce dernier point; (..) Je pense qu'avec la capacité de travail que je posséde, l'originalité, la puissance créatrice, la sensibilité et pour tout dire l'intelligence, il esr ridicule de m'opposer que je ne réussirai pas (...) Je sais que je suis rené et je crois que la famille ou du moins ceux qui en sont capable, renaitra elle aussi. Maman ne doit pas nous imposer ni ses idées, ni ses goûts de luxe;(...) Il vaut mieux que tu ne montres pas cette lettre à Mama, et que tu la ménages/ L'habitude se prendra vite chez elle de ne plus intervenir à tout moment. Il ne faut pas la provoquer. (...) Si tu n'as pas compris que ce n'était que par vue étroite que Maman désire que je continue le Droit (..) eh bien, cela prouvera que tu n'auras rien compris à ce que je suis et que tu auras perdu la chance de montrer ce que tu vaux. A toi de juger mais de toute façon je crois que tout reviendra au même/. 22 mai 66 Que d’êtres hantent les jours d’une ombre monotone Qui devraient disparaître sans qu’aucun ne s’étonne Et moi, qui ne peux ne pas vivre sans feu Moi, je dois me plier sans pouvoir être heureux Qu’importe l’avis de ces gens sans lumière Qui scintille sur la nuit de leur piètre rivière Chantez l’hymne à la joie, muses délicieuses Que je cueille en vos yeux mille pierres précieuses Si je ne puis venir sur les cimes d’Olympe J’irai, seul, sanglant d’amertume et de crainte Jeter mon sort à l’eau de la vie folle et belle Tu jailliras mienne, fille d’or, sirène Qui ne peut sans émoi souffler sur les arènes Et alors privant le soleil de sa fête Je tuerai le taureau, sa tête contre ma tête. 28 mai 1966 Chère famille, je crois avoir trouvé ce que je cherche, ce qui signifie non pas que le but que je me désigne puisse être atteint mais simplement qu'il répond à mes aspirations; en effet, dans ma recherche hésitante, seul est intervenu jusqu'alors l'élément attrait et non l'élément possibilité (...) La synthèse de toutes ces hypothèses est celle-ci: l'action politique transcendée par l'assimilation des arts, de la philosophie Oxford le 25 08 66 Chère sœur Il reste que je crois que j'aime les Juifs et qu'ils m'aiment et me respectent. Je ne te cacherai point que c'est en Israël que je désire passer mes jours car j'ai foi en la valeur et en l'avenir du peuple juif. Quant à Dieu, il me faut tout de suite te rappeler que le Dieu juif n'est pas le Dieu chrétien et que je ne suis athée que pour le Dieu chrétien? Malheureusement, vivant dans une société chrétienne, le véritable esprit de notre peuple et de notre religion s'est effacé et nous avons oublié qui nous étions. Le Dieu Juif est le Dieu des Juifs; celui qui protège et conduit le peuple juif par l'intermédiaire du Messie. Ce n'est point un Dieu cosmopolite, pour tout le monde, c'est le Dieu du peuple juif, du peuple Juif réuni à nouveau et qui mènera un jour le peuple juif au-dessus des autres. (....) Je sens que le renouveau du peuple Juif est proche. Ralliez mon panache blanc! Chaque Juif est grand, non par son intelligence, mais par sa conscience de peuple, son socialisme et son acceptation d'obéir à celui en qui il croit. (...) Je pense que je ne me marierai pas, mes enfants seront le peuple Juif, la vanité du père, quand on y pense, est profondément ridicule. Chaque Juif est grand, qui suit son chef. Décembre 66 Mon peuple d’Israël, je suis fou de ne pas aller vers toi. Je suis faible. Et pourtant, je vois en moi une force énorme. (…) Que serai-je en Israël ? On ne m’attend pas. Seul ? Non mais mieux qu’en France ? (.) Mes parents ne m’en empêcheraient pas. Mais je hais l’anonymat. (…) Mon peuple d’Israël, je serai dans ton sein avant que l’Hiver ne repasse deux fois » 11 mars 1967 La Bulgare Oh ; tu es français. Oui. J’aime beaucoup la France. Est-ce que je parle bien français ? Oui. J’ai Lu beaucoup de livres sur la France. Louis XIV. Montjoie. Saint Denis. C’est cela. Bretagne, Corse, Normandie, Bavière. Non. Non ? Provence, Savoie. C’est cela. Tu connais la Bulgarie ? Non, je ne connais pas du tout la Bulgarie, ni les Bulgares. Tu es dépaysé ? Pas tellement. Tu sais, je suis de ton côté, d’Orient, moi aussi. Pas français. Juif A ma sœur « Roch » « Tant qu’Israël ne sera pas en mesure de guider le monde, Israël attentivement recevra les leçons de ceux qui lui sont nécessaires. Tant que le MIPEPJ n’atteindra pas une ampleur internationale, il ne s’agira pas d’échafauder des entreprises hors de proportion. 30 mars 1967 «Ce journal coïncide (…) avec ma déclaration d’indépendance. / Je me suis laissé un an avant de m’installer en Israël. Un an pour construire. Je ne ressens pas de soulagement. La tension, la souffrance restent en moi. Il faut trancher la question. Juillet 67 ( ?) Les Israéliens ont gagné la bataille militaire. La bataille politique est au moins aussi importante. Les Juifs du monde e entier doivent savoir que leur rôle dans cette dernière bataille sera décisif à court et à long terme : ils gagneront la bataille politique. Que tous les juifs qui ont tiré les leçons de l’histoire du peuple juif se rendent en Israël, permettent à Israël de conserver les territoires acquis en les occupant, en les défendant si besoin est. Ceci est l’appel à une quatrième Alyah. 23 Aout 67 Shadmoth Dvorah (moshav de Galilee) Ma sœur Dans neuf jours, je serai à Paris. A moins que des événements imprévisibles ne se produisent qui me fassent changer de décision. En effet, j’avais presque la certitude de rester en Israël en partant. Puis il s’est trouvé que je n’ai pas trouvé de kibboutz, que je n’ai pu lier les relations qui eussent favorisé un séjour. (..)L’année scolaire passée fut celle de la naissance de ma doctrine. Celle qui va commencer sera, le l’espère, celle du développement de cette essence. 7 septembre 67 Chers parents Quelle économie faut-il pour Israel qui utilise des potentialités que les autres ne peuvent exploiter? Quel systéme d'éducation permettra un épanouissement général des facultés juives? Je serai alors prêt à prendre le pouvoir en 1971, le Ier novembre... Fin 67 ? Nous inaugurons cette recherche par une tentative de définition du peuple juif en tant que Peuple du Verseau. ‘(…) Si l’on commence par l’analyse du peuple du Verseau, c’est que c’est la plus facile et la plus caractéristique. Il est aisé de distinguer, au sein des peuples et de l’histoire, le peuple le plus original, le plus différent, le plus étranger aux autres peuples (..) ce peuple est le peuple Juif. (..) Le Verseau est le signe de la double essence. Il possède l’’essence commune à chaque signe, il possède en sus un message, un excédent, qu’il doit extraire de lui-même, qui est partie de l’essence universelle et qui, en conséquence s’intègre à elle, lorsqu’elle a l’opportunité de d’exprimer. Double essence qui, au niveau du peuple, s’exprime par la dualité Peuple juif/individu juif. Non seulement, le peuple Juif possède cette continuité historique des peuples, fondée sur la tradition, la langue, le territoire, il vit en chacun de ses membres. / Double essence qui est apparue clairement pendant les 2000 ans de l’ère des poissons, période négative pour le Juif mais fort utile pour le chercheur/ Le juif possède la continuité comme le Peuple Juif possède la continuité alors que les autres peuples ne la possèdent qu’au niveau du cadre, non de l’individu. C’est ce qui sauva le peuple juif de l’anéantissement – comme ce fut le cas pour tant de peuples car l’individu juif subsistant, le peuple juif, le cadre juif, fut secouru : il est naïf de croire que ce fut le processus inverse qui se produisit, c’est-à-dire que le cadre aurait secouru l’individu : en fait il y a eu échange fécond entre les deux peuples juifs, l’un conservant une image de lui-même qui resterait valable, l’autre subsistant sans le support nécessaire du territoire « fermé » et de la langue. De même est-il absurde d’affirmer que le peuple juif est un résultat des circonstances, une création artificielle ; les lois universelles s’opposent à cette explication existentielle : rien ne naît par accident, rien ne réagit, ne résulte, il s’agit chaque fois d’une expression, de l’épanouissement d’une essence. De même qu’il serait tentant, de la part d’un Juif, après la lecture de cette analyse de déclarer que les peuples non juifs sont de faux peuples, vides de sens, créant artificiellement ceux qui naissent en son sein un éphémère et illusoire sentiment de réalité historique (…) Or l’ère des poissons est terminée, l’on entre dans l’ère du Verseau (.) Le peuple juif va-t-il se rendre compte que l’ère que depuis 2000 ans il attendait est en face de lui ? Tant d’obstacles, d’erreurs d’interprétation s’opposent à cette prise de conscience. Peur de trahir Dieu, peur de se trahir lui-même. Le peuple existe avant son histoire. Il la crée, il la modifie, il en dispose ? Si l’on s’en tient à une Interprétation superficielle de la Bible, la naissance du Peuple Juif débute par l’accord de Dieu avec Abraham ou par le don de la Torah, au mont Sinaï, D’après la logique astrologique, cette hypothèse est inacceptable car une existence dépend d’une essence et si le peuple juif a été « choisi », c’est qu’il existait auparavant. (…) Sous l’ère des Poissons, le Juif a refusé la religion de Jésus de Nazareth, cela s’est terminé par le massacre de six millions de juifs, prix à payer pour avoir le droit à la rédemption mais aussi signal d’alarme, indiquant une transformation de l’attitude du Juif dans le monde. Aussi paradoxal que cela puisse paraître, les Juifs ont « vécu » la religion des Poissons et s’en sont fortement imprégnés : les Juifs des camps de concentration sont morts en Chrétiens. Beaucoup de Juifs croient qu’ils ne sont Juifs que parce qu’ils ont accepté la religion juive, sans elle, le Juif n’est pas Juif. Tout d’abord plutôt que de parler de religion juive, est-il préférable d’employer le terme de religion mosaïque, religion de Moïse. Car il y a des religions juives ou plutôt des religions car l’heure est venue pour le peuple juif de redevenir universel, d’épanouir toutes les ressources de ses pouvoirs de Verseau. Le Juif est juif par son essence et c’est la partie historique et non religieuse qui l’a attaché au judaïsme. La deuxième partie a profité de la vie de la première. Le Juif doit se désaliéner, retrouver la pureté » de l’essence, prendre un bain de purification pour aborder son ère. Le Juif doit se présenter nu, accepter une conception nouvelle et plus riche de Dieu, puis qu’avec l’ère du Verseau l’homme va développer des capacités qu’il ne possédait pas sous l’ère du Bélier. Que le peuple juif ne trahisse pas Dieu par l’idolâtrie, c’est-à-dire une conception finie et limitée de Dieu. Si le peuple juif accepte la religion du Verseau, il montrera, triomphalement que son contact avec son essence et avec l’essence de Dieu ne s’était que provisoirement interrompu ! Note , la rencontre simultanée de l'astrologie et d'Israel aura profondément marqué ma démarche; Fin 67 Qu'a dit Dieu à Abraham? Dieu dit à Abraham: tu vas engendrer un fils. Abraham répond que les astres ne le prévoient pas. Alors Dieu répond: ce fils, Isaac, que tu vas engendrer ; aucun astre ne le laissait présager, ce fils (...) n'a pas de naissance, pas d'origine, il n'aura pas non plus de mort, il sera éternel, alors que les autres peuples disparaîtront les uns après les autres car ils sont nés sous les astres et mourront lorsque le cycle de ces astres sera terminé/ Le peuple d'Israël n respecte pas les lois de la Nature (origine et fin) (...) Le peuple juif est immortel, pas le Juif. LE Juif peut être massacré, le peuple juif ne le sera jamais car il est d'une matière divine que seul Dieu peut reprendre (...) Israël est né après la "Création", il échappe au mécanisme universel. Israël est la Deuxième Création de Dieu. C'est donc un peuple jeune et c'est pourquoi il a jusqu’ici été le souffre-douleur des autres peuples, déjà arrivés. Dieu a donné la Torah au peuple juif pour l'encourager à subir les épreuves. (//) Que chaque Juif donne cette même force à son prochain que celle que Dieu a donné à Israël par la Torah. Que la carte astrale de chacun soit sa propre (petite) Torah. 'Qu'on ne voie rien de sacrilège dans cette déclaration. Non daté: Je considère que l'on peut établir à l'heure actuelle un peuple composé de génies. Car l'histoire des peuples influe sur leurs capacités physiques et intellectuelles e peuple est celui qui a subi au cours de l'Histoire un sort si particulier: Israël. Ensuite, je considère que ce peuple, on peut lui faire prendre conscience de sa nature. Israël apparaissait à David comme la seule issue : former un peuple de génies, les juifs Les autres génies avaient peu de chance d'acquérir une descendance de même nature Pour un peuple de génies signifie d'une part que je considère l'histoire comme l'œuvre des génies. d'autre part qu'un peuple doit prendre conscience de l'importance des génies en son sein et axer son action pour évite leur gâchis. Enfin, qu'il est un peuple ne comportant que des génies, c'est à dire des individus capables de créer, lorsque les circonstances sont favorables à cet effet. Israël. Manifeste du Mouvement International pour l’épanouissement du peuple juif (MIPEPJ) Oxford le 25 08 66 Chère sœur Il reste que je crois que j'aime les Juifs et qu'ils m'aiment et me respectent. Je ne te cacherai point que c'est en Israël que je désire passer mes jours car j'ai foi en la valeur et en l'avenir du peuple juif. Quant à Dieu, il me faut tout de suite te rappeler que le Dieu juif n'est pas le Dieu chrétien et que je ne suis athée que pour le Dieu chrétien? Malheureusement, vivant dans une société chrétienne, le véritable esprit de notre peuple et de notre religion s'est effacé et nous avons oublié qui nous étions. LE Dieu Juif est le Dieu des Juifs; celui qui protège et conduit le peuple juif par l'intermédiaire du Messie. Ce n'est point un Dieu cosmopolite, pour tout le monde, c'est le Dieu du peuple juif, du peuple Juif réuni à nouveau et qui mènera un jour le peuple juif au-dessus des autres. (....) Je sens que le renouveau du peuple Juif est proche. Ralliez mon panache blanc! Chaque Juif est grand, non par son intelligence, mais par sa conscience de peuple, son socialisme et son acceptation d'obéir à celui en qui il croit. (...) Je pense que je ne me marierai pas, mes enfants seront le peuple Juif, la vanité du père, quand on y pense, est profondément ridicule. Chaque Juif est grand, qui suit son chef. Ecrits de 1966 (il y a donc 50 ans) « J’annonce le destin des Juifs (.) Le Juif est une puissance qui existe avant toute existence. Il n’est pas façonné par l’Histoire, c’est l’Histoire qui -construite par lui- est à présent mûre pour lui/ » « La solution finale. Qui sait, qui a dit, qui peut résoudre le problème de la présence des Juifs en ce monde ? Il ne fait aucun doute que le simple rassemblement d’une partie des Juifs en un seul point du globe, même si ce point est la terre qu’ils n’ont jamais abandonnée ne résout pas la question juive. Il ne fait aucun doute que l’antisémitisme n’a pas vécu, n’est pas anéanti même s’il a changé de voix et de héraut. Et comment n’y aurait-il pas une transformation de l’antisémitisme s’il y a une transformation de l’histoire, de la situation des Juifs ? Chacun sait que si les Juifs disparaissaient ou refusaient de travailler, l’humanité s’arrêterait, n’avancerait plus (.) Juifs du monde entier, adhérez au Mouvement International pour l’Epanouissement du peuple juif qui s’est donné pour mission de rendre les Juifs dignes d’Israël et Israël digne des Juifs « Le peuple juif a déjà renoncé à sa conviction millénaire. Il a suffi qu’une partie des Juifs se rassemblent et n’agissent pas miraculeusement/ Il est habituel à présent de considérer la question juive comme historique et tout à fait élucidée. Les Juifs, dans et hors d’Israël, se persuadent qu’avec la fin de leurs croyances surgira la fin de leurs maux. ‘(…) lux devront se regrouper et vivre d’une manière que seuls ils pourront souhaiter. Un Juif qui vit comme un non Juif se rogne les ailes et se perd. Qu’est-ce qu’u Juif ? Un Juif n’est ni l’adepte d’une religion, ni l’homme fortuit d’une nation/ Etre Juif n’est pas un choix, c’est une différence avec la charge qu’elle exige d’assumer/ Un Juif est le descendant d’un peuple qui fut- de toute éternité – distinct. En face de lui est le non Juif. Ils se sentent -et cela est normal- étrangers l’un à l’autre. Ils en souffrent parfois et refusent cette évidence. Car on n’accepte pas ce qu’on ne comprend pas. La religion juive et l’antisémitisme sont les symboles de cette scission constante. La religion juive ne fait que représenter des convictions antérieures à elle-même, elle n’a pas créé le Juif. Elle n’est née et n’a été adoptée que parce que le Juif ressentait sa différence par rapport aux hommes qui l’entourent, qui semblaient être ses pareils le Juif sublimait sa certitude en la supériorité de son destin. Le vrai Juif est la religion elle-même, il n’a pas besoin d’elle. L’antisémitisme est le sentiment des non Juifs de leur différence à l’égard des Juifs et il s’est manifesté de manières diverses Le peuple juif. Mes idées lorsqu’on aura besoin d’elles et tant qu’on aura besoin d’elles. Il apparait que ce qui distingue le peuple juif des autres peuples est que le lien est plus puissant entre le Juif qui nait et son peuple que pour tout autre peuple. Extrait « Israël apparaissait à David comme la seule issue : former un peuple de génies, les Juifs Un chef Les Juifs se trouvent dans une situation exceptionnelle, celle où un chef est nécessaire/ (…) Cela demande de sa ^part une aptitude à percevoir tout ce que ce peuple Juif a de profond, à extraire de chacun tout ce qu’il mérite de donner. Lettre aux Juifs d’Israël Ils ne doivent pas copier ce qui se passe autour d’eux. (..) Israël est-il un peuple ? Pas si on le compare avec les communautés qu’on appelle peuple. (..=) Qu’on le veuille ou non, c’est lui (le Juif) qui provoque l’antisémitisme. Par sa conscience qu’il est différent. Genèse de ma pensée J’avais préparé un exposé (fin 65-début 66 à Assas) sur la question juive (..) et j’avais soutenu que les Juifs étaient persécutés parce qu’il y avait en eux des caractères qui faisaient qu’ils devaient l’être, (…) Cette analyse était confirmée par mes analyses du souffre-douleur. (…) L’antisémite n créait point de Juifs, il en était la conséquence. Les Juifs ont toujours eu conscience de la différence. Différence qui n’était pas simplement celle de l’étranger. Différence mal déterminée, mise sur le compte de la religion, attitude encouragée en cela par une volonté de la part des non juifs d’apporter de même une raison à leur hostilité confuse. 05. 02. 66 Lettre à un éditeur « Les Juifs ont un passé qui progressivement les a rendus des « génies3. Les Juifs ne sont pas des hommes. L’Etat d’Israël peut devenir l’Etat le plus puissant du monde. L’antisémitisme et le racisme apparaissent fondamentalement différents. Opposés. L’antisémitisme est la conséquence de la mentalité juive. Le racisme est la conséquence de la mentalité blanche. Les peuples persécutés au nom d racisme n’ont pas acquis les facultés des Juifs. Il faut séparer fortement mentalité et capacités cérébrales. Les facultés des Juifs ne sont pas dues à l’antisémitisme mais à la dispersion. Elles ne disparaitront donc qu’avec la dispersion. Qu’avec l’imitation par Israël des autres Etats classiques. (..) Même si l’antisémitisme persiste. Le peuple juif doit apprendre à savoir ce qu’il peut attendre de lui-même. On peut comprendre la nature du peuple juif à trois niveaux différent. Soit le peuple juif n’est pas peuple, soit il n’est que Peuple, soit il est le Peuple. Certains considèrent le peuple juif comme une réalité artificielle et produite par une société malade : si cette société guérit, le Juif disparait. Certains se veulent à croire que le Peuple Juif est un peuple comme les autre et qui va, à présent qu’il en a la possibilité, être accepté au sein des nations. Enfin, certains mettent le Peuple juif à part, peuple élu, qui sera le guide des hommes parce que Dieu lui a fixé cette mission. Ces trois conceptions sont à la fois exactes et incomplètes. Il est exact que le Juif a développé des traits, à certaines époques, en certains endroits, qui sont ceux d’un persécuté, d’un souffre-douleur. L’exemple des camps de concentration nous montre, à l’extrême, ce qu’un homme peut devenir (.) Il est exact que le Juif peut se comporter, à certaines époques, pendant un certain temps, comme tout être, quel qu’il soit sans qu’aucune différence ne soit perceptible. L’exemple de l’Etat d’Israël aujourd’hui nous le montre de même que (..) sous David ou Salomon. Il est exact que le Juif a exercé sur les hommes une énorme influence, dans tous les domaines et surtout par sa religion qui est le fondement d’un grand nombre de civilisations. Mais ces trois conceptions sont incomplètes, elles ne sont pas suffisamment approfondies. Il existe un autre conflit lorsque l’on tente de définir le peuple juif. Le juif est-il une réalité historique ou une réalité physique ? Les trois conceptions signalées considèrent le peuple juif comme réalité historique, soit causée par l’antisémitisme, soit, comme tout peuple, par les événements qui parcourent son histoire, soit comme tribu s sémitique transcendée et choisie par Dieu. Or, il est possible de considérer que le Juif est une réalité physique. LE Peuple Juif existe avant son Histoire, est cause et non produit de son Histoire. Il n’est pas plus absurde d’affirmer qu’un peuple normal devient différent sous quelque influence que cela soit que de penser que s’il est différent, c’est qu’il a toujours été différent, sinon consciemment, du moins physiquement. Expliquer par la force de l’habitude l’évolution historique n’est pas plus raisonnable que la supposition selon laquelle le Peuple Juif n’a fait que réagir ou fait réagir par sa nature différente et qu’il n’est resté fidèle à sa religion que parce que cette religion était l’expression de lui-même. 22 mai 66 Que d’êtres hantent les jours d’une ombre monotone Qui devraient disparaitre sans qu’aucun ne s’étonne Et moi, qui ne peux ne pas vivre sans feu Moi, je dois me plier sans pouvoir être heureux Qu’importe l’avis de ces gens sans lumière Qui scintille sur la nuit de leur piètre rivière Chantez l’hymne à la joie, muses délicieuses Que je cueille en vos yeux mille pierres précieuses Si je ne puis venir sur les cimes d’Olympe J’irai, seul, sanglant d’amertume et de crainte Jeter mon sort à l’eau de la vie folle et belle Et risquer pour cela de perdre ma chandelle Tu jailliras mienne, fille d’or, sirène Qui ne peut sans émoi souffler sur les arènes Et alors privant le soleil de sa fête Je tuerai le taureau, sa tête contre ma tête. Décembre 66 Mon peuple d’Israël, je suis fou de ne pas aller vers toi. Je suis faible. Et pourtant, je vois en moi une force énorme. (…) Que serai-je en Israël ? On ne m’attend pas. Seul ? Non mais mieux qu’en France ? (.) Mes parents ne m’en empêcheraient pas. Mais je hais l’anonymat. (…) Mon peuple d’Israël, je serai dans ton sein avant que l’Hiver ne repasse deux fois » 11 mars 1967 Non daté La Bulgare Oh ; tu es français. Oui. J’aime beaucoup la France. Est-ce que je parle bien français ? Oui. J’ai Lu beaucoup de livres sur la France. Louis XIV. Montjoie. Saint Denis. C’est cela. Bretagne, Corse, Normandie, Bavière. Non. Non ? Provence, Savoie. C’est cela. Tu connais la Bulgarie ? Non, je ne connais pas du tout la Bulgarie, ni les Bulgares. Tu es dépaysé ? Pas tellement. Tu sais, je suis de ton côté, d’Orient, moi aussi. Pas français. Juif A ma sœur « Roch » « Tant qu’Israël ne sera pas en mesure de guider le monde, Israël attentivement recevra les leçons de ceux qui lui sont nécessaires. Tant que le MIPEPJ n’atteindra pas une ampleur internationale, il ne s’agira pas d’échafauder des entreprises hors de proportion. 30 mars 1967 «Ce journal coïncide (…) avec ma déclaration d’indépendance. / Je me suis laissé un an avant de m’installer en Israël. Un an pour construire. Je ne ressens pas de soulagement. La tension, la souffrance restent en moi. Il faut trancher la question. Juillet 67 ( ?) Les Israéliens ont gagné la bataille militaire. La bataille politique est au moins aussi importante. Les Juifs du monde e entier doivent savoir que leur rôle dans cette dernière bataille sera décisif à court et à long terme : ils gagneront la bataille politique. Que tous les juifs qui ont tiré les leçons de l’histoire du peuple juif se rendent en Israël, permettent à Israël de conserver les territoires acquis en les occupant, en les défendant si besoin est. Ceci est l’appel à une quatrième Alyah. 07 02 68 J’ai décidé de partir en juin-juillet pour Israël et de vivre là-bas. (..)Il serait intéressant que j’aie un pied à terre à Jérusalem mais cela dépend de vous. Il faudrait vendre le studio de la rue des Gobelins et acheter un studio en Israël (.) Il serait bon que je sois émancipé avant de partir. 23 aout 67 Shadmoth Dvorah (moshav) Ma sœur Dans neuf jours, je serai à Paris. A moins que des événements imprévisibles ne se produisent qui me fassent changer de décision. En effet, j’avais presque la certitude de rester en Israël en partant. Puis il s’est trouvé que je n’ai pas trouvé de kibboutz, que je n’ai pu lier les relations qui eussent favorisé un séjour. (..)L’année scolaire passée fut celle de la naissance de ma doctrine. Celle qui va commencer sera, le l’espère, celle du développement de cette essence. Fin 67 ? Nous inaugurons cette recherche par une tentative de définition du peuple juif en tant que Peuple du Verseau. ‘(…) Si l’on commence par l’analyse du peuple du Verseau, c’est que c’est la plus facile et la plus caractéristique. Il est aisé de distinguer, au sein des peuples et de l’histoire, le peuple le plus original, le plus différent, le plus étranger aux autres peuples (..) ce peuple est le peuple Juif. (..) Le Verseau est le signe de la double essence. Il possède l’’essence commune à chaque signe, il possède en sus un message, un excédent, qu’il doit extraire de lui-même, qui est partie de l’essence universelle et qui, en conséquence s’intègre à elle, lorsqu’elle a l’opportunité de d’exprimer. Double essence qui, au niveau du peuple, s’exprime par la dualité Peuple juif/individu juif. Non seulement, le peuple Juif possède cette continuité historique des peuples, fondée sur la tradition, la langue, le territoire, il vit en chacun de ses membres. / Double essence qui est apparue clairement pendant les 2000 ans de l’ère des poissons, période négative pour le Juif mais fort utile pour le chercheur/ Le juif possède la continuité comme le Peuple Juif possède la continuité alors que les autres peuples ne la possèdent qu’au niveau du cadre, non de l’individu. C’est ce qui sauva le peuple juif de l’anéantissement – comme ce fut le cas pour tant de peuples car l’individu juif subsistant, le peuple juif, le cadre juif, fut secouru : il est naïf de croire que ce fut le processus inverse qui se produisit, c’est-à-dire que le cadre aurait secouru l’individu : en fait il y a eu échange fécond entre les deux peuples juifs, l’un conservant une image de lui-même qui resterait valable, l’autre subsistant sans le support nécessaire du territoire « fermé » et de la langue. De même est-il absurde d’affirmer que le peuple juif est un résultat des circonstances, une création artificielle ; les lois universelles s’opposent à cette explication existentielle : rien ne nait par accident, rien ne réagit, ne résulte, il s’agit chaque fois d’une expression, de l’épanouissement d’une essence. De même qu’il serait tentant, de la part d’un Juif, après la lecture de cette analyse de déclarer que les peuples non juifs sont de faux peuples, vides de sens, créant artificiellement ceux qui naissent en son sein un éphémère et illusoire sentiment de réalité historique (…)Or l’ère des poissons est terminée, l’on entre dans l’ère du Verseau (.) Le peuple juif va-t-il se rendre compte que l’ère que depuis 20000 ans il attendait est en face de lui ? Tant d’obstacles, d’erreurs d’interprétation s’opposent à cette prise de conscience. Peur de trahir Dieu, peur de se trahir lui-même. Le peuple existe avant son histoire. Il la crée, il la modifie, il en dispose ? Si l’on s’en tient à une Interprétation superficielle de la Bible, la naissance du Peuple Juif débute par l’accord de Dieu avec Abraham ou par le don de la Torah, au mont Sinaï, D’après la logique astrologique, cette hypothèse est inacceptable car une existence dépend d’une essence et si le peuple juif a été « choisi », c’est qu’il existait auparavant. (…) Sous l’ère des Poissons, le Juif a refusé la religion de Jésus de Nazareth, cela s’est terminé par le massacre de six millions de juifs, prix à payer pour avoir le droit à la rédemption mais aussi signal d’alarme, indiquant une transformation de l’attitude du Juif dans le monde. Aussi paradoxal que cela puisse paraitre, les Juifs ont « vécu » la religion des Poissons et s’en sont fortement imprégnés : les Juifs des camps de concentration sont morts en Chrétiens. Beaucoup de Juifs croient qu’ils ne sont Juifs que parce qu’ils ont accepté la religion juive, sans elle, le Juif n’est pas Juif. Tout d’abord plutôt que de parler de religion juive, est-il préférable d’employer le terme de religion mosaïque, religion de Moïse. Car il y a des religions juives ou plutôt des religions car l’heure est venue pour le peuple juif de redevenir universel, d’épanouir toutes les ressources de ses pouvoirs de Verseau. Le Juif est juif par son essence et c’est la partie historique et non religieuse qui l’a attaché au judaïsme. La deuxième partie a profité de la vie de la première. Le Juif doit se désaliéner, retrouver la pureté » de l’essence, prendre un bain de purification pour aborder son ère. Le Juif doit se présenter nu, accepter une conception nouvelle et plus riche de Dieu, puisqu’avec l’ère du Verseau l’homme va développer des capacités qu’il ne possédait pas sous l’ère du Bélier. Que le peuple juif ne trahisse pas Dieu par l’idolâtrie, c’est-à-dire une conception finie et limitée de Dieu. Si le peuple juif accepte la religion du Verseau, il montrera, triomphalement que son contact avec son essence et avec l’essence de Dieu ne s’était que provisoirement interrompu ! Fin 67 Non daté Qu'a dit Dieu à Abraham? Dieu dit à Abraham: tu vas engendrer un fils. Abraham répond que les astres ne le prévoient pas. Alors Dieu répond: ce fils, Isaac, que tu vas engendrer ; aucun astre ne le laissait présager, ce fils (...) n'a pas de naissance, pas d'origine, il n'aura pas non plus de mort, il sera éternel, alors que les autres peuples disparaitront les uns après les autres car ils sont nés sous les astrées et mourront lorsque le cycle de ces astres sera terminé/ Le peuple d'Israël n respecte pas les lois de la Nature (origine et fin) (...) Le peuple juif est immortel, pas le Juif. LE Juif peut être massacré, le peuple juif ne le sera jamais car il est d'une matière divine que seul Dieu peut reprendre (...) Israël est né après la ;Création;, il échappe au mécanisme universel. Israël est la Deuxième Création de Dieu. C'est donc un peuple jeune et c'est pourquoi il a jusqu’ici été le souffre-douleur des autres peuples, déjà arrivés. Dieu a donné la Torah au peuple juif pour l'encourager à subir les épreuves. (//) Que chaque Juif donne cette même force à son prochain que celle que Dieu a donné à Israël par la Torah. Que la carte astrale de chacun soit sa propre (petite) Torah. 'Qu'on ne voie rien de sacrilège dans cette déclaration. Non daté: Je considère que l'on peut établir à l'heure actuelle un peuple composé de génies. Car l'histoire des peuples influe sur leurs capacités physiques et intellectuelles e peuple est celui qui a subi au cours de l'Histoire un sort si particulier: Israël. Ensuite, je considère que ce peuple , on peut lui faire prendre conscience de sa nature. Israël apparaissait à David comme la seule issue : former un peuple de génies, les juifs Les autres génies avaient peu de chance d'acquérir une descendance de même nature Pour un peuple de génies signifie d'une part que je considère l'histoire comme l'œuvre des génies. d'autre part qu'un peuple doit prendre conscience de l'importance des génies en son sein et axer son action pour évite leur gâchis. Enfin, qu'il est un peuple ne comportant que des génies, c'est à dire des individus capables de créer, lorsque les circonstances sont favorables à cet effet. Israël. Manifeste du Mouvement International pour l’Epanouissement du peuple juif Extraits du Manifeste (au lendemain de la Guerre des Six Jours) (..) Au lendemain d'une grande victoire, l'erreur des Juifs serait de penser que seule la dispersion était anormale et que la réunion est l'état naturel ' (.) (..) Il n'y a pas de rupture au cours de l'Histoire juive entre avant et après l'acquisition de sa religion, il n'y a pas eu adoption. Le Juif conscient d'aujourd'hui n'accepte pas sa religion, sa Loi sous l'influence d'un prophète qui lui parla voilà trois ou quatre mille ans, pas plus que ne le fit le juif contemporain ou d'Abraham. Sa religion est partie (intégrante) de lui-même; peu importe même qu'il admette cette religion (..) elle siège au cœur de l'être (.) Mais l'étude de la religion juive débouche sur d'autres horizons encore. Il reste en effet à tirer des conséquences du contenu de cette religion*. Non seulement, les Juifs ont pensé de même façon et avec la même constance la nature de ce contenu? Ils ont défendu une conviction millénaire : les Juifs sont le peuple élu (...) sans en prendre directement conscience, ce qui renforce la prédominance du naturel sue la volonté. Non daté La nature du juif est plus profonde, plus naturelle, elle existe avant son Histoire et ne fait que se teinter légèrement des influences diverses et successives qu'elle traverse et dont elle est souvent la cause. Il n'existe pas de transmission des caractères acquis au niveau d'un peuple vrai; le Juif transmet à son fils ce qu'il a reçu de ses ancêtres : son sang fécondateur, non ses habitudes. (...) Le peuple juif est différent et supérieur aux autres peuples. Le terme Peuple en ce qui le concerne revêt un sens exclusif. Le Juif ne se sait pas Juif parce qu'il nait au sein d'un cadre qui lui impose de l'extérieur sa nature, le Juif se choisit Juif parce qu'il est intérieurement Juif. Quant aux conversions, elles n'ont point de signification par elles-mêmes : un non Juif se convertissant au judaïsme ne sera juif que si toutes les générations qui le suivent son juives, Dans ce cas, cela indiquerait que lui-même descend de Juifs ; un Juif se convertissant à une autre religion ne perd pas sa nature de Juif car celle-ci réapparait irréductiblement dans les générations suivantes, sinon il n'était pas Juif originellement. (..) Il apparait que le peuple Juif doit être considéré comme un peuple de génies, comme le vrai peuple ; celui dont chaque membre arrive à la conscience nationale par' son propre chemin (.) Le non Juif n'existe pas en lui-même mais s'intègre à une enveloppe appelée faussement peuple qui le colore illusoirement d'une nature superficielle et interchangeable qui, elle, justifie l'internationalisme. L'illusion tient à ce que le non -Juif possède l'avantage de la stabilité en temps de paix et qu'en temps de guerre, sa trace se perde immédiatement (quelques générations s'il doit quitter son enveloppe. LE Juif est cosmopolite parce qu'on a la possibilité de constater qu'il l'est. Seul le Juif n'est pas apte à l'internationalisme. (... ) Quant au peuple juif, sa source semble, (...) limitée au texte de l'Ancien Testament: mais les premières pages du livre ont une signification ésotérique et non historique : l'origine du peuple juif reste obscure. Dire qu'il s'agit d'une quelconque tribu sémitique est ne pas voir l'essence des faits : ce qui est différent a été différent : l'hypothèse la plus satisfaisante est que le peuple juif est un rameau indépendant de l'espèce humaine, que son origine ne doit donc point être greffée sur le tronc commun ou -si elle doit l'être- à une date extraordinairement antérieure à toute l'histoire connue de l'Humanité (...) Le Juif ne doit ni chercher à s'assimiler individuellement ou collectivement, ni être livré uniquement à lui-même. Or paradoxalement, la tendance actuelle de l'Etat d'Israël va dans ces deux directions à la fois. Sous l'influence des antisémites, l'Etat d'Israël veut montrer qu'il peut cultiver la terre, remplir toutes les fonctions de la société, (au risque) de créer un prolétariat juif gaspillant le potentiel créateur de chaque Juif ; par ailleurs, (on) veut que cet Etat soit composé en majorité de Juifs, ce qui le condamne n'avoir qu'une envergure politique limitée par le nombre et par le territoire (...) Ainsi l'Etat présent d'Israël se comporte de manière incohérente au regard de son formidable patrimoine humain et ne veut voir que ce qu'il a sous les yeux et non ce qu'il pourrait construire, il tombe dans le mirage des ;faits. Deux phénomènes l'obsèdent : son territoire 'historique, sa ;religion Car il craint, en ne s'agrippant pas à ces deux idées de ne plus être un Etat légitime. Comme si l'essence du peuple juif tenait uniquement à l'un ou à l'autre. (...) Le passé du peuple juif ne s'arrête pas à la Palestine, ni à la religion mosaïque. Il faut remonter beaucoup plus dans l'histoire. Aussi Israël n'a aucune raisons de se limiter à la Palestine ni même de se concentrer autour d'elle. Ainsi l’observateur sérieux qui revient d’un voyage en Israël revient avec une série d’énigmes, de phénomènes, de questions – fécond ou non- à investiguer ? Mais il en devrait être de même pour n’importe quel voyage ; il n’y a pas davantage de mystère juif que de mystère non juif car qui ignore l’un ignore l’autre. Ces interrogations qui sont loin de concerner uniquement la situation présente en Israël puisque ce serait se condamner à ne rien pouvoir reconsidérer sont : pourquoi les Juifs ont- ils été dispersés, pourquoi sont-ils restés dispersés ; pourquoi les Juifs ont-ils été persécutés, comment ont-ils été persécutés, pourquoi les Juifs possèdent-ils une religion originale, pourquoi l’ont-ils conservée- pourquoi existe-t-il un tel contraste entre la grandeur atteinte par certains Juifs et le sort collectif Juif : est-ce que le sionisme est capable d’apporter une solution à la situation toujours provisoire du Juif, l’installation en Israël doit-elle faire des Juifs des individus ordinaires ou du moins différents des Juifs de la Diaspora ou bien transcender les valeurs juives, comment ? Que penser des prédictions bibliques quant à l’avenir des Juifs : peut-on employer le terme peuple dans le même sens pour les Juifs et les non –Juifs ; en fin de compte, le Juif se distingue-t-il du non Juif ? S’agit-il d’une « race » ou simplement d’une « religion » ou encore d’un « état social artificiel et provisoire » ? Qu’est-ce que l’être non juif ? Pourquoi et comment a-t-on cinq millions de Juifs au moins à l’époque du Troisième Reich ? Pourquoi aurait-on massacré l’ensemble de la population juive du globe si les événements purement guerriers ne l’avaient empêché ? Quelle différence marquée par son histoire sépare le Juif de tous les êtres –hommes ou non –de cette planète ? Est-ce que le problème juif est un problème important ? On a répondu maintes fois à chacune de ces questions : on a méconnu l’être juif d’une part, on a mal répondu à chacune de ces questions d’autre part. Le grand tort des dirigeants juifs-cela englobe l’ensemble de la population israélienne au moins, comme on l’a montré- n’est pas d’avoir échoué dans leur politique mais bien plutôt d’avoir trop bien réussi dans leurs objectifs, ceux d’une politique erronée : leur grand tort est d’essayer de faire progresser les Juifs : des êtres qu’ils ne connaissent pas, Il y a constamment deux manières d’étudier les existants Juifs et les autres : l’une statique, l’autre dynamique. L’analyse dynamique non seulement complète l’analyse statique mais la détruit. 02. 04. 68 Jérusalem L’opération établissement en Israël est parfaitement réussie. Si Nancy vient en Israël, elle pourra si elle le désire coucher chez moi. Il y a de la place 07 04 68 Chère sœur Me voilà installé à peu près comme à Paris : au fond peu de choses ont changé. La vie à Jérusalem ressemble pour moi à celle que je menais à Paris (…) Les temps de l’action n’ayant pas encore sonné, je me prépare en perfectionnant mon hébreu (.) Je ne me vois pas exposer mes idées autrement qu’en hébreu. 17 09 68 L’hébreu, voilà deux ans même, ma pensée se serait-elle penchée sur cette éventualité : apprendre l’hébreu. J’étais à Oxford, voilà 2 ans, je réfléchissais sur le problème du Génie. Avais-je alors l’idée que mes conclusions sur cette question me conduiraient à prendre conscience du destin du peuple juif, de mon appartenance au peuple juif, de mon destin. L’hébreu, langue qui vous est encore totalement étrangère. Imaginez-vous aisément que cette langue, je la parle, je l’entends, je l’écris, je la lis tous les jours. Cet hébreu n’est-il pas, à lui seul, un symbole d’une différence ? Israël est bien un mythe. C’est-à-dire qu’il n’y-a rien à y trouver. Sinon, à y chercher. Là existe précisément la dialectique de l’émigrant. (..) Je commence à comprendre quelle force est nécessaire pour un Français, un Européen (il y en a bien peu qui restent). Pour croire en Israël, il faut des défauts terribles : orgueil, destruction, prophétisme, mépris, entêtement, intransigeance et intolérance. (…) Comme tout révolutionnaire, j’attends la crise 22 08 68 Chère Sœur Croire au peuple juif, ce n’est pas y croire par la Bible, ce n’est pas foi. C’est intuition, c’est-à-dire conscience des profondeurs réelles du mot Juif dans le passé et dans l’avenir. (..) Je pense pouvoir faire bientôt un exposé dans une Yeshiva. J’ai rencontré en effet et convaincu des étudiants d’une Yeshiva et la semaine prochaine je dois rencontrer leur rabbin. (..)Sans les juifs, il n’y a pas d’USA. Les USA sont l’Israël d’il y a 150 ans. Bien sûr que je leur conseille de s’installer en Israël mais ce qu’il faut bien comprendre c’est que sur un plan négatif, il suffit qu’ils partent, arrêtant le progrès. Israël pourra ainsi les rattraper. 26 01 69 Jérusalem Il faut comprendre qu’il est encore plus pénible d’étudier à Jérusalem qu’en France (.) Hébreu en France et Français en Israël. 19 05 69 Je tarde de rentrer à Paris. (..) Me voici en Israël. Pourquoi suis-je parti là-bas ? J’ai bien réfléchi, je suis parti pour oublier, pour fuir. (..) Je ne suis pas parti par idéal mais par désespoir. 25 Mai 69 Je n’entends pas rester en Israël, (..) je veux revenir en France 28 mai 69 Ier juin 69 Malgré ma décision de ne pas m’installer en Israël, je compte y terminer mes études (.) J’arriverai vers le 13 juillet à Paris et repartira vers le 15 septembre pour Jérusalem (.) Jérusalem est un peu comme Aix en Provence ou Nantes une ville de province propice à ma réflexion intellectuelle et à mon travail sinon à mon activité sur les autres, qui n’a pas grand sens dans ce petit pays. J’ai remarqué que les jours passaient vite en Israël et un an de plus ne compte pas beaucoup. Mais soyons précis, c’est bien clair, je ne resterai pas davantage en Israël car penser et écrire est une chose, répandre ses idées et agir, créer des cadres en est une autre. Or Israël est occupé par des problèmes plus pressants hélas pour elle et sa population est trop peu nombreuse, surtout en ce qui concerne son élite intellectuelle presque inexistante. 7 juin 79 Je rentre définitivement en France (//= Je sais de quoi je parle quand je parle d’Israël. Mon départ est la conclusion logique de tout Juif restant suffisamment de temps en Israël pour le connaitre en profondeur. Les Juifs d’Israël ne sont pas des Juifs et construire un Etat au XXe siècle est impossible et dangereux. Je suis internationaliste (à ma façon) et je ne peux rester en Israël sans étouffer devant ce militarisme borné. Pourquoi n’ai-je pas reconnu les faits plus tôt ? Parce que mon analyse du Juif était fausse. Elle s’est modifiée et Israël ne présente plus aucun intérêt à mes yeux. De même que le sens de ma nature de Juif s’est profondément transformé. 8 juin 69 Chers parents Je vous joins mon premier article sur l’astrologie (paru à Jérusalem dans un hebdomadaire étudiant, Francaton. 18 juin 69 Il m’est difficile de décider si je reste encore un an ou non. 27 juin 69 Je rentre en France, une fois pour toutes. J’ai été en Israël. Je ne suis quand même pas forcé d’y rester. On apprend et on change d’opinion, je ne veux pas rester un mois de plus dans ce pays. ; D’ailleurs Israël, c’était surtout le résultat d’une grande fatigue 28 juin 69 « Je ne quitte pas Israël par déception ou découragement ni pour revenir à Paris : je me suis rendu compte que mon analyse du peuple juif était fausse (…) Il faut remplacer ce sentiment d’appartenance qui ne représente pas une réalité authentique par une allégeance aux peuples astrologiques (…) tu vois que l’on est loin du…mal du pays. __________________________ Extraits du Manifeste (dans la foulée/folie de la Guerre des Six Jours) (..) Au lendemain d'une grande victoire, l'erreur des Juifs serait de penser que seule la dispersion était anormale et que la réunion est l'état naturel ' (.) (..) Il n'y a pas de rupture au cours de l'Histoire juive entre avant et après l'acquisition de sa religion, il n'y a pas eu adoption. Le Juif conscient d'aujourd'hui n'accepte pas sa religion, sa Loi sous l'influence d'un prophète qui lui parla voilà trois ou quatre mille ans, pas plus que ne le fit le juif contemporain ou d'Abraham. Sa religion est partie (intégrante) de lui-même; peu importe même qu'il admette cette religion (..) elle siège au cœur de l'être (.) Mais l'étude de la religion juive débouche sur d'autres horizons encore. Il reste en effet à tirer des conséquences du contenu de cette religion*. Non seulement, les Juifs ont pensé de même façon et avec la même constance la nature de ce contenu? Ils ont défendu une conviction millénaire : les Juifs sont le peuple élu (...) sans en prendre directement conscience, ce qui renforce la prédominance du naturel sue la volonté. Non daté La nature du juif est plus profonde, plus naturelle, elle existe avant son Histoire et ne fait que se teinter légèrement des influences diverses et successives qu'elle traverse et dont elle est souvent la cause. Il n'existe pas de transmission des caractères acquis au niveau d'un peuple vrai; le Juif transmet à son fils ce qu'il a reçu de ses ancêtres : son sang fécondateur, non ses habitudes. (...) Le peuple juif est différent et supérieur aux autres peuples. Le terme Peuple en ce qui le concerne revêt un sens exclusif. Le Juif ne se sait pas Juif parce qu'il n’ait au sein d'un cadre qui lui impose de l'extérieur sa nature, le Juif se choisit Juif parce qu'il est intérieurement Juif. Quant aux conversions, elles n'ont point de signification par elles-mêmes : un non Juif se convertissant au judaïsme ne sera juif que si toutes les générations qui le suivent son juives, Dans ce cas, cela indiquerait que lui-même descend de Juifs ; un Juif se convertissant à une autre religion ne perd pas sa nature de Juif car celle-ci réapparaît irréductiblement dans les générations suivantes, sinon il n'était pas Juif originellement. (..) Il apparaît que le peuple Juif doit être considéré comme un peuple de génies, comme le vrai peuple ; celui dont chaque membre arrive à la conscience nationale par' son propre chemin (.) Le non Juif n'existe pas en lui-même mais s'intègre à une enveloppe appelée faussement peuple qui le colore illusoirement d'une nature superficielle et interchangeable qui, elle, justifie l'internationalisme. L'illusion tient à ce que le non -Juif possède l'avantage de la stabilité en temps de paix et qu'en temps de guerre, sa trace se perde immédiatement (quelques générations s'il doit quitter son enveloppe. Le Juif est cosmopolite parce qu'on a la possibilité de constater qu'il l'est. Seul le Juif n'est pas apte à l'internationalisme. (... ) Quant au peuple juif, sa source semble, (...) limitée au texte de l'Ancien Testament: mais les premières pages du livre ont une signification ésotérique et non historique : l'origine du peuple juif reste obscure. Dire qu'il s'agit d'une quelconque tribu sémitique est ne pas voir l'essence des faits : ce qui est différent a été différent : l'hypothèse la plus satisfaisante est que le peuple juif est un rameau indépendant de l'espèce humaine, que son origine ne doit donc point être greffée sur le tronc commun ou -si elle doit l'être- à une date extraordinairement antérieure à toute l'histoire connue de l'Humanité (...) Le Juif ne doit ni chercher à s'assimiler individuellement ou collectivement, ni être livré uniquement à lui-même. Or paradoxalement, la tendance actuelle de l’État d'Israël va dans ces deux directions à la fois. Sous l'influence des antisémites, l’État d'Israël veut montrer qu'il peut cultiver la terre, remplir toutes les fonctions de la société, (au risque) de créer un prolétariat juif gaspillant le potentiel créateur de chaque Juif ; par ailleurs, (on) veut que cet État soit composé en majorité de Juifs, ce qui le condamne n'avoir qu'une envergure politique limitée par le nombre et par le territoire (...) Ainsi l’état présent d'Israël se comporte de manière incohérente au regard de son formidable patrimoine humain et ne veut voir que ce qu'il a sous les yeux et non ce qu'il pourrait construire, il tombe dans le mirage des "faits". Deux phénomènes l'obsèdent : son territoire 'historique", sa "religion". Car il craint, en ne s'agrippant pas à ces deux idées de ne plus être un État légitime. Comme si l'essence du peuple juif tenait uniquement à l'un ou à l'autre. (...) Le passé du peuple juif ne s'arrête pas à la Palestine, ni à la religion mosaïque. Il faut remonter beaucoup plus dans l'histoire. Aussi Israël n'a aucune raisons de se limiter à la Palestine ni même de se concentrer autour d'elle. Ainsi l’observateur sérieux qui revient d’un voyage en Israël revient avec une série d’énigmes, de phénomènes, de questions – fécond ou non- à investiguer ? Mais il en devrait être de même pour n’importe quel voyage ; il n’y a pas davantage de mystère juif que de mystère non juif car qui ignore l’un ignore l’autre. Ces interrogations qui sont loin de concerner uniquement la situation présente en Israël puisque ce serait se condamner à ne rien pouvoir reconsidérer sont : pourquoi les Juifs ont-ils été dispersés, pourquoi sont-ils restés dispersés ; pourquoi les Juifs ont-ils été persécutés, comment ont-ils été persécutés, pourquoi les Juifs possèdent-ils une religion originale, pourquoi l’ont-ils conservée- pourquoi existe-t-il un tel contraste entre la grandeur atteinte par certains Juifs et le sort collectif Juif : est-ce que le sionisme est capable d’apporter une solution à la situation toujours provisoire du Juif, l’installation en Israël doit-elle faire des Juifs des individus ordinaires ou du moins différents des Juifs de la Diaspora ou bien transcender les valeurs juives, comment ? Que penser des prédictions bibliques quant à l’avenir des Juifs : peut-on employer le terme peuple dans le même sens pour les Juifs et les non –Juifs ; en fin de compte, le Juif se distingue-t-il du non Juif ? S’agit-il d’une « race » ou simplement d’une « religion » ou encore d’un « état social artificiel et provisoire » ? Qu’est-ce que l’être non juif ? Pourquoi et comment a-t-on cinq millions de Juifs au moins à l’époque du Troisième Reich ? Pourquoi aurait-on massacré l’ensemble de la population juive du globe si les événements purement guerriers ne l’avaient empêché ? Quelle différence marquée par son histoire sépare le Juif de tous les êtres –hommes ou non –de cette planète ? Est-ce que le problème juif est un problème important ? On a répondu maintes fois à chacune de ces questions : on a méconnu l’être juif d’une part, on a mal répondu à chacune de ces questions d’autre part. Le grand tort des dirigeants juifs-cela englobe l’ensemble de la population israélienne au moins, comme on l’a montré- n’est pas d’avoir échoué dans leur politique mais bien plutôt d’avoir trop bien réussi dans leurs objectifs, ceux d’une politique erronée : leur grand tort est d’essayer de faire progresser les Juifs : des êtres qu’ils ne connaissent pas, Il y a constamment deux manières d’étudier les existants Juifs et les autres : l’une statique, l’autre dynamique. L’analyse dynamique non seulement complète l’analyse statique mais la détruit. 07 02 68 J’ai décidé de partir en juin-juillet pour Israël et de vivre là-bas. (..)Il serait intéressant que j’aie un pied à terre à Jérusalem mais cela dépend de vous. Il faudrait vendre le studio de la rue des Gobelins et acheter un studio en Israël (.) Il serait bon que je sois émancipé avant de partir. 02. 04. 68 Jérusalem Chers parents. J'ai récupéré ma valise. Elle avait été , je ne sais pourquoi, dirigée vers Jérusalem Lorsque j'ai appris cela à Tel Aviv, je suis parti aussitôt pour Jérusalem puisque j'avais profité de mon séjour à moitié forcé pour entreprendre les formalités nécessaires (résidence permanente, visite médicale) Je suis donc parvenu à Jérusalem, cet après midi même. Et j'ai trouvé mon pied à terre: Je pense avoir eu de la chance. D'abord, c'est un logement indépendant, ensuite, il est au centre de la ville. C'et à dire à moins d'un 1/2 heure à pied de tout endroit. Il s'agit de quelque chose qui ressemble à ce que j'avais à Paris. C'est très joli, cela a beaucoup de style. Cela date du début du siècle. Un petit escalier monte à une chambre pas très grande (2x4) mais agréable et donnant sur un grand espace vert. (... ) Je paie 120 lires par mois (170FF) (..) Il faudra que j'effectue quelques dépenses car elle est presque vide, cette jolie chambre. (..) J'attends le reste de mes affaires aussi tôt que possible car mes disques aussi bien que mes livres d'astrologe me sont absolument nécessaires pour créer l'ambiance familière à laquelle je tiens. L’opération établissement en Israël est parfaitement réussie. Si Agnès vient en Israël, elle pourra si elle le désire coucher chez moi. Il y a de la place 07 04 68 Chère sœur Me voilà installé à peu près comme à Paris : au fond peu de choses ont changé. La vie à Jérusalem ressemble pour moi à celle que je menais à Paris (…) Les temps de l’action n’ayant pas encore sonné, je me prépare en perfectionnant mon hébreu (.) Je ne me vois pas exposer mes idées autrement qu’en hébreu. Chère sœur 17 09 68 L’hébreu, voilà deux ans même, ma pensée se serait-elle penchée sur cette éventualité : apprendre l’hébreu ?. J’étais à Oxford, voilà 2 ans, je réfléchissais sur le problème du Génie. Avais-je alors l’idée que mes conclusions sur cette question me conduiraient à prendre conscience du destin du peuple juif, de mon appartenance au peuple juif, de mon destin. L’hébreu, langue qui vous est encore totalement étrangère. Imaginez-vous aisément que cette langue, je la parle, je l’entends, je l’écris, je la lis tous les jours. Cet hébreu n’est-il pas, à lui seul, un symbole d’une différence ? Israël est bien un mythe. C’est-à-dire qu’il n’y-a rien à y trouver. Sinon, à y chercher. Là existe précisément la dialectique de l’émigrant. (..) Je commence à comprendre quelle force est nécessaire pour un Français, un Européen (il y en a bien peu qui restent). Pour croire en Israël, il faut des défauts terribles : orgueil, destruction, prophétisme, mépris, entêtement, intransigeance et intolérance. (…) Comme tout révolutionnaire, j’attends la crise 22 08 68 Chère Sœur Croire au peuple juif, ce n’est pas y croire par la Bible, ce n’est pas foi. C’est intuition, c’est-à-dire conscience des profondeurs réelles du mot Juif dans le passé et dans l’avenir. (..) Je pense pouvoir faire bientôt un exposé dans une Yeshiva. J’ai rencontré en effet et convaincu des étudiants d’une Yeshiva et la semaine prochaine je dois rencontrer leur rabbin. (..) Sans les juifs, il n’y a pas d’USA. Les USA sont l’Israël d’il y a 150 ans. Bien sûr que je leur conseille de s’installer en Israël mais ce qu’il faut bien comprendre c’est que sur un plan négatif, il suffit qu’ils partent, arrêtant le progrès. Israël pourra ainsi les rattraper. 26 01 69 Jérusalem Il faut comprendre qu’il est encore plus pénible d’étudier à Jérusalem qu’en France (.) Hébreu en France et Français en Israël. 19 05 69 Je tarde de rentrer à Paris. (..) Me voici en Israël. Pourquoi suis-je parti là-bas ? J’ai bien réfléchi, je suis parti pour oublier, pour fuir. (..) Je ne suis pas parti par idéal mais par désespoir. 17 septembre 68 Jérusalem Dans quelque jours,six mois, une moitié d'an se sont écoulés depuis mon départ de Paris.(..) Jamais, je ne suis resté si longtemps "en voyage" mais je n'ai pas ressenti la nostalgie de Paris comme je la ressentais lorsque j'étais un mois, même quinze jours autre part. Ici, il n'y a pas de retour,pas d'impatience de retour. Je n'ai jamais supporté le provisoire? Ici, il n'y a pas de provisoire (.) En effet, le premier probléme de l'émigrant est de rester? Le cinéma m'a aidé; Beaucoup. Les vices sont nécessaires,ils donnent la force d'attendre et rendent le temps moins exigeant. Surtout, ils sont le repaire familier qui rend tout endroit hospitalier, supportable. L'hébreu, voilà deux ans même ma pensée se serait-elle penché sur cette éventualité: apprendre l'hébreu.J'étaits à Oxford voilà 2 ans, je réfléchissais sur le probléme du "génie"; Avais-je alors idée que mes conclusions sur cette question me conduiraient à prendre conscience du destin du peuple juif .. L'Hébreu, langue qui vous est encore totalement étrangère.. Imaginez vous aisément que cette langue, je la parle, je l'entends, je l'écris, je la lis, tous les jours. Cet hébreu n'est il pas à lui seul un symbole d'une différence; Israel est bien un mythe, c'est à dire qu'il n'y a rien à y trouver; Sinon...à y chercher. Là existe précisément la dialectique de l'émigrant (...) Je commence à comprendre quelle force est nécessaire pour un Français, un Européen (il y en a bien peu qui restent) pour croire en Israel. Il faut des défauts terribles : orgueil, destruction, prophétisme, mépris, entêtement, intransigeance et intolèrance; (..) Israel, aujourd'hui, a un équilibre, une vie, une histoire. Et il faut crever cet abcés- qui ne fait pas souffrir et faire crier le Juif avant qu'il ne glisse lentement vers le naïf sommeil du Mot. L'ennemi est, paradoxalement peut être, la Paix (..) Alors, comme tout révolutionnaire, j'attends la cris J'attends - et l' Histoire l'affirme- que cela 'n'aille plus" La roue tourne, tournera. Mais je souffre profondément de la solitude, de l'incompréhension, de la mauvaise compréhension (..) Je sais que ma force est dans cette solitude. Cette endurance, cette fermeture Il y a des époques où l'on a besoin d'hommes aux idées sans influence, habitués à être méconnus, dévoué uniquement à leur oeuvre (...) Des hommes que l'Histoire impose à l'Homme. Alors, l'attente, pour un Astrologue, n'est pas une simple espèrance du "grand jour" Elle précise où et quand et pourquoi. Le respect de l'homme manque à notre société. Chaque catégorie zodiacale, chaque classe au pouvoir s'y croit pour toujours et renie les valeurs des autres classes; Une autre la remplace et de ceux qui hier ou demain ont été ou seront les maitres, la préparation des individus à leur rôle futur et non à un rôle choisi selon les critères de l'époque pendant laquelle ils émettent leurs choix, voilà ce que l'Astrologie permet:ne plus être prisonnier du présent. Cela viendra et Israel guidera les nations. Comme tout prophéte, en face du doute des autres, je prononce la phrase redoutable : vous verrez, craignez qu'il ne soit trop tard, alors; 26 janvier 69 Chers parents, Les études universitaires m'ennuient , me crispent, me fatiguent, me gaspillent.J'ai eu trop de déceptions et d'occasions manquées pour penser une seconde que l'Université est un terrain qui me soit favorable Il faut comprendre qu'il est encore plus pénible d'étudier à Jérusalem qu'en France. Il y a le probléme de la langue qui ne peut que géner quand bien même se débrouillerait-on parfaitement, la concentration ne peut qu'être plus difficile à obtenir. Il y a la façon dont les cours sont conçus qui est plus américaine, plus concrète qu'en France. Il y a que je perds patience et que je suis surtout doué pour l'abstrait plus que pour l'étude des faits. (...) Bref, je pense que je ne peux étudier à l'Université car seul je peux me former d'une manière très satisfaisante (..)Philosophie et Langues vivantes, c''est ce que j'aurais dû commencer d'étudier au lieu du Droit (..) mais cette mauvaise orientation a eu des conséquences bien plus graves puisque voilà 4 ans que je n'ai pu prendre un choix qui me plaisait et que je me trouve dans une impasse, un cul de sac où je ne peux que difficilement retourner en arrière; 9 février 69 Jérusalem Je n'ai pas reçu de réponse à ma "lettre" Je m'y attendais mais comme je l'ai écrit, le Silence ne résout pas tous les problémes. Je ne peux continuer à étudier ce que j'étudie. Avant de connaitre l'Astrologie, j'avais une excuse à faire du Droit, je ne savais pas ce que je voulais. A présent, je n'ai plus d'excuses/ Et je ne vais pas accepter de compromis. La postérité donne un diplome autrement important que l'Université. (..) Je ne dis as que vous êtes, outre mesure, responsables.Mais sachez qu'à 16-17 ans, ce sont les parents qui décident et non l'énfant même si c'est lui qui croit décider. Or vous avez décidé, d'après vos idées, ou d'après celles que j'avais "je serai docteur", "je serai avocat" Il aurait falllu me faire passer un test d'orientation professionnelle qui m'aurait mené vers les langue, vers la philosophie. Je suis incapable d'apprendre du concret, des faits. Je le sais mais je reconnais que ce test n'aurait pas donné de résultats parfaits parce que je suis très compliqué, Maintenant que j'ai trouvé le synthèse totale de mes tendances, je dois continuer. Je suis extrémement doué pour l'Astrologie mais j'en ai assez de dépendre de vous Je m'engagerai dans l'armée après mon voyage en URSS Jérusalem, le 26 mai 69 Chère Sœur Après 14 mois (plus deux mois après la Guerre des Six Jours) d'expérience israélienne ; ma conclusion est négative ? Je ne crois pas en Israël ; je ne veux pas devenir citoyen israélien ; je ne crois pas Israël digne de représenter le Peuple Juif. Mais à part cela je continue à affirmer le peuple juif comme peuple différent et son avenir comme universel et crucial. Le Juif en Israël a son champ de vision restreint : un petit territoire , pas plus grand que l'Alsace, deux millions et demi d'habitants , une histoire qui date de moins d'un siècle, une nécessité de ne penser qu'à court terme, pas le temps de méditer, de « souffler «, un pays pauvre. Si l'on veut comprendre la différence le Juif hors d’Israël et l'Israélien, il suffit d'accepter le principe que le fait de vivre dans un univers restreint dans tous les sens du terme supprime toutes les facultés d'abstraction : l'on ne raisonne pas sur des concepts , des nombres que l'imagination ne peut saisir ; en Israël, tout est concret, limité, tangible, étroit. Donc la pensée de l’israélien n'a pas l'habitude de raisonner dans l'abstrait. Alors que le « Juif de l'Exil » est exactement à l'inverse : un mystère, un problème, une recherche, à chaque pas, le juif est frère de l'illimité : son territoire, son histoire, ses horizons, sa population. On dira : qu'est ce qui fait préférer l'illimité au limité ; qu'y a-t-il de si mauvais à avoir un cadre, une explication simple (iste) de ce qu'est un Juif (celui qui est Israélien, etc ? D'abord Israël, vu de ce point de vue est la forme la plus « efficace « de l'assimilation, Israël n'est absolument pas une alternative à l'assimilation. Au contraire ! C'est en Israël que le Juif perd sa judaïté. Le cadre est vital quant au développement des peuples et le cadre israélien détermine irréductiblement (situation politico-socio- géographique) l'avenir d’Israël. Il ne faut pas se faire d'illusions. D'ailleurs, les Israéliens sont les derniers à avoir honte de cet état de choses ; ils veulent être normaux, des 'hommes'(cf. Friedman Fin du peuple juif?) et, chose curieuse, au lieu de prendre pour modèle l'Occident, ils veulent se moquer du reste du monde (tout en étant, en réalité, totalement sous la coupe de l'Occident) ; un nouveau judaïsme est né : celui du ghetto combattant. Il est attristant de voir, ainsi, d'un côté , non pas simplement par la volonté de l'Israélien mais par la vie même qu'il est forcé de mener une assimilation qu'aucun « Juif assimilé » n'aurait osé rêver., d'un autre un nationalisme infantile qui se moque du reste du monde (Juifs compris) et qui parce qu’Israël a gagné trois guerres (48, 56, 67, n. d. l. r.) contre des Arabes incapables, se croit définitivement invincible Car il ne faut pas s'y tromper : Israël n'est pas une démocratie Pour un Français qui vit sous la « dictature gaulliste » (??) Israël est mille fois moins pluraliste, ouvert à la diversité des opinions. Si tu exprimes une opinion différente de la masse, on te demande « Qu'est-ce que tu fais en Israël ? » parce que les 99% des Israéliens font bloc et est traître celui qui n'est pas d'accord avec le gouvernement, Les causes : la sécurité (en hébreu un mot sacré BITARON) Pour un pays qui est censé favoriser l'immigration , on peut dire qu'il n'est certainement pas à la hauteur: le Juif, l'immigrant, doit s'intégrer, c'est à dire faire comme tout le monde, sentir comme tout le monde. Si tu émets une opinion, on te demande « Qu'as-tu fait à la guerre ? » (Cela ne m'est pas arrivé à moi personnellement et je ne parle pas par susceptibilité) On se croirait au fin fond du Brésil ou de l'Australie : pour être dans la tribu, il faut montrer son courage et sa force physique ! Une raison essentielle de ce comportement avoué est l'Armée. Si le commandant dit ceci ou cela, on ne discute pas, on obéit Les Juifs d’Israël croient aux décorations et moins à la pensée, plus aux coups de poing ou de feu et moins à la discussion Ils disent : pas de paix sans dialogue direct avec les Arabes. Mais le problème est bien plus profond ; avec la paix, l'Israélien est égaré, il ne sait plus quoi faire comme le soldat américain après la deuxième guerre mondiale Si Israël savait ce que la guerre lui coûte en temps, en énergie, il serait bien plus pressé à obtenir la paix à tout prix qu'il ne l'est. Le malheur est que l’israélien sent intérieurement que son héroïsme, en cas de paix, serait bien maigre Imaginons, Agnès, à Paris quelqu'un exprimant une opinion contraire au gouvernement et à qui l'on répondrait « Si tu n'es pas content va autre part ! Nous sommes en France, trop démocratiques d'instinct pour imaginer cela sauf chez le paysan auvergnat et encore. Or Israël est censé être le centre du Peuple juif. Je le dis franchement : Israël n'est pas à la hauteur et ne le sera jamais. Car, à présent, venons-en à la définition du peuple juif. C'est un peuple différent, qui peut vivre sans cadre, sans image stéréotypée de lui-même, c'est un peuple libre, créateur (j'analyserai le problème un autre jour) Or, lui donner un idéal de goye : un bon petit coin bien tranquille, bien petit bourgeois comme tout le monde, pour être bien normal, c'est une trahison Chaque peuple a ses faiblesses, ses limites, de même le peuple Juif. On ne peut tout avoir sinon on ne récolte qu'une médiocrité générale. Le peuple juif est un peuple de penseurs, d'intellectuels, il en paie le prix, il dépend des autres comme les autres dépendent de lui. Ce n'est pas parce que Hitler a fait tuer six millions de juifs que les Juifs doivent avoir peur et chercher à acquérir des qualités qui ne sont pas les leurs : il y a des prix qu'il faut accepter de payer ; C'est comme si, moi, je ne passais jamais mes examens à cause de mes intérêts pour l'astrologie et que je me disais : allez, soyons raisonnable ! L'échec est un ennemi, non pas par le mal qu'il nous fait mais par la réaction qu'il provoque. Auschwitz: échec donc Israël. (réaction) Double crime et double assassinat du peuple Juif. Auschwitz aurait dû encourager le peuple juif à rester ce qu'il était car cela vérifiait magnifiquement sa différence, Israël est une mauvaise et simpliste réponse à Auschwitz. Voilà le constat : les Juifs sont différents et pour cela ils ne doivent pas vivre comme les autres, ils ont besoin d'espace et de liberté : pas de Juifs au kilo, pas de prolétariat juif ! J'en reparlerai plus tard de cet avenir du Peuple Juif dans l'exil qui, au demeurant, n'est pas l'exil mais l'état normal et naturel. Donc, je compte rentrer à Paris, soit cette année, soit l'année d'après J'irai peut être aux USA. Mais en tout cas Israël est une carte perdante à tous les coups. Je me suis honnêtement renseigné, j'ai le droit de décider. J'ai perdu trois ans d'université à cause d’Israël, n'ai pas passé mon examen de deuxième année de Droit, suis parti en mars (1968) je suis une victime de la Guerre des Six Jours. A bientôt Yitshaq PS Communique ce que tu veux. Je serai à Paris pour ton anniversaire : 20 ans ! Ier juin 69 Malgré ma décision de ne pas m’installer en Israël, je compte y terminer mes études (.) J’arriverai vers le 13 juillet à Paris et repartira vers le 15 septembre pour Jérusalem (.) Jérusalem est un peu comme Aix en Provence ou Nantes une ville de province propice à ma réflexion intellectuelle et à mon travail sinon à mon activité sur les autres, qui n’a pas grand sens dans ce petit pays. J’ai remarqué que les jours passaient vite en Israël et un an de plus ne compte pas beaucoup. Mais soyons précis, c’est bien clair, je ne resterai pas davantage en Israël car penser et écrire est une chose, répandre ses idées et agir, créer des cadres en est une autre. Or Israël est occupé par des problèmes plus pressants hélas pour elle et sa population est trop peu nombreuse, surtout en ce qui concerne son élite intellectuelle presque inexistante. 2 juin 69 J'ai supporté parce que j'avais une activité intellectuelle qui me le permettait mais ce que j'était censé étudier ne m'intéressait pas ; A la seule restriction que cela me transmettait un constant sentiment de culpabilité qui ne me permettait ni d'étudier ce qu'on voulait que j'étudie, ni de me consacrer à ce qui m'intéressait à fons d'où le cinéma, ma drogue; (...) A présent, je veux être astrologue, je ne peux plus revenir en arrière, je suis mort pour les études.Si l'on faisait des procés aux parents, j'en ferais un (..)Je publierai mon livre en septembre et je continuerai à m'occuper d'astrologie (..) je rentre en France un fois pour toutes; j(ai été en Israel, je ne suis quand même pas forcé d'y rester; On apprend et on change d'opinion, je ne veux pas rester un mois de plus dans ce pays; d'ailleurs Israel, c'était surtout le résultat d'une grande fatigue. Je rapatrie mes affaires dès maintenant et je vais en Russie (..) J'en ai assez qu'on me parle comme j'étais un inconnu (...) Les 13 et 14 juillet, peut être ma présence vous donnera-t-elle une idée plus concréte et vivante d'un fils que vous avez dû oublier 'On a refait notre vie en conséquence, citation de Maman dont je conserve les remarquables lettres pour ceux que cela intéresserait" 7 juin 79 Je rentre définitivement en France (//= Je sais de quoi je parle quand je parle d’Israël. Mon départ est la conclusion logique de tout Juif restant suffisamment de temps en Israël pour le connaître en profondeur. Les Juifs d’Israël ne sont pas des Juifs et construire un État au XXe siècle est impossible et dangereux. Je suis internationaliste (à ma façon) et je ne peux rester en Israël sans étouffer devant ce militarisme borné. Pourquoi n’ai-je pas reconnu les faits plus tôt ? Parce que mon analyse du Juif était fausse. Elle s’est modifiée et Israël ne présente plus aucun intérêt à mes yeux. De même que le sens de ma nature de Juif s’est profondément transformé. 8 juin 69 Chers parents Je vous joins mon premier article sur l’astrologie (paru à Jérusalem dans un hebdomadaire étudiant, Francaton. 18 juin 69 Il m’est difficile de décider si je reste encore un an ou non. 8 juin 69 Chère famille J'ai reçu la lettre du 6 juin qui me fait plaisir, elle montre une certaine compréhension; "Tu peux finir tes étude en Israel si tu le désires" Non, je ne le désire pas. Mais merci quand même. (..) Je suis certain que je pourrai publier mon livre sur l'Astrologie avant la fin de l'année (//) Je vous joins mon premier article sur l'astrologie" Portrait de l'Homo Astrologicus. ( 4 juin 69= 27 juin 69 Je rentre en France, une fois pour toutes. J’ai été en Israël. Je ne suis quand même pas forcé d’y rester. On apprend et on change d’opinion, je ne veux pas rester un mois de plus dans ce pays. ; D’ailleurs Israël, c’était surtout le résultat d’une grande fatigue 28 juin 69 « Je ne quitte pas Israël par déception ou découragement ni pour revenir à Paris : je me suis rendu compte que mon analyse du peuple juif était fausse (…) Il faut remplacer ce sentiment d’appartenance qui ne représente pas une réalité authentique par une allégeance aux peuples astrologiques (…) tu vois que l’on est loin du…mal du pays Avant- propos Notre corpus est constitué d’archives personnelles s’étalant sur plus d’un demi-siècle, constituées d’une correspondance avec des femmes ainsi que d’éléments d’un journal intime. relatifs à ce même domaine. Il s’agit d’un genre littéraire qui repose sur un vécu – la vie est un roman -et sur une mémoire s’inscrivant elle-même dans le temps. Tout y est marqué par l'immédiateté du ressenti et échappe au réchauffé. Rappelons les Fragments d’un Discours amoureux de Roland Barthes ou l’œuvre de Marcel Proust, notamment Un Amour de Swann, sans oublier la récente parution concernant la vie affective de François Mitterrand (entre 1962 et 1995) ou encore le journal (Tagebücher) de Kafka, obsédé par l’idée de mariage.( Journaux, lettres à sa famille et à ses amis, traduits par Marthe Robert, Claude David et Jean-Pierre Danès, Paris, Gallimard, coll. « Bibliothèque de la Pléiade », 1984). On pense aussi au Gatsby de Scott Fitzgerald. Enfin, l’idée que nous nous sommes faits de la question juive aura pu sensiblement évoluer et il convient ici de se situer dans une démarche diachronique et d’éviter de prendre l’ensemble comme un tout intemporel synchronique, ce qui va l'encontre d'une dynamique cyclique digne de ce nom. Il s’agit au fond d’une expérience pilote de traitement d’un corpus étalé sur plusieurs décennies et qui pourrait susciter des émules. En tout état de cause, il s’agit d’une tentative de validation d’une approche proprement astrologique à partir d'un document dont la précision chronologique est l'interface nécessaire par excellence. L'astrologie que nous entendons ainsi valider implique l'existence d'un vécu collectif, d'un esprit du temps (Zeitgeist) partagé, où ce que nous éprouvons fait écho , trouve son répondant chez l'autre. Au fond, on assiste à la naissance d’une sorte de Don Juan, de Casanova, confronté avec la « femme (fatale) de sa vie », celle qui le poursuivra, le troublera, pendant plus de 30 ans, au milieu, au travers de ses conquétes successives – si tous les noms ont été changés, les textes sont tous d’époque, sans retouche rétroactive. Comme dit le personnage incarné par Jean-Claude Brialy, dans le Genou de Claire, film d'Eric Roehmer, être amoureux d'une femme donne des droits . En effet, aimer une femme, c'est en trouver la clef et révéler à chaque femme ce qui fait son charme. on verra que ma vie sentimentale conditionné ma vie de leader et que lorsque mon magnétisme auprès des femmes n'a plus été en mesure d' opérer, il en aura été de même quant à mes envies de rassembleur. Ce corpus est à l'évidence scandé par une dynamique cyclique de ruptures, de rencontres, de réconciliations. Il convient de rompre au bon moment et non à contret-temps.. Paris, août 2025